Comment renouer avec la sexualité après une naissance ?

Les 1ères semaines suivant l’arrivée d’un enfant ont un rôle prédominant dans la constitution du lien d’attachement entre le bébé, son père et sa mère.14535123650_418a35f307_q

Cette période de fusion avec le bébé est généralement beaucoup plus intense pour la femme qui a en plus vécu l’accouchement, d’autant plus si c’est son premier enfant. Dans le meilleur des cas tout semble cotonneux et le temps s’arrête pour laisser place à la magie de l’instant présent. Quand la femme s’autorise à la vivre pleinement, cette phase de fusion s’estompe peu à peu au moment où elle retrouve naturellement le besoin et l’envie d’aller vers le monde.

 

En parallèle son compagnon vit lui aussi un grand chamboulement : d’une part par l’arrivée du bébé, mais aussi par la transformation qui continue de s’opérer chez sa femme. Elle est désormais beaucoup moins disponible à elle-même, et donc encore moins à lui. Cependant, la femme qui a l’habitude dans nos sociétés de toujours paraître très forte, peut avoir tendance à avoir du mal à lâcher du lest, et à continuer de vouloir contrôler la situation, alors même qu’elle n’en est physiquement plus capable. Elle entre alors en lutte avec elle-même tiraillée entre son besoin d’être près du bébé, et celle de continuer à tenir son rôle habituel.

L’homme peut alors se dire « ok, alors je la laisse faire puisqu’elle y arrive et n’a pas besoin de moi ». Mais souvent la femme a besoin que son homme, sa mère, ses sœurs se posent là et lui disent « maintenant tu arrêtes, tu vis ta maternité, et tu me laisses faire ». Alors qu’il compense en la soutenant du mieux qu’il peut sur tous les fronts où elle ne peut temporairement plus être, l’homme donne souvent beaucoup de sa personne pendant cette phase.

 

Bref, tout cela prend une énergie folle et l’homme comme la femme, compagnons de vie, traversent alors une tempête. Une tempête où les émotions sont à fleur de peau, une tempête où les repères volent en éclat, une tempête où les rôles sont redéfinis mais demeurent flous. Une tempête où ils sont aussi les plus heureux du monde, et du coup pourquoi pas, finissent même par culpabiliser de ne pas savoir savourer simplement ce qu’ils vivent…

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Et qu’en est-il de leur intimité ?

Se laissent-il déborder par la nouveauté et relèguent-ils leurs rencontres amoureuses au dernier plan ?

Ou arrivent-il à maintenir le lien en se communiquant de la tendresse ?

Ou encore reprennent-il leurs activités sexuelles très vite après l’accouchement ?

 

J’utilise à dessein ici le terme intimité plutôt que sexualité car il connote ici une approche pouvant aussi être basée sur la simple tendresse. Alors que le corps de la femme a vécu d’immenses transformations et qu’elle restera peut-être endolorie pendant plusieurs semaines après la naissance du bébé, il est au début souvent impensable pour elle d’imaginer une pénétration. La simple tendresse entre elle est lui peut déjà être un immense baume au cœur et une oasis de paix au milieu de la tempête. Au début la femme peut avoir du mal à laisser son bébé, même dans une autre pièce de l’appartement. Il est essentiel qu’elle s’écoute et qu’elle se respecte dans ce besoin des premières semaines sans quoi elle se ferait violence.

En revanche, même quand la femme fusionne avec son bébé et qu’elle se laisse absorber par la bulle qui se construit entre eux deux, il est essentiel de laisser une place à son homme. Son homme qui prendra ainsi sa place de papa, et son homme qui est, et restera son compagnon et avec qui elle peut se régénérer et retrouver de l’énergie même au milieu de la tempête.

 

L’isolement peut créer beaucoup de dégâts. Il n’est pas sain pour une femme de n’être plus que mère et de tout donner à ses enfants. Elle finira épuisée et vide d’elle-même après quelques années. En ouvrant ses bras aux autres et surtout à son compagnon, la femme se permet de rester femme et de vivre toutes les facettes de sa vie de femme, même en tant que jeune maman.

 

Quand la tempête des émotions et de la nouveauté bat son plein, et que les mots ne suffisent plus à se comprendre, partager un moment d’intimité en connectant les corps est le meilleur moyen de remettre les pendules à l’heure. Un peu comme si la chaleur du corps de l’autre venait apporter du réconfort là où c’est nécessaire. La tête et les mots peuvent prendre des vacances et vous laisser souffler, pour redescendre là où vous avez une base sereine et secure : votre corps.

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La tendresse est ici la première étape vers un retour à la sexualité. De simples câlins, des échanges de caresses et de regards peuvent permettre à l’homme et à la femme de nourrir leur couple. Ils apprendront de toute façon à composer avec le fait d’avoir désormais moins de temps à se consacrer, et sauront tirer l’essence de leurs échanges en un minimum de temps.

 

La 1ère relation sexuelle avec pénétration après la naissance de leur bébé pourra être vue par le couple comme une nouvelle « première fois ». Ils y retrouveront le même besoin de délicatesse et d’écoute, et leur maturité pourra les amener à ajouter aussi une bonne dose de présence et de communication.

 

La femme pourra préférer se trouver à califourchon sur son compagnon, pour contrôler elle-même ce qui est convenable pour elle comme rythme et comme profondeur de pénétration. Partager ses ressentis au fur et à mesure permettra à l’homme de mesurer ce qui se passe pour elle. Aller lentement permettra à chacun de retrouver des ressentis qui sont peut-être endormis depuis un moment.

 

Mesdames osez dire non ! osez sentir que votre vagin n’est pas prêt! osez dire que c’est assez pour aujourd’hui, osez affirmer que vous avez besoin d’y aller par étapes…

Quand un couple s’aime, faire l’amour pour faire plaisir à l’autre est rarement une réussite. Tant pour elle qui se fait violence et n’écoute pas le besoin de son corps, que pour lui qui ressent qu’elle ne lâche pas prise, et se sent très seul dans ce qu’il voudrait légitimement être un partage.

 

Un enfant a besoin de sentir que ses parents continuent de partager de l’amour, et que cela s’exprime jusque dans leurs corps. Même s’il ne sait pas de quoi il s’agit et qu’on ne lui dit rien, un enfant ressent quand l’énergie circule ou ne circule pas entre ses parents. C’est aussi grâce à la sexualité que nous régulons cette circulation dans nos corps, et que nous nous maintenons au diapason pour former des couples unis et en évolution.

 

« L’amour triomphe de tout »

Virgile

La sexualité au service de l’anatomie

« La pénétration est douloureuse »,

« J’ai mal quand le sexe de mon compagnon touche le fond de mon vagin ».

Ces phrases reviennent souvent quand les femmes s’autorisent à parler de leur intimité.

 

Nous sommes très nombreuses à ne pas connaître notre anatomie. Cet espace d’absence de connaissance est facilement envahit de peurs et de doutes, d’incertitudes et de cogitations s’immisçant au moindre doute. Se connaître et savoir de quoi nous sommes faites est une première étape vers la guérison, une étape qui amène de la tranquillité d’esprit.

 

Précisions anatomiques

Voici donc quelques précisions anatomiques pour bien situer les choses.

Vue de côté

L’appareil reproducteur féminin se situe dans le nid que forme le petit bassin, constitué du pubis à l’avant, du sacrum à l’arrière, et des ailes iliaques sur les côtés. Juste derrière le pubis se trouve la vessie, derrière laquelle se trouve le vagin, le col de l’utérus et l’utérus. Depuis le col de l’utérus et en direction du sacrum partent les trompes de Fallope, au bout desquelles se trouvent les ovaires. Derrière l’utérus, c’est le rectum, dont l’extrémité est l’anus.

Ces organes ont des positions de base qui sont toujours les mêmes, bien que chacun évolue : la vessie comme le rectum se remplissent et se vident. L’utérus lui se gonfle et s’alourdit au moment des règles, et il peut également changer légèrement de position et évoluer dans le ventre. Sa position anatomique « normale » est au centre.

 

 

Il peut aussi atteindre des positions anormales et se mettre par exemple en antéversion ou en rétroversion. L’utérus peut enfin aller jusqu’à tomber dans le vagin, c’est la chute d’organes.

 

Pourquoi l’utérus se déplace-t-il et comment tient-il habituellement ?

C’est le réseau de ligaments qui soutiennent tout nos organes internes.

Les ligaments sont des tissus extrêmement résistants permettant de relier les deux pièces osseuses d’une articulation ou encore de suspendre ou fixer des organes (à ne pas confondre avec les tendons qui eux relient les muscles aux os).

Vue de dessous

Comme nous le voyons sur le schéma ci-dessus qui représente une vue en coupe de dessous, avec en haut le pubis, puis en dessous la vessie, le col de l’utérus, le rectum et enfin le sacrum, le réseau des ligaments (en gris) forme un maillage qui maintient les organes à leur place. Nous voyons dans le schéma de droite comment les ligaments se fixent sur l’intérieur du pubis, entourent la vessie, se croisent au niveau du col de l’utérus, entourent le rectum puis viennent se fixer sur le sacrum. Ces images nous donnent un aperçu des innombrables parcours des ligaments dans notre bas ventre.

 

Les ligaments comme le reste de nos tissus réagissent à nos émotions et à nos mouvements. Ainsi un choc physique, une opération, ou un épisode émotionnel difficile peuvent influer sur nos ligaments qui perdent de leur souplesse, se tendent anormalement, créent des tensions et éventuellement modifient les positions habituelles des organes internes.

 

Les conséquences ?

Nous avions déjà vu que les douleurs lors de la pénétration au niveau du vagin et du col de l’utérus (voir article) peuvent être liées à des mémoires engrangées et stockées dans cette zone du corps. En terme anatomique, c’est d’abord au niveau ligamentaire que se situent les tensions, car c’est en les relâchant eux que l’on peut moduler la tension musculaire et permettre une relâche des tissus.

Nous voyons sur le deuxième schéma que le col de l’utérus est au mileu d’un nœud ligamentaire, des tensions des ligaments à cet endroit crééront forcément une sensation de douleur lors de la pénétration profonde.

 

 Comment agir ?

Il existe plusieurs options à notre disposition :

  • l’intervention externe qui peut être pratiquée notamment par un thérapeute en massage sur la zone du bas-ventre ou encore par un ostéopathe qui agira aussi par voie externe
  • le massage interne qui peut être pratiqué lors de la pénétration. Pour cela, considérez que le sexe de monsieur est comme une main qui masse et qui arrive sur une zone de tension. Pour que le corps puisse relâcher, il a d’abord besoin d’être reconnu, c’est à dire que dans l’intention on se dit « j’ai vu que là, tu es tendu », puis il a besoin de temps. Le rythme du corps et des tissus est lent, comme celui de la nature, il exige de la patience.

Concrètement cela veut donc dire que le sexe de l’homme devrait rester sans bouger sur la zone de tension, avec cette intention de soulager, jusqu’à ce qu’il et/ou elle sente que la tension s’évacue.

 

Agir de cette façon, c’est permettre aux ligaments de retrouver de la souplesse, et c’est permettre aux émotions qui ont figé ces tissus de s’évacuer. Les larmes, les rires, peuvent monter et c’est très bien : c’est signe que ça circule de nouveau (aux niveaux sanguin, lymphatique et énergétique) et cela apportera certainement une sensation de légèreté bienvenue par après.

 

Pourquoi la médecine chinoise préconise de stimuler le désir sexuel

  1. Histoire de la sexualité en Chine

La sexualité en Chine a une longue histoire dont les premières traces remontent à des traités de sexualité qui auraient été écrits à la même époque que les premiers livres de médecine Chinoise, environ 3000 ans avant JC.

 

D’abord rassemblé pour l’Empereur jaune, ce savoir en sexologie (détaillant les règles et méthodes des rapports sexuels : préliminaires, positions, maladies pouvant être traitées par l’acte sexuel) a d’abord été réservé à la classe aristocratique et religieuse, puis s’est répandu par l’intermédiaire des médecins auprès des classes éduquées et bourgeoises puis enfin auprès des classes moyennes.

 

Dans la tradition taoïste (l’un des grands courants de pensée chinoise – les autres étant le confucianisme et le bouddhisme), les médecins ne devenaient d’ailleurs des professionnels accomplis qu’au moment où ils avaient eux même expérimenté et appris à maîtriser leur sexualité. Par l’expérimentation personnelle, ils étaient alors en mesure de transmettre le savoir en sexologie à leurs patients.

 

A l’époque de la Chine ancienne on observe donc une attitude très positive vis à vis de la sexualité. Sous les dynasties Song, Minq et Qing, la morale devient de plus en plus stricte, puis la révolution culturelle de Mao coupe définitivement ce savoir millénaire. Pendant la majeure partie du 20è siècle, la sexualité est apparentée à la reproduction pendant que le plaisir est l’apanage de la bourgeoisie.

Depuis la fin des années 80, la sexualité est de nouveau perçue de façon positive et assimilée à des notions d’amour, de bonheur ou de plaisir même si le discours officiel reste très prude et les mentalités parfois lentes à changer.

 

Malgré une histoire houleuse, on observe que la sexualité des chinois reste aujourd’hui très influencée par le taoïsme. Selon le Tao, la pratique sexuelle nécessite un entraînement préalable afin de stimuler l’énergie de vie (le Qi). Certains exercices de Qi gong sont effectivement conçus spécifiquement pour préserver ou transmuter l’énergie sexuelle. Il est également recommandé aux hommes de muscler leur plancher pelvien et de pratiquer des respirations et visualisations spécifiques afin de pouvoir retarder voir suspendre l’éjaculation. On considère dans le Tao de l’Amour que l’homme perd son énergie sexuelle dans l’éjaculation, entraînant un processus de vieillissement précoce. Sans éjaculation, certains maîtres taoïstes atteignent des longévités surprenantes.

 

Qi Gong
Qi Gong

 

2. Rôle de la sexualité selon la médecine traditionnelle chinoise

A son origine, la recherche dans le domaine de la sexualité avait pour but de maintenir l’Empereur en bonne santé. En déterminant comment gérer la fonction sexuelle sur les plans de la procréation, du plaisir et de la longévité, on posait les bases de la conduite à tenir pour une vie saine. Ainsi les dimensions biologiques, médicales et spirituelles de la sexualité étaient prises en compte, santé et sexualité étant ainsi étroitement liées. La sexualité en médecine chinoise est considérée comme un des aspects d’une bonne santé.

 

La pulsion sexuelle est considérée comme une énergie très puissante qui a besoin de s’exprimer. Des rapports sexuels à une fréquence propre à la constitution de chaque individu sont donc nécessaires et équilibrants sur les plans physiques et psychologiques. Une mauvaise gestion de la sexualité peut entraîner de nombreux blocages qui se manifestent par des troubles gynécologiques chez la femme et des troubles comportementaux chez les hommes.

 

3. Le désir dans la médecine traditionnelle chinoise

La sexualité fonctionne sur la base d’un mécanisme de désir. Des désirs assouvis et bien vécus sont la première et indispensable étape d’une sexualité équilibrée ouvrant l’accès à une élévation de l’esprit. On considère en effet que la spiritualité est un moyen de s’élever au-dessus des désirs, mais encore faut-il avoir vécu pleinement ses désirs en premier lieu.

 

L’absence ou le manque de désir sexuel selon la médecine chinoise peut être la conséquence des situations suivantes :

– Surmenage, fatigue

– Maladie chronique, diarrhée chronique, alimentation déséquilibrée

– Frustrations émotionnelles

– Activité sexuelle excessive telle que masturbation

 

Les solutions se trouvent dans l’acupuncture, la pharmacopée, la diététique, les massages traditionnels ou encore la pratique des arts martiaux ou du Qi Gong.

 

J’ai également trouvé des instructions pour un automassage des méridiens destiné à stimuler le fonctionnement sexuel que je vous livrerai dans un prochain article.

 

Chine. Photo de Dennis Jarvis
Chine. Photo de Dennis Jarvis

 

« Arrêtez le mal avant qu’il n’existe, calmez le désordre avant qu’il n’éclate »

Lao Tseu

 

 

Renforcer la complicité dans sa sexualité

« J’ai peur de parler sexe avec mon compagnon, je suis bloquée et je deviens toute rouge dès qu’on aborde le sujet »

« Je suis quelqu’un de très à l’aise dans la vie quotidienne mais quand il s’agit de parler sexualité je n’arrive plus à rien »

 

Je ne souhaite pas ici faire une énième liste d’astuces incroyables pour réussir à parler sexe avec son partenaire, les conseils sont déjà nombreux sur la toile.

Il me semble plus judicieux de voir comment la communication dans la sexualité peut faire grandir la confiance et la complicité d’un couple.

La « timidité sexuelle » semble être une notion assez familière pour de nombreux hommes et femmes. Pour être passée par là, je me suis longtemps sentie très mal à l’aise dans des situations où la discussion portait sur la sexualité, et où je ne me sentais pas libre de parler, bloquée par je ne sais quel démon là haut dans ma tête. Cet état était ma normalité, et me semblait somme toute une normalité acceptable puisque je n’avais aucun autre repère et aucune autre approche à laquelle m’identifier.

Or j’ai fait une découverte incroyable : il est possible de se sentir libre et à son aise lorsqu’on parle sexualité dans son couple… ça alors…!


  1. Deux niveaux de communication

Avant toute chose, de quoi parle-t-on quand on parle de sexualité avec son partenaire? Je dirais qu’il y a deux niveaux de communication possible. Parler de ce que l’on sent et de ce que l’on ressent peut être fait de façon superficielle d’une part, exemple : « j’aime ça, continue » ou très détaillée d’autre part :« Quand tu me caresses sur les seins, ça me fait de la chaleur dans tout le ventre, c’est délicieux ».

 

Les avantages de la version superficielle : en peu de mots on signale à notre partenaire qu’on apprécie et c’est déjà bien

Les inconvénients : la formule est très floue. Le partenaire ne sait pas nécessairement de quoi on lui parle, ce que l’on aime réellement, et ce que ça nous fait. Du coup, voulant bien faire, il va continuer mais pas forcément ce que l’on attendait.

On peut aimer la glace à la vanille parce que ça nous enlève la sensation désagréable de faim qui nous tenaillait, ou on peut aimer sentir la glace nous rafraîchir la gorge et le parfum de vanille faire comme des paillettes dans notre palais. L’éventail des sensations possible est immense !

Pourquoi est-il important de partager nos ressentis en détail ?

 

Plusieurs niveaux communication. Sylvain courant
2 niveaux de communication. S. Courant

– Parce qu’en se posant la question de savoir ce que l’on ressent, on se met en lien avec nous-même et on ressent les choses plus intensément car plus précisément.

 

– Parce qu’en précisant ce que l’on ressent, on informe en détail notre partenaire de qui se passe en nous, il nous découvre un peu plus et la complicité grandit car il sait exactement ce qui se joue pour nous et comment il y contribue.

 

– Parce qu’en étant attentif aux détails, notre partenaire prend aussi conscience de ce qui se passe en lui, et gagne en profondeur et en intensité de sensations.

 

– Parce qu’on est humains et que nous sommes faits de diversité et de subtilités. Se réduire à une vision manichéiste de la vie et de la sexualité est d’une grande pauvreté, un peu comme de se contenter d’un film noir et blanc quand la version couleur est disponible. Atteindre l’épanouissement nécessite d’exploiter notre plein potentiel.

 

2. Ne pas emprisonner l’Ego dans la peur

Ego Siberfi
Ego de Siberfi

L’égo nous accompagne tout au long de notre cheminement et a ce rôle déterminant de nous guider selon l’état dans lequel nous nous trouvons. En d’autres termes, si l’on arrive à rester dans du positif, notre égo va en ce sens et nous guide vers des choix qui nous ouvrent et nous font grandir. En revanche si nous commençons à aller dans la peur, nous en venons à nous limiter et à abandonner notre chemin d’évolution.

 

Quand on parle sexualité avec son compagnon, il est essentiel de réunir les ingrédients pour réussir à ne pas emprisonner notre égo dans la peur. Sinon la moindre remarque nous amène à l’enchaînement de pensées –extrêmement constructif ;-)- suivant :

 

Version victime : « Peur de te perdre, peur de ne pas être à la hauteur, peur que tu ne m’aimes plus » ou encore en version bourreau « Non mais pour qui il/elle se prend à me parler comme ça – il/elle ne fait aucun effort et il/elle se permet de me dire ça »

 

Le mode d’emploi pour éviter ça?

Prendre soin de soi. Si l’on ne se sent pas nourrit dans les valeurs qui sont essentielles pour nous en ce moment, nous ne sommes pas bien avec nous-mêmes et nous aurons beaucoup plus de propensions à nous enfermer dans la peur plutôt que de voir le positif.

 

Etre en conscience et en présence. Quand on parle sexualité, on touche à notre plus grand point de vulnérabilité. Il est indispensable d’être absolument et entièrement présent à ce que l’on fait pour soutenir l’autre et aller pleinement soit même dans sa vulnérabilité.

 

Concrètement : éliminer toute source de nuisance et faire le vide dans sa tête, choisir soigneusement son moment et son lieu, respirer en conscience, accueillir l’autre du regard et se laisser voir.

Exercez-vous avec un objet/ un arbre/ une fleur : vous le/la regardez intensément d’abord, puis vous imaginez que vous le/la laissez vous regarder et entrer en vous par le regard

 

– Toujours garder à l’esprit que l’autre fait de son mieux avec ce qu’il sait à ce moment là. Notre partenaire est souvent une personne qui nous aime profondément et qui ne demande qu’à ce que les rencontres amoureuses s’améliorent.

 

Parler de soi de préférence (« voici ce que JE ressens », plutôt que « il faudrait que TU… »), sans jugement et sans reproche et se rappeler mutuellement l’un l’autre que la discussion est placée sous cette protection

 

Enfin si malgré ces conseils vous êtes dans un mauvais jour, la peur vous rattrape et vous sentez que vous vous braquez alors même que la personne en face de vous ne fait que parler d’elle et de ce qui se passe pour elle, c’est probablement votre égo qui a sortit son armure.

Alors peut-être est-il préférable de reconnaître la situation et de faire une pause dans la discussion. Dans tous les cas votre partenaire devrait savoir ce qui se passe pour vous, et quand exactement vous serez disposés à revenir au sujet.

 

Exemple : c’est plus possible pour moi maintenant de continuer cette discussion. Quand tu me dis que ça te plait pas la pénétration dans cette position ça me coince dans la gorge et j’ai envie d’hurler ça me rend triste, j’ai peur que nous ne trouvions aucun terrain d’entente où nous sommes tous les deux satisfaits. J’ai besoin d’une pause, je serai de nouveau prêt(e) dans 30 minutes. Si c’est ok pour toi, on peut se retrouver là pour en parler.

 

3. Renforcer la complicité

Complicité
Complicité

 

Parler vrai dans la sexualité est un moyen puissant d’apprendre à se connaître intimement et à nourrir la complicité du couple.

Voici 3 moyens pour renforcer cette dernière:

 

 

Raconter son histoire sexuelle. Avez-vous déjà raconté à votre partenaire l’histoire de votre sexualité d’un bout à l’autre ? N’est-il pas passionnant de savoir ce qu’il/elle a expérimenté et comment il/elle a vécu telle ou telle situation ?

 

Exprimer ce que l’on aime chez l’autre. S’offrir des compliments sincères et honnêtes l’un l’autre lors d’un temps dédié à cela est extrêmement nourrissant. Quoi de plus agréable que de savoir ce que notre compagnon aime tant en nous?

 

Partager ses ressentis en détails pendant l’acte sexuel. Pour que l’autre sache exactement où nous en sommes d’une part, mais aussi pour rester pleinement dans l’instant présent d’autre part.

 

 » Aimer c’est trouver, grâce à un autre, sa vérité et aider cet autre à trouver la sienne. C’est créer une complicité passionnée. »

Jacques de Bourbon Busset

 

 

Energie sexuelle de vie

L’énergie sexuelle de vie est l’énergie de vie, il s’agit en réalité de la même chose. Parler d’énergie sexuelle de vie, c’est un moyen de rappeler que cette puissance circule dans notre corps de façon intégrale y compris dans nos organes génitaux. Une énergie sexuelle de vie qui circule librement, et pas seulement au niveau du sexe, apporte un lien et une connexion puissante à soi-même. Une porte pour aller vers soi tout en s’ouvrant.

 

L’option de choix pour nourrir et fluidifier cette énergie est la sexualité.

Par une sexualité où l’on prend le temps et où l’on cultive la présence, il est possible d’atteindre un état de relaxation dans l’amour et d’augmenter considérablement notre réceptivité. Faire l’amour et être détendu permet à notre toucher de gagner en sensibilité, à nos cellules de se nourrir de présence et d’attention. Les caresses et le contact avec notre partenaire, baignés de lenteur et de présence deviennent alors des échanges puissants et réveillent l’énergie qui sommeille en nous. Il ne s’agit plus de concentrer l’attention sur les organes génitaux en tension et en frottements, mais bien de lâcher et de détendre pour laisser les vagues nous envahir de la tête aux pieds.

Faites l’expérience : posez vos mains l’une sur l’autre, faites glisser très vite la main qui est au dessus sur celle qui est en dessous, que ressentez-vous ?

Maintenant même exercice, mais glissez extrêmement lentement, millimètre par millimètre, que ressentez vous ?

Naturellement, la lenteur nous permet de sentir des zones que nous n’avions jamais senti et d’explorer ce que notre corps nous appelle à explorer. Peut-être votre glissement s’arrêtera-t-il à un moment pour rester sur une zone de votre main qui fait du bien, peut-être reviendrez-vous en arrière…

Tout à coup, aller lentement devient un but en soi. L’objectif n’est plus de parcourir toute la main, mais simplement de parcourir.

 

La vie quotidienne, la course au temps, la poursuite permanente d’un objectif nous fait perdre le contact avec notre corps.

En explorant lentement chaque petite parcelle de notre main, nous réactivons de la vie et de la présence dans chaque petite partie de nous. La sexualité a ce même effet dans une proportion naturellement plus puissante puisque notre corps entier est impliqué, et que nous permettons à notre puissance de vie de s’exprimer.

 

Quand nous faisons l’amour en présence, avec lenteur alors oui, la sexualité nous connecte à notre énergie de vie.