3 étapes pour s’ouvrir à une nouvelle sexualité

Alors que l’on fait face à nos doutes et que l’on se met en quête de réponses lorsqu’il s’agit de sexualité, la confrontation à de nouvelles réalités et façons de voir les choses peut être déroutante. Les fonctionnements considérés comme acquis et indiscutables jusqu’à présent deviennent soudain des sables mouvants alors que les perspectives qui s’ouvrent peuvent inspirer un vide immense.

Comment faire pour rester serein dans cette ouverture à de nouvelles approches ? Comment rester souple dans ces explorations ?

 

Voici 3 étapes pour y aller en se respectant:

 

4754067458_f145f01c7e_q1. Rester ouvert

Se remettre en question est un phénomène naturel et sain dans la mesure ou il nous permet de réviser nos comportements et d’affirmer ou de modifier nos choix. La remise en question est donc ici une simple mise en pratique de notre capacité à être ouvert d’esprit. S’intéresser à d’autres approches de la sexualité, remplir son « réservoir à idées », laisser des petites graines de nouveauté se planter en nous… autant de façon de nourrir sa curiosité.

On restera vigilent ici à éviter de catégoriser les choses en « blanc » et « noir », mais à laisser rentrer l’information quelle qu’elle soit dans une ouverture de cœur, et à ressentir si oui ou non il y a une attirance pour cette expérimentation ou non.

Rester ouvert, c’est aussi admettre que ce qui n’est pas perçu comme significatif maintenant pourra le devenir demain.

 

2. S’approprier les choses

Explorer, sentir comment c’est pour nous à ce moment de la vie, laisser de côté, mûrir, revenir sur ses pas, goûter et savourer…

Autant de façon de laisser l’information se diffuser à l’intérieur de nous pour qu’elle fasse finalement corps avec ce que nous sommes en tant qu’individu mais aussi en tant que couple.

La sexualité est une affaire qui se joue à 2 et qui nécessite d’abord de s’approprier les choses soit même, puis un « accordage » des instruments que sont les corps. Il est essentiel de laisser les corps se parler et s’ajuster ensemble aux nouvelles possibilités qui s’offrent. Cette proposition de Jacques Ferber intervenant au sein du Sommet de la sexualité hier m’a beaucoup touché : l’homme s’installe confortablement, dans sa puissance, la femme se love contre lui et se laisse aller. Ils ne font rien, ils sont, ils laissent leurs corps s’ajuster, communiquer et s’ouvrir progressivement de cœur à cœur. Quel meilleur moyen de commencer un échange plus intime ?

 

3. Rester souple dans l’expérimentation

 3044675446_0cbb28a901_qNous avons l’habitude d’évoluer dans un monde où les règles et les structures régentent nos comportements. Sous son aspect rassurant, cette réalité amène aussi ses limitations. Par exemple, si j’ai l’habitude que faire l’amour se déroule selon un processus, c’est rassurant, et limitant à la fois, car la place pour la créativité de l’instant est restreinte.

Ainsi rester souple veut dire rester dans une fluidité et un accueil de ce qui est là. Même si je m’ouvre à de nouvelles approches de la sexualité, il se peut que ce jour là je ne le sente pas, ou que ce jour là ce qui est là est très différent de ce que j’ai imaginé, et c’est aussi ok. Il est essentiel de se laisser vivre tout en s’ouvrant. Cela pourrait grossièrement revenir à ne pas se « castrer » pour un homme, et à ne pas essayer de tout contrôler pour une femme.

 

 

L’ouverture d’esprit permet délicatement de s’imprégner de nouvelles visions et pratiques, que l’on pourra peu à peu s’approprier, pour finalement expérimenter tout en souplesse, sans se renier mais en allant avec cette nouvelle saveur.

 

Vos préjugés sont vos fenêtres sur le monde, nettoyez-les de temps en temps ou la lumière n’entrera pas.

Isaac Asimov

 

Crédits photos: y.caradec, Koshyk, justmakeit

La première fois… que j’ose lui dire non

Alors que certaines de mes amies semblaient très déterminées et maître à bord en matière de sexualité dans leur couple, je me laissais très facilement convaincre de faire l’amour, même si je n’en avais pas envie.

Est ce que je le percevais comme un devoir ? une obligation ? Est ce que je pensais qu’il s’agissait d’une nécessité pour lui et que je ne pouvais pas m’y soustraire ? Est ce que je me laissais impressionner par une différence d’âge ou une expérience plus grande que la mienne ? Je crois que tous ces éléments s’imbriquaient dans ma tête pour venir me distraire de mes sensations et m’amener à ne pas respecter ce qu’elles m’indiquaient.

Un manque d’envie, le souhait d’être seule, peut-être simplement l’envie d’être enlacée dans des bras aimants et de pouvoir m’endormir comme ça…

Combien de fois ai-je renié ça ? A quel prix et pourquoi ? Qu’ai je gagné à aller contre moi-même ?

Sur le moment, ces questions n’avaient pas lieu, je les balayais bien vite d’un « c’est pas si grave », ou d’un « de toute façon après je serai tranquille », ou encore « j’aurai finalement ce que je veux quand il aura eu son compte », ou encore « c’est mieux comme ça sinon il ira voir ailleurs »… Quelle tristesse…

En lui disant oui à lui, je me disais non à moi-même. Non ton ressenti n’est pas si important, non ton besoin de tranquillité n’est pas si urgent, non ton envie n’est pas respectable telle quelle.

Ce déni que j’exerçais envers moi-même m’amène à croire aujourd’hui que j’ai ainsi contribué à me couper de mon corps et à endormir mes sensations. Comme si la part de moi qui avait tiré le signal d’alarme tant de fois sans être entendue avait finalement décidé d’hiberner jusqu’au moment où je serai capable de l’entendre de nouveau.

 

Et puis la vie amène son lot d’expériences, de découvertes, de rencontres… Et puis peu à peu ce corps que je pensais maîtriser à coup de sport et qui n’était finalement qu’un moyen de me déplacer et de séduire, redevient vivant et vibrant de ressentis. J’apprends à écouter, à entendre et à réagir à ce qu’il me dit et je découvre que plus je vais avec lui, plus il me parle et plus il reprend sa place dominante et centrale, à l’instar de mon mental. Si je ressens que j’ai besoin de me reposer et que je me repose vraiment, si je ressens que j’ai besoin de calme et que je m’isole, si je ressens que j’ai besoin d’être dans la nature et que j’y vais… alors il m’amène une énergie débordante et la vie ne fait que se multiplier.

 

Il devint alors naturel de ne plus ignorer ces signaux que mon corps m’envoyait. Quand mon partenaire vint à moi pour me proposer de faire l’amour et qu’il était clair pour moi que c’était un non, alors pour la première fois j’ai osé, et j’ai dit non, sans me justifier.

 

Pour y arriver vous aussi, voici ce qui m’a aidé :

 

Ne pas assimiler la demande à la personne.

Si je dis « non je n’ai pas envie de faire l’amour », je dis non au fait de faire l’amour, je ne dis pas « non je n’ai pas envie de passer du temps avec toi » ou « non je ne t’aime pas »

 

Ne pas hésiter à reformuler ce qui a été demandé pour poser vraiment son NON.

Si on me demande « on fait l’amour?» et que je réponds « si je comprends bien tu aimerais qu’on fasse l’amour maintenant ? », c’est aussi un bon moyen pour mon interlocuteur de saisir que ce n’est pas à lui que je m’apprête à dire non, mais bien à sa demande. « Là, maintenant, c’est non. J’ai besoin de temps pour moi »

 

Proposer un autre moment et prendre un RDV.

Si je dis « non » à mon partenaire, il peut se sentir frustré par ce refus, surtout si cela arrive plusieurs fois de façon consécutive. Lui proposer un rdv (cf article « Comment faire l’amour même si la libido est en sommeil ») et l’honorer peut être un excellent moyen de canaliser les émotions et de le rassurer.

 

 

« Etre libre, c’est savoir dire non »

Jean-Paul Sartre