Comment faire l’amour même si la libido est en sommeil

Le désir et la libido sont seuls maîtres à bord lorsqu’il s’agit de faire l’amour.

Le désir s’étiole avec le temps.

Une relation qui dure est une relation où l’on fait de moins en moins l’amour.

L’avancée dans l’âge de fait qu’accentuer cette dégringolade.

 

Voici quelques idées reçues à partir desquelles je lance une réflexion…

 

Faire l’amour est une passion universelle. Quand nous la découvrons, nous avons tous nous autres humains cet intérêt pour la sexualité. Certains le nient jusqu’à l’étouffer, d’autres l’exploitent jusqu’à lui faire perdre son sens. Entre les 2, pas facile de trouver un positionnement où l’on se sente en paix.

S’agit-il d’être bien avec soi ? De faire plaisir à son partenaire qui en demande plus que ce que nous désirons ? Ou de satisfaire aux codes et normes sociétaux qui suggèrent une fréquence de rapports soutenue?

 

Explorer sa sexualité, dans une société où l’on accède librement au choix de son partenaire, au choix d’avoir des enfants et à la possibilité de se prémunir de maladies sexuellement transmissibles est un chemin d’exploration personnelle.

Notre façon de faire l’amour nous parle de nos peurs, de nos fragilités, de notre capacité à lâcher-prise et à accueillir la vie, de notre regard et du respect que nous avons pour nous-même et aussi de nos facultés à communiquer et à exprimer nos besoins.

 

Faire l’amour peut alors être perçu comme un moyen de régler tous ces problèmes, que ce soit les nôtres ou ceux du couple. Mais pour qu’un échange réellement nourrissant ait lieu, nous avons besoin que les rencontres sexuelles soient aussi de vrais répits et pas seulement des moyens de solutionner les difficultés.

 

Les rencontres doivent avoir lieu dans des moments où nous sommes pleinement disponible à l’autre et en mesure de mettre de côté le quotidien. Avec nos rythmes de vie frénétiques et la course au temps permanente que nous menons, ces espaces pour la sexualité sont peu nombreux et ne se présentent que peu spontanément.

 

Ce qui m’a aidé c’est de mettre en place des rendez-vous avec mon compagnon, c’est à dire des temps dédiés pour faire l’amour. De prime abord ça semble peu spontané et antinomique avec l’idée du désir. Mais en réalité c’est l’inverse qui s’est produit : le désir grandit à l’idée d’un rendez-vous qui approche. C’est comme de savoir longtemps à l’avance qu’on va partir en voyage : on a le temps de savourer nos découvertes à venir déjà avant d’y être. On se prépare et on espère pour finalement être pleinement disponible le moment venu.

Poser des rendez-vous pour faire l’amour dans son agenda c’est s’accorder et s’assurer des moments de partage au travers de la sexualité.

Même quand on a encore mille choses à faire, même si on est fatigué, ces rendez-vous ne devraient jamais être décalés ou interrompus : ils sont trop précieux pour que quoi que ce soit d’autre ne se mette en travers. Certains se réservent toujours la même soirée de la semaine, d’autres préfèrent se retrouver deux fois par semaine plutôt en journée. Le tout est de trouver la fréquence et l’organisation qui conviennent aux deux partenaires.

 

Faire l’amour régulièrement est le moyen privilégié pour rester en lien, unis et forts. C’est un peu comme de calibrer son pas sur son compagnon de marche pour continuer d’avancer à la même cadence. En faisant l’amour, les corps se « mettent à jour » l’un de l’autre. Sans forcément de mots, par les regards, la présence et l’écoute, les peurs peuvent se libérer, déposées au creux d’une intimité procurant sécurité et amour.

 

Ainsi, la fréquence régulière des rendez-vous permet de stimuler la motivation face à la paresse qui s’installe. Ils luttent contre les excuses multiples qu’hommes et femmes sont capable d’inventer, même s’ils s’aiment fort. Ils rassurent les partenaires qui ont du mal à coordonner leur désir et qui savent désormais qu’au moment du rendez-vous, quoi qu’il advienne, la rencontre aura lieu. Les rendez-vous nourrissent le désir et entretiennent la flamme de l’échange.

 

« C’est se tromper que de croire qu’il n’y ait que les violentes passions, comme l’ambition et l’amour, qui puissent triompher des autres. La paresse, toute languissante qu’elle est, ne laisse pas d’en être souvent la maîtresse ; elle usurpe sur tous les desseins et sur toutes les actions de la vie ; elle y détruit et y consume insensiblement les passions et les vertus. »

LA ROCHEFOUCAULD / Maximes / Garnier 1967

 

Je vous invite à tester ce mode de fonctionnement en complément de vos procédés habituels et à me faire part de vos commentaires et retours d’expériences ci-dessous, Merci !