Libre dans sa sexualité : 3 clés pour en faire une réalité

La culpabilité et la honte sont deux émotions fréquemment ressenties dans le cadre de la sexualité. Honte de son corps, honte de parler de sexe, honte de se masturber, honte d’éprouver du désir en dehors d’une relation conventionnelle homme-femme… toutes ces hontes sont souterraines, souvent vécues dans l’ombre, derrière un pseudo sur un forum, ou tout juste partagées du bout des lèvres avec le partenaire ou les ami(e)s intimes.

 

Comment vivre pleinement libre et serein dans sa sexualité ? Comment intégrer que la sexualité est naturelle? Voici 3 clés pour aller vers plus de liberté.

 

  • S’habituer à parler de ce que l’on ressent pendant l’acte sexuel

Nous avons souvent tendance à penser que certaines choses ne peuvent pas être dites car elles risquent de froisser ou d’être gênantes pour l’autre… en réalité nous aimons savoir où l’autre en est lors d’un rapport sexuel. Nous préférons souvent que l’autre soit vraiment présent plutôt que perdu dans ses pensées et agissant en mode « pilote automatique », il est donc préférable pour cela que chacun soit à l’écoute de ses propres besoins et soit capable d’en faire part à l’autre. Se parler ce n’est pas seulement se dire « j’aime ça », c’est aussi donner des détails « quand tu me touches ici ça me donne une sensation de chaleur dans le ventre ». Ce n’est pas rassurer l’autre pour lui montrer que tout va bien et qu’il est performant, c’est surtout partager ce qui se joue pour nous à ce moment-là. Oser dire « quand on est dans cette position, je ne ressens rien », c’est aussi permettre au partenaire de s’ajuster, et au couple d’évoluer dans sa sexualité.

 

  • S’habituer à laisser son corps au naturel

NuAu naturel cela signifie nu, sans artifice ni maquillage, simplement. S’habituer à voir et à regarder son corps tel qu’il est et non tel que nous l’imaginons ou tel que nous le rêvons est un moyen de renouer avec soi.

Prendre le temps de caresser ce corps des pieds à la tête pour en sentir les contours, pour se remercier d’être dans la vie, c’est commencer à s’apprendre et à s’accueillir tel que nous sommes.

Laisser de côté les attentes que nous avons envers notre propre corps, ressentir de la compassion et de l’amour pour lui, c’est aussi ouvrir son cœur à cette image de nous-même. C’est aussi un moyen tout doux d’apprendre à vivre naturellement et en fusion avec lui, que ce soit au quotidien comme dans la sexualité.

 

  • S’habituer à parler de sexualité pour faire tomber les barrières

La question de savoir si l’on est « normal » lorsqu’on vit une situation moins agréable ou inhabituelle de sa vie sexuelle revient fréquemment. Oser ouvrir la discussion et échanger sur le sujet qui nous interroge permet souvent de faire tomber les barrières qui nous isolent. Cela permet aussi bien souvent de s’apercevoir que c’est une situation classique, que d’autres sont passés par là et ont trouvé des solutions, et que les partages d’expériences bénéficient à tous. Parler de sexualité peut sembler très difficile au début, mais en se forçant les premières fois, et parce que ce sujet nous passionne tous, les langues se délient vite et le sujet devient bientôt une thématique naturelle.

 

« Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. »

Périclès

 

Et vous, comment faites-vous pour vous sentir libre dans votre sexualité?

 

La sexualité est aussi Charlie

Les évènements survenus à la rédaction de Charlie Hebdo ne sont pas sans conséquence et font réagir le Monde entier. Au-delà de la révolte et de ce poids dans ma poitrine, c’est aussi pour moi l’occasion d’identifier combien je compte sur ma liberté d’expression et sur celle de la société dans laquelle j’évolue. Sans elle, pas de critique, pas de remise en question, pas de réflexion ni de débat. Pas de prise de position ni de libre arbitre. Cette valeur que je savais acquise devient plus que jamais une denrée rare, que je veux apprécier à sa juste mesure comme un cadeau infiniment précieux. Cette valeur devient même une revendication, comme si écrire devenait aussi une façon de montrer aux ignorants que chacun a la liberté inscrite dans ses cellules, et que rien sinon la vie elle-même ne peut décider de contrôler cela.

A l’image d’une sexualité où l’on cherche à atteindre quelque chose ou un état particulier, la liberté c’est aussi de dire à son corps : vas-y, profite et remplis toi de tout ce que tu peux attraper. Il n’y a pas de cadre, il n’y a pas de règle, oublie ce que tu sais et ce que tu crois, soit simplement disponible à la vie. Laisse chaque morceau de toi vivre et vibrer pleinement, expérimenter ce qui est là, savourer ce qui est offert. Tu ne sais pas combien de temps cela va durer, ni ce que tu trouveras sur ta route, ni quand cela se reproduira, ni même où cela te mène, mais sache que maintenant, tout est possible. Ouvre toi, lâche toi, délecte toi de ces instants précieux où l’amour est un liant qui te connecte à l’infiniment grand.

Oser offrir la liberté à son corps, c’est comme d’ouvrir les vannes du sentiment de la plénitude et du bonheur. Oser aller pleinement dans ce « Lâche… », c’est s’offrir un espace de répit et un retour à l’essentiel. La frénésie des revendications se tait, l’insolence des frustrations disparaît, la vitesse du quotidien et l’urgence de résultats s’efface

… enfin le silence, la respiration, les sensations… juste un instant la paix à l’intérieur, même si dehors c’est le chaos.

 

Il est plus difficile de bien faire l’amour que de bien faire la guerre.
Citation de Ninon de Lenclos

La première fois… que j’ose lui dire non

Alors que certaines de mes amies semblaient très déterminées et maître à bord en matière de sexualité dans leur couple, je me laissais très facilement convaincre de faire l’amour, même si je n’en avais pas envie.

Est ce que je le percevais comme un devoir ? une obligation ? Est ce que je pensais qu’il s’agissait d’une nécessité pour lui et que je ne pouvais pas m’y soustraire ? Est ce que je me laissais impressionner par une différence d’âge ou une expérience plus grande que la mienne ? Je crois que tous ces éléments s’imbriquaient dans ma tête pour venir me distraire de mes sensations et m’amener à ne pas respecter ce qu’elles m’indiquaient.

Un manque d’envie, le souhait d’être seule, peut-être simplement l’envie d’être enlacée dans des bras aimants et de pouvoir m’endormir comme ça…

Combien de fois ai-je renié ça ? A quel prix et pourquoi ? Qu’ai je gagné à aller contre moi-même ?

Sur le moment, ces questions n’avaient pas lieu, je les balayais bien vite d’un « c’est pas si grave », ou d’un « de toute façon après je serai tranquille », ou encore « j’aurai finalement ce que je veux quand il aura eu son compte », ou encore « c’est mieux comme ça sinon il ira voir ailleurs »… Quelle tristesse…

En lui disant oui à lui, je me disais non à moi-même. Non ton ressenti n’est pas si important, non ton besoin de tranquillité n’est pas si urgent, non ton envie n’est pas respectable telle quelle.

Ce déni que j’exerçais envers moi-même m’amène à croire aujourd’hui que j’ai ainsi contribué à me couper de mon corps et à endormir mes sensations. Comme si la part de moi qui avait tiré le signal d’alarme tant de fois sans être entendue avait finalement décidé d’hiberner jusqu’au moment où je serai capable de l’entendre de nouveau.

 

Et puis la vie amène son lot d’expériences, de découvertes, de rencontres… Et puis peu à peu ce corps que je pensais maîtriser à coup de sport et qui n’était finalement qu’un moyen de me déplacer et de séduire, redevient vivant et vibrant de ressentis. J’apprends à écouter, à entendre et à réagir à ce qu’il me dit et je découvre que plus je vais avec lui, plus il me parle et plus il reprend sa place dominante et centrale, à l’instar de mon mental. Si je ressens que j’ai besoin de me reposer et que je me repose vraiment, si je ressens que j’ai besoin de calme et que je m’isole, si je ressens que j’ai besoin d’être dans la nature et que j’y vais… alors il m’amène une énergie débordante et la vie ne fait que se multiplier.

 

Il devint alors naturel de ne plus ignorer ces signaux que mon corps m’envoyait. Quand mon partenaire vint à moi pour me proposer de faire l’amour et qu’il était clair pour moi que c’était un non, alors pour la première fois j’ai osé, et j’ai dit non, sans me justifier.

 

Pour y arriver vous aussi, voici ce qui m’a aidé :

 

Ne pas assimiler la demande à la personne.

Si je dis « non je n’ai pas envie de faire l’amour », je dis non au fait de faire l’amour, je ne dis pas « non je n’ai pas envie de passer du temps avec toi » ou « non je ne t’aime pas »

 

Ne pas hésiter à reformuler ce qui a été demandé pour poser vraiment son NON.

Si on me demande « on fait l’amour?» et que je réponds « si je comprends bien tu aimerais qu’on fasse l’amour maintenant ? », c’est aussi un bon moyen pour mon interlocuteur de saisir que ce n’est pas à lui que je m’apprête à dire non, mais bien à sa demande. « Là, maintenant, c’est non. J’ai besoin de temps pour moi »

 

Proposer un autre moment et prendre un RDV.

Si je dis « non » à mon partenaire, il peut se sentir frustré par ce refus, surtout si cela arrive plusieurs fois de façon consécutive. Lui proposer un rdv (cf article « Comment faire l’amour même si la libido est en sommeil ») et l’honorer peut être un excellent moyen de canaliser les émotions et de le rassurer.

 

 

« Etre libre, c’est savoir dire non »

Jean-Paul Sartre