Lâcher prise pour mieux faire l’amour en 3 étapes

L’importance de lâcher le mental pour savourer l’instant présent et pouvoir ainsi explorer pleinement les sensations du corps dans la sexualité est souvent évoquée sur ce blog. La sexualité étant bien souvent un univers dans lequel les difficultés et les blocages sont présents, il me semble judicieux d’aborder le thème du lâcher prise dans un contexte plus vaste. Comme si pratiquer le lâcher-prise dans le quotidien était un moyen de le rendre ensuite plus facile et naturel dans la sexualité.

Les scientifiques s’accordent à dire que le lâcher-prise n’est pas quelque chose de très naturel pour nous autres humains. Notre néocortex est programmé pour penser « à haut débit » nous amenant ainsi un nombre incalculable de pensées et d’idées chaque minute. Si nous vivons cela sans en être conscient, autrement dit si nous le subissons, nous pouvons nous sentir très fatigué et las de ce dialogue interne permanent qui finit par dominer notre vie. Nous n’agissons alors plus parce que nous avons un feeling ou une sensation d’attraction pour quelque chose, mais parce que nous réfléchissons et pensons que c’est ce qu’il y a de mieux à faire.

Penser et réfléchir sont des ressources précieuses, elles nous permettent d’évaluer, de comparer, de raisonner, de comprendre et aussi de créer. Mais elles peuvent aussi devenir toxiques si elles deviennent incontrôlées, envahissant tous les espaces de notre vie au point parfois de nous empêcher de dormir ou de ne plus avoir envie de faire l’amour.

 

L’idéal serait d’atteindre le stade où le mental est un conseiller que l’on peut consulter à volonté, et où nous pouvons laisser toute sa place à notre intuition et à notre sagesse intérieure pour la prise de décision. Autrement dit un état où l’on peut faire la part des choses entre ce que nous dit notre cœur et ce que nous dicte notre mental.

C’est un véritable entraînement qui pourra permettre de mettre en place cette mécanique et de rompre avec un fonctionnement qui est bien souvent ancré en nous depuis l’enfance.

 

Voici donc les 3 étapes que je vous propose pour « pratiquer » votre lâcher-prise :

 

1ère étape : rester ancré

A l’image de l’arbre dont les racines bien plantées en terre le fournissent en énergie, l’homme a besoin d’ancrage pour pouvoir s’épanouir. Souvent les personnes qui travaillent la terre ou qui sont en contact avec les animaux n’ont pas de problème pour rester à l’écoute de leurs ressentis et faire la part des choses entre ce qu’ils sentent et ce qu’ils pensent. Ils suivent leur instinct et voilà tout.

Etre en contact avec la nature est le meilleur moyen de trouver l’authenticité, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de soi.

 

Pratique : Si possible les pieds nus et si possible dans l’herbe ou sur la terre, restez debout 3 minutes sans bouger en ne pensant qu’au contact de vos pieds par terre. Comme s’il n’y avait plus que ça qui comptait et que vous essayiez de sentir ce qu’il se passe sur chaque millimètre de votre plante de pied.

 

2ème étape : rester émerveillé

Lâcher prise

 

La capacité à s’émerveiller des petits riens de la vie nous rappelle quel trésor nous avons à disposition à chaque instant. N’est ce pas magique d’observer la complexité du corps humain ? N’est ce pas simplement beau une fleur qui s’ouvre et un papillon qui parade ?

 

Pratique : pendant 3 minutes, observez et ressentez quelque chose avec émerveillement. Il peut s’agir de quelque chose que vous regarder, mais aussi que vous touchez, que vous respirez, que vous goûtez ou que vous écoutez. Laissez-vous complètement transporter par l’expérience.

 

3ème étape : rester connecté

Quand le quotidien nous happe, que peu à peu l’enchaînement des tâches perd de sa saveur et que la morosité gagne du terrain, c’est que l’on a perdu la connexion à soi-même. Se faire passer en premier est certes égoïste et cependant vital. Qui pourrez-vous aider si vous n’avez plus rien à donner ?

Rester relié à soi-même c’est s’accorder des espace-temps qui nous sont dédiés, en conscience. Il peut s’agir de s’offrir un massage ou de partir en weekend, mais aussi simplement de savourer pleinement un moment d’émerveillement en se rappelant que c’est un temps qui nous est consacré exclusivement (même si les enfants crient à côté, même si le patron s’impatiente, etc).

Et là quelques minutes suffisent pour déguster une fraise avec délectation, ou pour allumer une bougie et honorer le temps que l’on s’accorde, ou pour rire à gorge déployée devant une scène de film que l’on adore, ou pour admirer une œuvre d’art, ou, ou, ou…

Et maintenant, qu’en serait-il si avant de faire l’amour vous traversiez ces 3 étapes en couple ? Par exemple…

Rester ancré : Face à face, les yeux fermés, vous ressentez vos pieds et seulement vos pieds

Rester émerveillé : vous ouvrez les yeux et vous vous admirez l’un l’autre, comme si c’était la première fois que vous vous voyez. Admirez chaque parcelle de peau, chaque partie du corps. Accueillez ce regard sans jugement de l’autre, qui s’émerveille tout simplement.

Rester connecté : L’homme s’allonge, la femme trouve sa place allongée sur lui, sans pénétration. Le couple reste ainsi sans bouger, sans parler, simplement ensemble et uni, chacun cherche la plus grande décontraction possible.

 

 

Une des choses les plus importantes qui soient est l’art de vivre.

Y a-t-il une façon de vivre notre vie quotidienne qui soit entièrement différente de celle que nous vivons habituellement et que nous connaissons tous ?
Y a-t-il une façon de vivre sans aucune contrainte, sans aucun conflit, sans la discipline du conformisme ? Comment vais-je le découvrir ? Je ne pourrai le découvrir que si mon esprit tout entier voit exactement ce qui se passe à l’instant présent. En d’autres termes, je ne peux découvrir ce que signifie vivre sans conflit que si je peux observer ce qui se passe en ce moment. Cette observation n’a rien d’intellectuel ou d’émotionnel c’est une perception aigüe, claire et exacte dans laquelle il n’y a pas de dualité. Il n’y a que le réel et rien d’autre.

Question : Qu’entendez-vous par dualité dans ce cas ?

Krishnamurti : Je veux dire qu’il n’y a ni opposition ni contradiction dans ce qui est entrain de se passer. La dualité n’apparaît que lorsque qu’il y a fuite devant ce qui est. Cette fuite suscite l’opposé et alors surgit le conflit. Seul le réel existe, et rien d’autre.

Krishnamurti, Lettre aux écoles N° 23 – Le Courrier du Livre – 1989

 

 

Cet article a été écrit sur l’invitation du blog Speedevelopment dans le cadre du Festival de la Croisée des Blogs – mai 2015. C’est la 80ème édition de ce festival qui existe depuis octobre 2008 et que l’on doit au site developpementpersonnel.org qui regroupe des blogueurs et blogueuses francophones.

3 étapes pour lâcher-prise grâce à nos sens

On entend régulièrement que pour ressentir du plaisir ou atteindre l’orgasme, il faut lâcher-prise, se laisser aller, se détendre complètement et se sentir en confiance… Oui mais, comment ?! Suffit-il de se dire « maintenant je vais me détendre » pour se détendre ? Malheureusement non, à moins d’être entraîné ! Comme beaucoup de nos compétences, celle-ci devra être travaillée et entretenue pour devenir efficiente.

C’est donc un tour de piste d’entraînement que je vous propose ici 😉

 

A l’opposé du lâcher-prise se trouve le contrôle et la retenue qui sont régis par notre mental. Nous avons la chance d’avoir un gros cerveau, incroyable machinerie tellement complexe que nous ne connaissons encore qu’une infime partie de son fonctionnement. Malheureusement cet intellect développé nous dessert lorsque nous sommes confrontés à des situations où nous avons besoin en très grande partie de notre intuition et de nos ressentis, dont la sexualité fait partie.

Quand nous sommes occupés à penser à la journée qui vient de passer, aux soucis ou à ce que notre partenaire ne fait pas comme il faut… et bien nous ne savourons plus ce qui se passe réellement et nous sommes dans le contrôle.

Si malgré cela et contre vents et marées vous faites l’amour ou vous avez un rendez-vous pour faire l’amour avec votre partenaire (voir article « comment faire l’amour même si la libido est en sommeil »), il est important de trouver une parade pour éviter que vos pensées ne vous bloquent dans un espace-temps qui n’est pas celui dans lequel vous faites l’amour maintenant.

 

Pour cela, la première étape est qu’il faut prendre conscience de nos comportements … et ça n’est pas toujours facile. Nous avons parfois des années d’habitudes à composer avec cette donnée. Bien souvent ce sont des pensées qui nous traversent l’esprit qui nous emmènent ailleurs, jusqu’à ce que quelque chose dans l’acte sexuel nous ramène à ce qui se passe au présent. En résumé c’est un peu comme d’être absent de son corps pendant un instant… Souvent nous l’identifions au moment où nous sortons de notre « rêverie ». Je vous invite donc à observer cela et à essayer « d’attraper » un de ces moments-là, à en devenir conscient.

 

Pause - Crédit photo Martin Kenny
Pause – Crédit photo Martin Kenny

Après avoir observé cette situation « sur le vif », la deuxième étape consiste à partager ce ressenti avec votre partenaire et à lui demander une courte pause (dire simplement par exemple « je n’y suis plus, j’ai besoin d’une minute »), le temps de revenir à vous. Ceci sera certainement plutôt facile à introduire si vous êtes déjà dans une démarche de communication et de respect avec votre partenaire. Pour quelques astuces à ce sujet, voir l’article « Renforcer la complicité dans sa sexualité ».

Sans forcément interrompre l’acte, il peut simplement s’agir d’arrêter de bouger, de rester unis en silence.

On pourrait se dire, « oui mais si je fais ça je vais lui couper son plaisir ! ». Mais posez-vous la question : que ressentiriez-vous si vous aviez la sensation que votre partenaire n’était pas présent à ce qu’il fait pendant que vous faites l’amour ? Que penseriez-vous si vous réalisiez qu’il n’était pas pleinement avec vous au moment où vous êtes précisément le/la plus vulnérable ? Ne serait-ce pas une sensation de solitude, de manque de respect, voir d’humiliation ? Ne pensez-vous pas que votre partenaire préfère faire une courte pause pour repartir vraiment avec vous, plutôt que de continuer avec la sensation d’être seul(e) ?

 

3è étape lors de cette courte pause, se recentrer et revenir au moment présent : fermez les yeux et concentrez-vous sur ce que vous ressentez, à savoir ce qui se joue au niveau d’un ou de plusieurs de vos 5 sens à cet instant précis. Il s’agit vraiment ici d’accueillir ce qui est là sans jugement, sans interprétation, sans chercher à ce que ce soit différent. Simplement, ce qui est là tout de suite maintenant.

Les sens à favoriser sont le toucher, l’ouïe et l’odorat. (Il me semble que le goût est moins significatif dans ce contexte mais il pourra probablement parler à certains. La vue quant à elle nous amène une telle quantité d’informations en permanence qu’elle a vite tendance à nous faire remonter dans le mental.)

Cette approche a le mérite d’être très efficace, très rapidement. Habituellement elle permet de revenir à l’instant présent en quelques secondes quand on en prend l’habitude.

 

Une fois que vous avez réussi à revenir au centre de vous mêmes, ré-ouvrez doucement les yeux et faites un petit signe à votre partenaire pour l’informer de votre « retour ». Peut-être un regard, peut-être un mot, un léger hochement de tête… quelque chose de simple et de léger, pour que la rencontre puisse se poursuivre tout naturellement.

 

Douceur - Crédit photo Rachel
Douceur – Crédit photo Rachel

 

Dans cet entraînement vers plus de lâcher-prise, je vous propose d’expérimenter ces différentes étapes avec beaucoup de compassion envers vous-mêmes. Si vous vous auto-jugez ou si vous culpabilisez du fait d’avoir beaucoup de pensées qui vous parasitent,

  • vous ne faites finalement qu’alimenter votre mental qui se fera un plaisir de nourrir les pensées encore et encore,
  • vous vous faites mal alors même que vous êtes en train d’apprendre à vous faire du bien, ça s’appelle être paradoxal(e) 😉

 

Mon conseil est donc le suivant : restez simple et naturel(le) au travers de cette découverte, soyez doux envers vous-mêmes et c’est comme ça que vous apprendrez peu à peu à lâcher-prise et à canaliser facilement vos pensées.

 

“Lâcher prise ne signifie pas ne plus jamais se soucier de personne. C’est réaliser plutôt que la seule personne sur laquelle vous avez vraiment contrôle, n’est autre que vous.”

Deborah Reber

 

La sexualité est aussi Charlie

Les évènements survenus à la rédaction de Charlie Hebdo ne sont pas sans conséquence et font réagir le Monde entier. Au-delà de la révolte et de ce poids dans ma poitrine, c’est aussi pour moi l’occasion d’identifier combien je compte sur ma liberté d’expression et sur celle de la société dans laquelle j’évolue. Sans elle, pas de critique, pas de remise en question, pas de réflexion ni de débat. Pas de prise de position ni de libre arbitre. Cette valeur que je savais acquise devient plus que jamais une denrée rare, que je veux apprécier à sa juste mesure comme un cadeau infiniment précieux. Cette valeur devient même une revendication, comme si écrire devenait aussi une façon de montrer aux ignorants que chacun a la liberté inscrite dans ses cellules, et que rien sinon la vie elle-même ne peut décider de contrôler cela.

A l’image d’une sexualité où l’on cherche à atteindre quelque chose ou un état particulier, la liberté c’est aussi de dire à son corps : vas-y, profite et remplis toi de tout ce que tu peux attraper. Il n’y a pas de cadre, il n’y a pas de règle, oublie ce que tu sais et ce que tu crois, soit simplement disponible à la vie. Laisse chaque morceau de toi vivre et vibrer pleinement, expérimenter ce qui est là, savourer ce qui est offert. Tu ne sais pas combien de temps cela va durer, ni ce que tu trouveras sur ta route, ni quand cela se reproduira, ni même où cela te mène, mais sache que maintenant, tout est possible. Ouvre toi, lâche toi, délecte toi de ces instants précieux où l’amour est un liant qui te connecte à l’infiniment grand.

Oser offrir la liberté à son corps, c’est comme d’ouvrir les vannes du sentiment de la plénitude et du bonheur. Oser aller pleinement dans ce « Lâche… », c’est s’offrir un espace de répit et un retour à l’essentiel. La frénésie des revendications se tait, l’insolence des frustrations disparaît, la vitesse du quotidien et l’urgence de résultats s’efface

… enfin le silence, la respiration, les sensations… juste un instant la paix à l’intérieur, même si dehors c’est le chaos.

 

Il est plus difficile de bien faire l’amour que de bien faire la guerre.
Citation de Ninon de Lenclos

Comment plaisir ne rime pas forcément avec excitation

Dans un rapport sexuel tel qu’habituellement pratiqué, l’excitation est au rendez-vous. Le jeu de séduction et l’acte sexuel sont même entièrement articulés autour de cette notion. L’attirance est excitation, l’envie de faire l’amour est excitation, les préliminaires sont censés faire encore monter cette excitation pour qu’enfin soit atteint le but ultime de tout cela : l’orgasme. Cet enchaînement est comme un crescendo, une montée en pression qui a finalement besoin de lâcher brutalement quand la tension est trop forte.

 

Alors que l’acte sexuel se déroule, les corps se tendent de plus en plus et ne rêvent que d’atteindre encore plus de plaisir. Toute l’attention est placée sur la zone des organes génitaux qui monopolisent toute l’énergie disponible car c’est de là que proviennent le plaisir et peut-être l’orgasme. Même si l’on joue à faire monter et descendre l’excitation, et que l’on fait durer le jeu, il est finalement rare de garder une qualité d’attention permettant de savourer chaque instant.

L’excitation peut avoir tendance à nous faire focaliser sur le but à atteindre plutôt que sur le plaisir qu’il y a en chemin pour la simple raison que le corps se tendant, les sensations sont dès lors amoindries. On recherche alors quelque chose de fort, et l’orgasme seul apporte un vrai soulagement. Ce soulagement est brutal et pourra amener la sensation d’être vidé(e), la fatigue voir l’endormissement.

 

Faire l’amour avec excitation, c’est donc comme de se mettre sous stress de façon intense, puis de se détendre brutalement grâce à l’orgasme, quand il vient.

 

On peut se demander d’une part ce qu’il advient du stress de celles (et ceux) qui n’atteignent pas l’orgasme après avoir été très excités…

 

Et d’autre part s’il ne serait pas aussi possible que faire l’amour soit un moment de détente absolue…

Et si on essayait de se détendre, de relâcher nos corps pendant l’amour ? Je ne parle pas de faire « l’étoile de mer » qui serait pour moi une attitude passive et absente, mais au contraire d’être le plus possible en présence de la moindre parcelle du corps que l’on arrive à relâcher.

Se concentrer sur sa détente est un moyen de revenir à son corps et de lâcher son mental, c’est aussi un chemin pour réveiller les sensations des cellules endormies par des années de crispation et de stress. Retrouver du plaisir là où l’on pensait que l’on ne sentait rien et où finalement il y avait simplement besoin d’y aller avec de l’écoute pour soi-même et de la détente… Voilà un moyen de se réapprivoiser un corps qui a parfois préféré se fermer et ne plus rien sentir face au manque d’attention qui lui était habituellement porté.

 

Dans la pratique : caler sa détente sur sa respiration.

Tant avant de faire l’amour que pendant, prendre le temps de faire quelques respiration profondes, peut-être même en synchronicité avec son/sa partenaire. Imaginer à chaque expiration que l’on relâche une zone du corps, en scannant le corps dans son ensemble : les pieds, les mollets, les genoux, les cuisses, le bassin, le sexe, le ventre, la poitrine, la gorge, le visage, le crâne, la nuque, le dos…

Recommencer cet exercice à chaque fois que l’on sent que l’excitation/la tension reprend le pas sur la détente.

 

Et si elle ne se laissait aller qu’aux mouvements très doux et lents que son corps exprime ?

Les mouvements volontaires des jambes et du bassin de la femme (c’est à dire issus de la force de notre mental) ne nous aident pas à avoir du plaisir, ils nous en éloignent. C’est même comme s’ils bloquaient la circulation de notre plaisir.

Par opposition à l’excitation qui amène des attentes de plaisir fort et violent, le plaisir dans la détente est fin et subtil, il vient avec la douceur et l’écoute, sans qu’on l’attende il vient nous accompagner pour s’insinuer partout, nous permettre de relâcher et détendre toujours plus.

 

Aller à la rencontre de son plaisir est finalement un chemin de lâcher-prise. Il pourrait s’agir de se détendre toujours plus profondément, de se laisser aller à ce qui vient sans espérer ni attendre autre chose que ce qui est dans la réalité.

Mais aussi d’avoir confiance que le corps connaît le chemin et peut nous guider si nous accueillons de le laisser agir sans tenter de le contrôler.

Ne rien faire, mais être pleinement avec soi-même, dans l’instant…

 

Aimer se situe bien dans l’ordre du lâcher prise, car il suppose que nous nous laissions habiter, envahie par un sentiment sur lequel nous n’avons aucun contrôle, aucune maîtrise. C’est pour cela que chez certains, l’amour s’accompagne d’angoisses. Celles-ni ne concernent pas la fiabilité de l’autre mais la perte de contrôle, l’acceptation de l’abandon et ce questionnement voué à rester sans réponse : jusqu’où cela mènera-t-il ?

Vivre avec les miens – Jacques Salomé