Actif ou passif face au désir ?

« Ma sexualité s’est éteinte car je n’ai plus de désir »,

« Je ne ressens plus d’envie »

 

Sur la base de ces affirmations, nous pourrions nous demander si le désir est naturellement là, ou si nous pouvons influer sur sa vivacité ? Comme nous l’évoquions dans l’article « Pourquoi la médecine chinoise, préconise de stimuler le désir sexuel », maintenir ce « feu » du désir vivant à l’intérieur de nous permettrait à l’organisme de rester en bonne santé.

 

Ce feu, aussi qualifié d’énergie de vie est l’essence même qui nous supporte dans toutes nos actions. Qu’il s’agisse de grimper au sommet d’une montagne ou de savourer un lever de soleil, c’est cette énergie vibrante venant de l’intérieur qui nous rappelle que la vie nous porte et que nous n’avons pas d’effort à faire pour y aller, nous pouvons simplement nous laisser porter. Mais pour ressentir cela, il y a un choix à faire.

 

Nous avons toujours le choix

 

La vie est faite de choix, et le plus fondamental qu’il m’ait été 5583561290_8714669389_qdonné à découvrir est celui dont nous disposons pour choisir notre état d’esprit.

Notre état d’esprit n’est pas le fruit du hasard, ni des circonstances de notre journée ni des bonnes ou moins bonnes aventures de notre vie. Il est le résultat d’un choix conscient, nous permettant de teinter chaque événement à sa lueur : nous avons le choix entre la peur et le stress d’un côté, et l’amour et le bien-être de l’autre.

 

La peur et le stress ont cette conséquence physique de nous figer, un peu comme si le corps s’arrêtait de respirer et se recroquevillait dans sa coquille. Bien souvent c’est vraiment ainsi que l’on se retrouve en situation de stress : la respiration courte et des tensions partout. Cette incidence physique va amener une mauvaise circulation tant sanguine que lymphatique et énergétique. Dans l’image, c’est aussi comme si on se figeait face à la vie. On ne laisse plus rien circuler, on s’accroche au cadre que l’on a posé et qui nous rassure, on ne sort pas des sentiers battus, on n’ouvre pas le champ de possibles, on reste sur les acquis…Bref on commence à se nécroser dans un système qui se fige. Ça donne une impression rassurante à ceux qui font ce choix là, et en même temps à l’intérieur ça manque d’air, ça s’empoussière, ça s’ennuie.

 

A tout instant tant que nous sommes en vie, le choix de l’amour et du bien-être est possible. Et même s’il ne porte d’abord que sur un infime morceau de notre vie, il peut très vite amener une bouffée immense d’air frais et de renouveau.

 

Simplement en se posant dans un endroit calme et en se mettant en lien avec un souvenir heureux passé de sa vie, il est possible de trouver la sensation de l’amour pur dans son corps. Je vous invite à essayer…

Cet exercice a le don de nous ramener dans notre corps, là où la tête ne pense, ni n’intervient plus. Il nous rappelle aussi combien cette sensation d’amour et de bien-être est ici à portée de main en permanence. Elle a bien sur souvent besoin d’être « entrainée » pour être maintenue de plus en plus longtemps, mais plus on la pratique, plus elle s’insinue partout !

 

Ainsi face à un problème, que se passe-t-il si nous stressons ? Nous nous figeons et imposons à notre corps de continuer à fonctionner comme si de rien n’était, et parfois même en marche forcée : « il faut vite trouver une solution » !

Et que se passe-t-il si nous nous connectons à l’amour ? Nous maintenons de la circulation dans notre corps, et plutôt que de voir le problème comme une montagne à gravir, nous le vivons comme un petit détour sur le chemin au cours duquel nous allons découvrir quelque chose d’amusant.

 

Etre à l’écoute de son désir c’est choisir l’amour et le bien-être

 

2395845001_8d8ddf577a_qLe choix de l’amour et du bien-être est un beau moyen de prendre conscience que notre corps est toujours prêt à faire l’amour. Si l’on se connecte à cette source à l’intérieur de nous, en lien avec un souvenir heureux par exemple, nous pouvons savourer le bien-être qui s’installe. Le corps est alors en ouverture, toujours disponible.

Les fois où nous avons l’impression que ce n’est pas le moment, que nous sommes fatigués ou que nous inventons toutes sortes d’excuses, c’est en fait que nous avons décroché de cet « état d’amour », pour nous réfugier dans la peur ou le stress qui se manifeste souvent par la sensation de ruminer les problèmes à en avoir mal à la tête.

 

 

En prenant conscience de notre capacité à décider de quoi notre vie est faite, nous retrouvons notre puissance et notre potentiel et nous osons sortir du cadre de nos peurs, certes rassurant, mais aussi limitant.

 

« Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d’oser les tenter »

Bernard Werber

 

Se préparer avant l’amour

Faire l’amour sans préparation, c’est se mettre dans une situation où peut-être nous ferons l’amour en pensant à la liste des courses, aux enfants ou au travail. Une situation dans laquelle nous aurons un mal fou à vivre pleinement le moment présent parce que notre esprit s’envolera constamment vers toutes sortes de dispersions. Et par conséquent une situation où nous ne serons simplement pas présents à notre partenaire, à nos ressentis et nos sensations. Concrètement il y a alors peu de chances qu’une femme ait un orgasme dans ce cas de figure.

 

Faire l’amour sans prendre le temps qu’il faut pour être disponible à soi-même et à l’autre, c’est aussi prendre le risque de faire l’amour pour se défouler, ou pour essayer d’éliminer un mal être en soi ou au sein du couple. Dans un tel cas, le soulagement sera effectivement souvent au rendez-vous, mais au fond les partenaires se sentiront-ils vraiment comblés et profondément unis après avoir fait l’amour ? Ou auront-ils l’impression d’avoir combattu un match de boxe l’un contre l’autre, chacun dans sa bulle et sans s’être vraiment retrouvés ?

 

Se préparer veut dire prendre consciemment du temps pour faire le vide en soi et se présenter à l’autre pleinement ici et maintenant. Si j’ai moi-même mal à la tête de toutes ces pensées qui me tournent dans le crâne, comment puis-je espérer être attentive à ce que mon corps ressent ? Comment vais-je pouvoir me respecter et guider mon partenaire vers ce dont j’ai besoin ou non à cet instant ?

 

Si j’attends que ce soit mon partenaire qui m’aide à faire le vide en moi, que ce soit consciemment ou non, je me comporte comme un enfant blessé qui attend de l’autre qu’il vienne le sauver. La relation est alors biaisée.

 

Si l’on imagine un compteur à notre niveau d’énergie,

  • « 0 » serait le point neutre où nous sommes présents à nous mêmes, juste ici et maintenant,
  • « -1 » serait le stade où nous sommes perdus dans nos pensées avec un film qui défile en permanence dans notre tête et où nous sommes souvent fatigués,
  • « +1 » le stade où nous sommes pleins d’énergie

 

Quand je fais l’amour avec un niveau -1, j’utilise l’énergie de l’amour pour atteindre un stade proche du 0 alors que je pourrais par moi-même arriver à ce stade et profiter de l’échange amoureux pour gagner réellement un niveau d’énergie supérieur.

Le temps de la préparation peut être pris en couple mais il est peut être plus facile de se centrer sur soi séparément. Quelques astuces à essayer :

 

  • Quelques respirations conscientes peuvent être suffisantes pour arriver à faire le vide et à lâcher les pensées envahissantes. La respiration du vagin que je décris dans le 1er point de l’article Augmenter ses sensations sexuelles est très efficace lorsqu’on la pratique régulièrement.

 

  • Prendre quelques minutes pour méditer

 

  • Exercice de l’ascenseur. Fermez les yeux, imaginez que vous montez dans un ascenseur, la porte se ferme, l’ascenseur qui est au niveau de votre tête va doucement descendre au niveau de votre cœur. Respirez… !

 

  • Se concentrer sur l’un de ses 5 sens pour faire le vide. Si je me concentre à 100% sur un son, une odeur, un goût, une sensation sur ma peau, une image ou un paysage, il n’y a alors plus que le moment présent qui est là. Mes pensées se taisent pour laisser la place à la réalité de cet instant.

 

  • Préparer son corps en conscience. Prendre un temps juste pour soi par exemple pour prendre un bain peut-être un temps de préparation si l’on met suffisamment de conscience dans ce que l’on fait. Il est possible de prendre un bain en pensant à sa liste de courses, à son patron et à ses enfants. Il est aussi possible de prendre un bain en se concentrant sur l’un de ses sens, ou en pratiquant la respiration du vagin, ou encore en ne pensant qu’à sa respiration.

 

« Ne cherchez pas le passé ne cherchez pas le futur ; le passé est évanoui, le futur n’est pas encore advenu. Mais observez ici cet objet qui est maintenant. »

Bouddha

 

« Ne juge pas de l’immensité du ciel bleu en le regardant à travers une paille. »

Daishi