La pulsion sexuelle masculine

8053096918_e9daa17ac8_qIl m’a été donné la chance d’entendre des hommes confier la façon dont ils vivent avec leurs pulsions sexuelles. Ce fut une découverte gigantesque et très touchante pour moi de mesurer à quel point les pulsions sont une souffrance, vécue qui plus est dans la solitude. Je découvrais alors un aspect de la vie des hommes que je ne soupçonnais pas, dont je n’avais jamais entendu parler de façon si directe et si poignante.

 

Quand l’énergie de vie s’exprime, sa puissance est considérable et incontrôlable. Si le corps est libre, fluide, que les émotions circulent, et que le mental est à sa juste place, alors l’énergie de vie apporte un flux continu se manifestant par de la vitalité et de la joie.

En revanche si l’énergie de vie est contrainte par des tensions physiques, émotionnelles ou mentales, cette puissance naturelle qui doit malgré tout circuler se manifestera sous la forme de pulsions. Un élan de vie incontrôlable, qui doit sortir, quoi qu’il advienne.

 

La pulsion sexuelle est de cet ordre : quand l’énergie sexuelle de vie ne peut pas circuler librement, elle se manifeste par des envies subites, inopinées et irrépressibles de sexe, que l’homme peut avoir beaucoup de mal à gérer. Les seuls moyens dont l’homme dispose alors pour faire face à cela sont simples :

  • faire l’amour,
  • se masturber,
  • ou réprimer l’envie en se coupant de ses sensations (par exemple en faisant beaucoup de sport, ou en travaillant beaucoup)

 

17907447215_e2af91a1ae_qJ’ai été particulièrement marquée par le désarroi de ces hommes face à ce fait qu’ils vivaient comme une fatalité et qui était source de souffrance, leur vie étant quelque part « organisée » en fonction de ces pulsions. Une fatalité telle, qu’il semblait même inutile d’en parler car en parlant de cette souffrance, l’homme se met dans une grande vulnérabilité, avec en plus la sensation d’être dans une impasse.

 

Un besoin de sexe créé par la pulsion est autre chose qu’une envie de faire l’amour, et cela était aussi quelque chose de délicat et douloureux pour l’homme dans son rapport à la femme.

Quand l’homme s’ouvre à d’autres façons de faire l’amour, il peut commencer à sentir que cette approche dictée par le besoin ne l’aide pas à rencontrer sa compagne dans les meilleures conditions. Elle le souhaite disponible à expérimenter quelque chose, prêt à vivre une rencontre où peut-être même il n’y aura pas de pénétration. Et lui souffre de cette pulsion qui le conduit à avoir l’envie fixe de se soulager.

 

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Accueillir que quand l’énergie de vie n’est pas contrainte, la pulsion n’a plus lieu d’être. Si la tête, le cœur et le corps sont alignés, la circulation est libre

En pratique comment s’aligner ?

De façon ponctuelle, en lien avec sa respiration, se poser les questions :

« c’est comment maintenant dans mon corps ? »

puis « quelle image me vient spontanément ? »,

puis « ça me fait quoi d’observer ça ? »

Respirer.

 

Apprendre à faire de la place pour une nouvelle forme de sexualité, qui n’est plus dictée par les pulsions

En pratique : se donner des rdv pour expérimenter d’autres formes de sexualité, où les intentions sont clairement posées au début des rencontres. Peut-être que le souhait sera qu’il n’y ait pas de pénétration, ou que l’échange n’aille pas vers l’excitation, ou que les partenaires partagent au fur et à mesure leurs ressentis…

 

Oser créer sa vie et savourer l’auto-plaisir

Créer sa vie c’est oser se lancer dans l’inconnu, accueillir que l’on ne sait pas complètement qui l’on est, et que l’on ne connaît pas vraiment son environnement. En osant aller vers de nouvelles rencontres, de nouvelles activités, de nouveaux lieux et en le vivant positivement, on ouvre les cadres qui limitent habituellement dans la capacité à avoir du plaisir dans tous les instants de la vie. Il n’y a pas à ressentir la vie d’une certaine manière mais à la vivre à sa manière.

En ouvrant ces espaces d’incertitude et de joie ce sont aussi des tensions et des freins qui se lèvent, et l’énergie de vie trouve la place de circuler plus librement.

 

L’appel de la nouveauté est pulsion de vie. Quand ce sentiment fait défaut – prison, maladie, habitude, stupidité – on voudrait mourir.

Cesare Pavese, Le métier de vivre (1952)

 

 

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