Comment réveiller ses sensations 2/3

Si la notion d’insensibilité, de gêne, de douleur ou de mal-être au niveau des organes génitaux dans le cadre notamment de la sexualité vous parle, cet article, faisant partie d’une suite de 3 publications, est l’occasion de trouver des réponses concrètes à vos problèmes. Dans cette 2è étape, j’aborderai une thématique que j’intitule « Ecouter son corps ».

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Je dis souvent dans le cadre de mes cours de massage : le stress n’est pas négatif, c’est grâce à lui que nous pouvons solliciter nos muscles. Le stress nous permet donc littéralement d’avancer. En revanche, sans relaxation, son exact opposé, le stress devient toxique et nocif, il peut alors notamment créer de l’insensibilité.

 

Quand le corps s’endort, que les sensations s’engourdissent voir disparaissent, la première étape est déjà de prendre conscience de ce qui est. Ne rien ressentir, c’est ressentir qu’il n’y a rien, et c’est déjà une énorme part du travail qui est fait. Cette réalisation permet d’accueillir ce qui est et d’ouvrir un chemin vers l’avenir. Maintenant que j’ai constaté que je ne sens rien, et que je m’attache à mettre de la paix (voir article précédent proposant une approche pour faire la paix) sur la situation, que puis-je faire ?

 

La prochaine étape consistera donc naturellement à transformer le stress qui s’est accumulé pour permettre au corps de retrouver son mouvement naturel et sa fluidité. L’expression populaire « Le mouvement c’est la vie » nous renvoie au simple fait que bouger nous amène une meilleure circulation, qu’elle soit sanguine, lymphatique ou énergétique. Un blocage quel qu’il soit dans le corps, empêche une bonne circulation et réduit de fait la vitalité et la sensibilité.

 

Quand on ne ressent plus rien au niveau des organes génitaux, le blocage est peut-être à cet endroit précisément, peut-être pas. C’est grâce au mouvement du corps dans son ensemble que l’on pourra commencer à avancer et résoudre la situation. In utero, le mouvement et la perception sensorielle sont intriqués. C’est à partir du mouvement que le cerveau se développe.

 

Partant de ces constats, comment procéder, concrètement ?

 

  • Une première base : s’observer et respirer

6883077908_0d3238bce3_qQuand une tension, un blocage, une gêne, une douleur se présente dans notre corps, la première chose est d’y prêter attention et de ressentir vraiment ce qui est là. Dans le cas d’une tension, il est impressionnant d’observer ce que cela apporte de simplement respirer, en conscience.

En pratique: si la zone dont vous avez besoin de prendre soin se trouve par exemple être votre bas-ventre, essayez de concentrer toute votre attention sur votre bas-ventre et votre souffle. Comme si chaque inspiration que vous faites remplissait votre bas-ventre de lumière et chaque expiration vidait votre bas-ventre de ce qui créé la douleur (tensions physiques, émotions etc). Il est essentiel de rester vraiment dans une attention délicate et douce envers vous-même, et pas dans une attention crispée où il « faut » absolument rester attentif ; vous seriez sinon contre-productif.

 

  • une deuxième base : bouger

Bouger son corps tout en restant à l’écoute de soi-même, voilà tout un challenge. Loin des obligations conventionnelles et des esprits compétitifs qui trouveront toujours le moyen de se pousser à bouger, je vous propose de prendre le temps d’expérimenter le mouvement fluide. J’entends pas là un mouvement qui permet à votre corps de s’exprimer tel qu’il en a besoin à ce moment-là, selon son propre rythme et surtout avec la notion de plaisir en toile de fond.

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En pratique : choisissez une musique qui vous inspire la fluidité à ce moment-là. Choisissez un morceau de tissu, un foulard : quelque chose de fluide. Commencez par faire 3 grandes respirations (attentives et délicates ;-), laissez venir cette sensation de paix qui émerge quand il n’y a plus que le souffle qui compte. Commencez par faire onduler ce voile que vous agitez lentement devant vous puis laissez-vous inspirer par cette fluidité et allez doucement vous-même vers les mouvements qui émergent. Un peu comme si vous laissiez sortir de votre ventre les mouvements de vos bras, de vos jambes et surtout de votre bassin. Votre bassin est au cœur du mouvement que vous produisez. Imaginez que vous êtes une pieuvre majestueuse : des gestes doux et fluides qui partent comme des ondes depuis votre bassin vers l’extérieur. Observez vos pensées sans vous y accrocher en revenant systématiquement à votre respiration, et laissez vous onduler dans la fluidité. Quelque soit le style de musique il est possible d’être dans la fluidité et le calme intérieur.

 

  • une troisième suggestion : explorer

5813985352_ce5a155bb3_qLa sexualité est rarement enseignée sous l’angle du plaisir. Souvent la femme peut avoir la tendance à attendre    que l’homme la satisfasse sans même savoir elle-même ce qu’elle aime et ce qu’elle souhaite. Souvent l’homme aura tendance à agir avec la femme et avec son sexe de la même façon qu’il agirait avec le sien, et ne comprend pas que le résultat ne soit pas à la hauteur de ses attentes. Ces décalages et méconnaissances ajoutés à des difficultés à communiquer créent à force de répétition, des frustrations qui s’accumulent. L’attention n’est alors plus sur la finesse des sensations qui émergent, mais plutôt sur les attentes, les gênes et les non-dits.

Avant de rentrer en relation avec un partenaire, je vous propose une pratique simple, même si elle n’est pas forcément facile, pour retrouver une connexion dans la simplicité avec soi-même, avec son corps et en particulier avec son sexe.

 

En pratique : Installez vous confortablement, couché ou assis, mettez vous en lien avec votre respiration de façon détendue et attentive à la fois. Posez une main sur votre cœur, l’autre sur votre bas ventre, sentez votre souffle aller d’une main à l’autre. La pratique consiste à simplement rester dans l’immobilité, en conscience de la respiration qui circule d’une main à l’autre, et à ressentir ce qu’il se passe dans le corps. Peut-être qu’il n’y a aucune sensation, et c’est ok, osez rester un moment ainsi, avec votre souffle pour accueillir cela. Peut-être que la sensation est localisée sur la zone de contact, là où le toucher se fait. Peut-être que la sensation s’étend ailleurs dans le corps grâce à la respiration.

Le fil rouge de cette pratique est d’une part la respiration, et d’autre part l’observation. Laissez circuler ce qui émerge grâce à votre souffle, n’essayez pas d’attraper les choses elles vous échapperaient…

 

S’observer et respirer, bouger, explorer : 3 pistes pour avancer sur un chemin de redécouverte où les avancées comme les résistances font partie d’un parcours qui mène de toute façon à retrouver son essentiel.

 

Si ces conseils vous touchent mais que vous n’arrivez pas à les mettre en action, si vous sentez que quelque chose cloche dans votre sexualité sans trop savoir quoi, si vous avez l’impression d’avancer dans le brouillard et que la tâche vous semble insurmontable… Si la sexualité vous paraît terne et manquant de vie, que votre désir et votre libido sont quasi inexistants ou alors autre possibilité que vous carburez aux fantasmes pour maintenir votre envie… si vous avez une sensation de vide insatisfaisante…

alors sachez que je vous comprends car je suis allée jusqu’au bord de l’étouffement dans ce fonctionnement. Tout a changé pour moi en partant marcher 1600km à pied sur le chemin de Compostelle, et en me remettant peu à peu, grâce à mes pieds dans la Terre et aux multiples leçons de la vie, à entendre ce que mon corps disait. 70 jours de solitude, avec pour seul souci matériel de subvenir à mes besoins de base m’ont remis les idées en place et de la justesse dans mes priorités. Depuis cette période, je suis en quête de tout ce qui peut me permettre de maintenir et de faire grandir la vie et l’authenticité que j’ai trouvé à l’intérieur de moi, et qui peuvent désormais rayonner dans ma sexualité. Mes lectures, les conférences, les cours que j’ai suivi sont tous des éléments qui viennent faire grandir mes connaissances dans des domaines très variés : la massothérapie, l’anatomie-physiologie, l’acupressure, la médecine chinoise, la tradition ayurvédique, la méditation, le yoga, la sexualité sacrée, le massage abdominal Maya, le Haka… C’est en tirant l’essence de ces enseignements accumulés depuis maintenant 7 ans que j’ai pu en tirer selon moi les éléments déterminants permettant de se remettre en lien avec ses sensations et de trouver de la clarté et de la simplicité dans sa vie sexuelle.

 

Je me propose de vous faire découvrir les outils clés que j’ai identifiés et qui m’ont permis de redécouvrir la sexualité. Ils permettent aujourd’hui aux femmes qui me sollicitent de retrouver la finesse et la délicatesse de leurs ressentis intimes.

 

Je vous présenterai la semaine prochaine le programme Parcours de squaw, la squaw étant pour moi la parfaite représentation d’une femme faisant le lien entre la Terre et le vivant, une femme dans sa justesse et qui s’honore.

 

Vivez ! vivez la merveilleuse vie qui est en vous ! N’en laissez rien perdre ! Cherchez de nouvelles sensations, toujours ! Que rien ne vous effraie….

Le Portrait de Dorian Gray
[ Oscar Wilde ]

 

 

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