Comment entendre ce « oui » que dit mon vagin

Nous l’avions évoqué dans un article précédent, la notion d’abus sexuel est vaste et peut aussi bien comprendre un viol qu’une situation où l’un des partenaire ne se respecte pas dans ce « non je ne veux pas, non je ne suis pas prêt(e)» que lui indique son corps.

 

Etre prête pour une femme veut dire non seulement qu’elle est disponible pour faire l’amour, mais aussi que son vagin est disponible pour la pénétration. Visiblement et contre tout attente, ces deux éléments ne sont pas nécessairement alignés.

 

Etre prêt à faire l’amour : comment le mental s’en mêle

Alors que le corps commence à montrer clairement les premiers signes de la puberté, que la société pointe en permanence que « faire l’amour » est un passage obligatoire vers la vie d’adulte, l’adolescent peut se sentir quelque peu sous pression de passer à l’acte.

Certains parviennent à se donner le temps de trouver le partenaire avec qui ils ont vraiment envie de partager cette première fois pour qu’elle soit vécue dans l’amour et le respect. D’autres en revanche se trouvent confrontés à un partenaire pressant ou à une telle volonté de le faire absolument pour rentrer dans la norme, qu’ils ne s’écoutent plus du tout. Et alors que le corps n’est finalement pas complètement prêt, l’individu se dépêche, il se met à faire des choix pour satisfaire la volonté de son mental.

Le mouvement naturel du corps qui se réveille à son rythme lorsqu’il est animé par le désir n’est pas écouté ni même exploré. Cette urgence d’agir peut tout aussi bien se retrouver à l’âge adulte, où nous nous empressons de « faire », plutôt que « d’être » vraiment et pleinement à l’écoute de nous-mêmes.

 

Passer en force, conséquences

Le passage à l’acte dans ces circonstances a de grandes chances de faire des dégâts. La pénétration est alors souvent « passée en force », sans véritable écoute de ce que le vagin est prêt à ouvrir ou non.

Le sexe de la femme est un lieu d’expression des émotions de la femme. La joie, la peur, le désir sont tous exprimés par ce sexe, encore faut-il apprendre à l’écouter. Comme dans le reste du corps, les émotions pleinement accueillies circulent, celles qui sont réprimées restent bloquées.

Quand on fait l’amour, doucement le sexe exprime son désir en s’ouvrant, jusqu’à ce que le vagin montre à sa façon qu’il est prêt pour la pénétration. Il ne s’agit pas seulement que le vagin soit lubrifié, et que la pénétration soit agréable. Il s’agit pour les deux sexes de rentrer progressivement en contact, et de peu à peu s’accueillir l’un l’autre. Nous pourrions imaginer que les sexes se parlent, jusqu’à ce que le vagin dise « oui ça y est, tu peux venir »… Lorsque la femme apprend à entendre ce « oui » de son vagin, lorsqu’elle partage ce ressenti avec son compagnon et que ce dernier reste dans une écoute attentive, alors l’acte d’amour se base sur un respect profond. Il s’agit ici du respect mutuel qu’ont les partenaires l’un pour l’autre, mais aussi et surtout du respect que chacun manifeste envers lui-même.

 

Même s’il n’est pas écouté, le corps ne se décourage jamais, il continuera de montrer les signes de sa non disponibilité à faire l’amour ou à être pénétré. Chaque acte d’amour passé en force, tout comme chaque émotion réfrénée laissera sa trace, comme une blessure qui s’inscrit à l’échelle de quelques cellules dans le corps. Ces blessures formeront peu à peu des couches de résistances sur les zones qui ne sont pas respectées, ces couches vont peu à peu s’installer pour finalement rigidifier les parties touchées, à savoir le plus souvent chez la femme le vagin et le périnée.

Le réactivité naturelle du vagin aux frottements et à la vitesse de la pénétration étant naturellement faible (le vagin est au contraire sensible à la pression et à la lenteur), le fait que ces zones soient plus rigides les rend d’autant plus insensible et difficile à atteindre en terme de sensation de plaisir.

 

Et si je veux me respecter, quelles solutions?

Avant même d’en arriver à cette extrémité, il existe des solutions pour prendre soin de ces blessures qui se sont accumulées au fil des années.

Le premier moyen à notre disposition est la pénétration lente avec pression statique du pénis sur les zones tendues. C’est souvent la femme au début qui guidera l’homme pour lui indiquer les zones de tension, au cours même de la pénétration. Cela peut lui prendre du temps à elle, d’identifier ces zones, pour la raison simple qu’elles sont souvent en partie insensibilisées. Bien souvent il faudra beaucoup de lenteur lors de la pénétration pour mettre à jour les tensions, et beaucoup d’écoute et de patience de la femme pour les ressentir. En s’habituant à la lenteur et à la détente dans l’acte sexuel (voir article ici), il deviendra plus facile de prendre conscience des zones qui semblent plus dures, en résistance, sources de sensation de pression. Lorsqu’il est sur la zone, l’homme pourra alors rester en position statique, permettant à la femme de respirer intensément jusqu’à ce que la tension relâche. Le sexe de l’homme pratique alors une forme de massage interne, source de grand soulagement pour la femme même si la pression en elle-même est dans un premier temps peu agréable.

 

Le deuxième moyen pour la femme peut consister à utiliser un œuf de Yoni, c’est une pierre semi-précieuse en forme d’oeuf qu’elle pourra placer sur sa vulve ou dans son vagin et qui agira exactement de la même façon que le pénis de l’homme. L’œuf de Yoni permet de trouver de l’autonomie dans ce processus de guérison, tout en apprenant à explorer son corps d’un regard nouveau, empreint de respect et de lenteur. Je développerai cette approche plus en détail prochainement.

 

En libérant les charges émotionnelles qui se stockent dans son vagin, la femme s’offre la possibilité de s’alléger du poids des mémoires qui la ralentissent dans ses avancées. Partager ce processus en couple et trouver de l’autonomie avec l’œuf de Yoni peuvent être deux voies complémentaires venant accompagner la femme vers plus de conscience et de présence à elle même, et l’homme vers plus de compréhension et de respect pour sa partenaire.

 

La mémoire de la plupart des hommes est un cimetière abandonné, où gisent sans honneurs des morts qu’ils ont cessé de chérir.

Marguerite Yourcenar

 

 

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3 thoughts on “Comment entendre ce « oui » que dit mon vagin”

  1. Très bel article tout en délicatesse… Je découvre ton blog avec plaisir…
    Même à 53 ans, j’apprends des choses (l’oeuf de Yoni).
    Bravo pour le sujet de ton blog. Il y a certainement beaucoup de messages à faire passer, de blessures à panser pour aider des couples jeunes et moins jeunes à vivre une sexualité épanouie. Car quand on a une sexualité épanouie, on est mieux armé pour affronter les difficultés de la vie.
    Merci… Eliane

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