Comment définir un abus sexuel ?

La réponse à cette question semble évidente. Etre abusée, vivre un abus sexuel consiste en peu de mots à vivre un acte à caractère sexuel non désiré.

Il me semble que les formes les plus communément admises d’abus sont le viol et l’inceste. Dans ces 2 cas, la violence de l’acte sexuel se caractérise par un rapport de force plus ou moins explicite.

Selon Le Petit Larousse, abuser d’une personne c’est « tromper quelqu’un en profitant de sa complaisance ou de sa crédulité. » En lisant cette définition, je m’aperçois clairement que l’on peut aussi inclure dans cette catégorie des femmes abusées, celles pour qui le 1er rapport sexuel s’est avéré être une « tromperie ».

Celles qui n’étaient pas prêtes et à qui on a dit « ne t’en fais pas tout va bien aller », pour qui tout est allé trop vite et qui ne se sont pas senties respectées, voir vraiment humiliées,

Celles qui n’ont pas osé parler de leur peur de franchir le cap et qui ont laissé l’homme mener la danse au dépens de leurs propres besoins,

Celles qui n’ont pas osé dire non assez fort parce qu’elles ont eu peur de ne plus être aimées,

Celles qui ont manqué de la délicatesse infinie que l’on espère lorsque l’on perd sa virginité et qui se sont senties vides et tristes après cette première fois

Combien sont-elles ? Combien sommes nous ?

 

A partir d’un certain âge, qui varie selon les époques, les cultures et les milieux sociaux, faire l’amour devient un passage par lequel tous les adolescents rêvent de passer pour s’affranchir et devenir « des grands ». Ceux qui n’ont pas passé ce cap suffisamment vite se sentent à part et hors-normes, ceux qui l’ont fait sont respectables. Mais à quel prix ? Combien vivent cette première expérience au moment qui est vraiment juste pour eux ? Pourquoi sacrifier ce moment et que pourrions-nous faire pour ramener du sacré dans la relation sexuelle ?

 

Est-ce que c’est aux parents de se poser des questions sur leur éducation ? A l’école d’envisager un travail de sensibilisation qui parle aussi des émotions ? A la société de remettre en question ses fonctionnements ? Ou simplement aux individus de cultiver leur estime de soi ?

 

Si je réalise aujourd’hui que j’ai moi aussi vécu un abus sexuel, je me sens d’abord abasourdie mais je peux aussi commencer à faire des liens avec ma sexualité d’aujourd’hui.

Pouvoir accueillir cette nouvelle dans son cœur et admettre que cette expérience est une part de ce qui contribue à faire de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Aller de l’avant et raconter l’histoire de sa sexualité à son partenaire pour partir sur un terrain bien éclairé en connaissance de cause. Voici selon moi les ingrédients indispensables pour construire une sexualité saine et épanouissante dans laquelle le dialogue a sa place. Si j’apprends à écouter ces peurs qui émergent parfois alors que rien ne semble les déclencher en apparence, j’ouvre une porte vers une meilleure connaissance de moi-même. Donc plus de respect de qui je suis et de ce dont j’ai besoin.

 

Lors d’une première fois, s’agit-il uniquement pour un garçon de savoir comment « on fait l’amour » pour connaître les attentes et les besoins de sa partenaire ? Naturellement non… Même s’il l’aime très fort, il aura besoin de guidance de cette jeune-femme en face de lui et il devra faire preuve d’écoute et de patience. Il est donc essentiel qu’elle ait appris à connaître ses propres besoins et limites, et qu’elle sache se respecter car c’est elle qui devrait mener sa première danse. Même si son partenaire est plus expérimenté, elle est la seule à savoir ce qui est bon pour elle et ce qu’elle peut accueillir à ce moment précis.

 

Un vagin qui rencontre un pénis et qui danse avec lui ne se crispe pas et apprend à s’ouvrir quand on lui laisse le temps de l’approcher, d’entrer en contact, de le rencontrer lentement et progressivement, de ressentir tout ce qui vient…

 

L’univers de la sexualité est vaste et l’alchimie qui s’opère lors de chaque nouvelle rencontre sexuelle est subtile et nécessite une sensibilisation progressive. Par exemple, une prise de contact immobile du pénis et du vagin avant la pénétration permet une réelle mise en lien et la possibilité pour la femme de doucement s’ouvrir à l’expérience qui se présente.

 

Dès que possible, pour nous mêmes et pour nos enfants à qui nous transmettons le patrimoine de nos expériences sans même nous en rendre compte, apprenons à nous connaître, à écoutons nos ressentis, à nous respecter. Nous contribuerons ainsi à un monde plus sensible qui honore la diversité et qui sait faire preuve d’élégance et de subtilité, plus que d’animalité et de rudesse.

 

Il n’existe pas d’autre voie vers la solidarité humaine que la recherche et le respect de la solidarité individuelle.

Pierre Lecomte du Noüy

 

Et vous, comment pensez-vous que l’on puisse se reconstruire après un abus?

 

 

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