A la rencontre de mon orchidée

 

Je souhaite aujourd’hui vous partager une expérience que j’ai vécu, et qui m’a profondément touché : j’ai expérimenté le projet vulve proposé par Nathalie Uhlmann.

J’ai appris de façon assez naturelle par les femmes de ma lignée que mon sexe allait me servir à avoir des enfants. J’ai appris qu’il fallait qu’il soit propre, et qu’il me servait à uriner, j’ai aussi appris que je devais aller le faire contrôler de temps en temps chez un gynécologue.

Ensuite j’ai appris qu’il pouvait me donner du plaisir en découvrant la masturbation. Mais comme je n’ai jamais eu l’information par les personnes qui m’ont guidé dans la vie que mon sexe allait aussi me permettre de ressentir du plaisir, comme ma mère pouvait en ressentir avec mon père, et bien j’ai développé de la honte.

J’ai mesuré une fois adulte qu’il était essentiel que les petites filles apprennent dès leur très jeune âge que leur sexe leur servait à avoir du plaisir, ainsi elles sont en paix avec cette notion dès la base de leur construction (pour aller plus loin : Danièle Flaumenbaum, « Femme désirée, femme désirante »).

 

Mais alors il me manquait encore un pan essentiel a l’existence et à la vie dans mon sexe : celui de la conscience de sa présence un point c’est tout.

Jusqu’à présent je pouvais sentir mon sexe dans le cadre de la sexualité, lors de ma toilette, de façon souvent désagréable chez le gynécologue, je pouvais le sentir en portant et en focalisant mon attention dessus, mais qu’en était-il le reste du temps… ? Une forme de vide… rien… le néant….

Je n’avais pas encore reconnu mon sexe comme un organe à part entière, de la même façon que mes cheveux et mes yeux ont été reconnus. Mon sexe était un espace intime, secret, et certainement un peu taboo que je ne connaissais pas… j’ai donc construit dessus une image qui s’inspirait de ce que j’ai pu glâner au fur et à mesure de mon parcours : des images entraperçues dans un magazine ou un film X, des images déconnectées de la réalité, où le sexe des hommes est parfait s’il est grand et épais, et celui des femmes s’il est petit, lisse et sans poils.

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Le projet Vulve

C’est là que le projet de Nathalie a fait tout son sens pour moi. Sa proposition : se mettre en relation avec son bassin et son sexe par des pratiques de méditation et trouver un chemin à l’intérieur de soi pour se révéler et offrir son sexe à l’objectif d’un appareil photo. L’idée n’est certainement pas de passer en force, de fermer les yeux et d’écarter les cuisses en se coupant de ses sensations comme j’ai souvent pu le faire chez le gynécologue. Bien au contraire, j’ai pu trouver le fil qui me lie à mon sexe de moi à moi, là où se trouve ma plus grande vulnérabilité, et sentir physiquement et avec délicatesse que je peux maintenir ce fil même si je me montre et me révèle.

Par son accompagnement, sa présence rassurante et délicatement encourageante, Nathalie a su me guider pour dépasser mes limites, sortir de ma zone de confort et m’offrir ce beau cadeau.

J’ai trouvé dans cette expérience l’image d’une fleur d’orchidée, pleinement épanouie sur l’espace de mon sexe. Cette fleur me permet d’être en lien avec mon sexe dans toutes les situations de la vie quotidienne. Dès que j’y pense, c’est un lien délicat, une présence légère qui se manifeste. J’ai la sensation que cette expérience m’amène une dimension exploratoire de mon corps et de mon sexe qui englobe tout ce que j’ai pu sentir jusqu’à présent. Désormais, il ne s’agit plus de forcer ou de focaliser l’attention pour sentir le vivant, mais simplement de laisser fleurir ce qui est : entre mes jambes, un univers de délicatesse qui m’inonde de douceur.

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Deuxième étape : le visionnage des photos.

Le projet ne s’arrête pas là. Ces photos sont le résultat précieux de mon cheminement, et marquent cette étape charnière de mon parcours. Mais si je m’arrête là, je me retrouve face aux clichés et j’ai 2 options : soit je trouve les images belles, soit je les trouve laides. N’ayant quasi aucune représentation de ce que mon sexe rend quand il s’ouvre, mon imagination se charge du reste, et compare à ce qui est ma référence à savoir des images tirées des médias et inspirées des croyances collectives.

 

Alors Nathalie m’invite dans un premier temps à visualiser une série de photos d’autres vulves, et pour chacune elle me conte l’histoire de la femme qui est derrière. L’une est ménopausée et n’a jamais fait l’amour, l’autre a eu 4 enfants et se retrouve après s’être totalement oubliée pendant des années, une autre a vécu des abus sexuels… et alors la magie opère : je mesure par l’image combien ces sexes racontent une histoire. Je mesure que je ne les trouve ni laids ni beaux, mais qu’ils attisent simplement une grande curiosité mêlée de beaucoup de respect pour oser se révéler comme ils le font. Désormais quand je découvre une nouvelle photo, je me dis : qu’a-t-elle donc vécu ? Qu’est ce que ce sexe raconte ? Quelle est sa singularité à elle ?

 

Chaque vulve est unique, comme chaque femme est unique, comme chaque humain sur Terre, il apporte une coloration indispensable pour former le grand arc en ciel que nous sommes tous ensemble.

 

En hommage à toutes les vulves de la Terre 😉

 

 

 

Comment réveiller ses sensations ? 1/3

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Que ressentez-vous lors d’un rapport sexuel ? Vous sentez-vous proche de vos sensations au niveau des organes sexuels ou au contraire avez-vous l’impression d’être comme anesthésié et coupé de ce qu’il s’y passe ? Ressentez-vous une gêne, de la douleur ou un malaise?

 

Les raisons pour lesquelles nos sensations dans les organes sexuels s’endorment ou se figent peuvent être multiples : épisode traumatique, choc émotionnel, conditionnement… Autant de raisons qui font qu’aujourd’hui cette insensibilité peut mener à de grosses difficultés dans la sexualité comme dans la vie de couple.

On peut alors se demander : à qui parler de ce problème ? Comment aborder la chose ? Mon (futur) pa

rtenaire me comprendra-t-il/elle ? et d’ailleurs est-ce vraiment un problème, n’est-ce pas simplement ma réalité ? Peut-être que je peux faire comme si de rien n’était…

 

Et c’est bien là que le bât blesse. Il existe des solutions. A tout âge une femme, un homme, a le droit et sans doute même le devoir de se mettre en route vers ce qu’il/elle est. Son corps est son instrument de base, représentation physique de son essence et de ses particularismes. Si le corps est empêché de s’exprimer par la douleur, la crispation ou tout autre gêne qu’elle soit physiologique ou émotionnelle, alors comment l’essence peut-elle s’exprimer ?

 

Je vous propose une aventure de quelques semaines pour faire le tour de la question, et surtout découvrir des astuces concrètes pour avancer et retrouver le goût de la sensualité et du plaisir dans la sexualité.

J’aborde aujourd’hui pour vous la 1è étape de cette épopée : faire la paix avec son histoire

 

1ère étape : faire la paix avec son histoire

L’histoire est ce qu’elle est, rien ne pourra plus la changer. La renier est une erreur.

Comment construire son identité sans être en lien avec ses racines ? Même si nous ne connaissons pas nos ancêtres, c’est grâce à eux que nous sommes sur Terre et que nous avons la chance de vivre. Les Maoris, peule indigène néo-zélandais, incarnent parfaitement cette idée. Pour eux il est indispensable d’inclure les ancêtres dans tous les gestes de notre quotidien. Il ne s’agit pas d’entretenir une mémoire attachée à de vieux souvenirs,

mais plutôt d’honorer ses origines en montrant de la reconnaissance et de la gratitude pour la vie qui nous a été transmise.

Ojasvin dit « Un arbre pourra pousser très haut s’il a de solides racines, sinon au moindre coup de vent il est par terre ».

En effet, comment construire son histoire de vie sans s’appuyer sur ce qui est derrière nous ? Ouvrir les placards pour laisser les fantômes circuler ne veut pas dire qu’ils vont nous sauter au visage, on peut aussi devenir amis avec eux.

C’est un peu comme avec un enfant, s’il a peur du loup et que vous essayez de le convaincre que le loup n’existe pas, que vous cherchez avec lui pour être sûr que le loup n’est pas sous son lit, vous pouvez être ce

rtain que la vilaine bête reparaîtra tôt ou tard pour le terroriser. En revanche si vous faites en sorte que le loup devienne son copain et que vous le désacralisez, la peur pourra circuler, partir et laisser la place à autre chose.

 

Nos vieux souvenirs sont aussi une raison qui fait que nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui. Nous avons tous à apprendre de nos parcours et il est incontournable de regarder ce qui nous a construit ou du moins de l’accueillir pour pouvoir avancer sereinement.

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Tout ne peut pas être accepté, en revanche tout peut être accueilli. Il est par exemple inacceptable d’avoir été abusé, mais il est possible d’ouvrir son cœur et d’accueillir que oui, c’est bien cela qui s’est passé.

 

Il ne s’agit pas forcément d’identifier exactement tel et tel événement pour comprendre que telle et telle peur ou comportement font désormais partie de notre quotidien. Le pourquoi et le comment importent peu, l’accueil inconditionnel suffit pour permettre à l’émotion de circuler.

 

Etre en paix avec soi-même est l’étape incontournable pour accueillir ce qui est et ce qui a été avec indulgence, et avancer sereinement et légèrement vers l’avenir.

Nous avons trop souvent tendance à pointer ce qui n’est pas assez bien et à dégrader notre propre valeur, alors que c’est en cultivant l’estime de nous-même et un espace d’amour inconditionnel que nous pourrons trouver de la paix intérieure.

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Application concrète :

Si je mesure chaque jour ou chaque semaine quelques actions que j’ai menées à terme et pour lesquelles je reconnais consciemment que je suis satisfaite de moi-même, alors je m’offre une dose d’amour inconditionnel.

Il peut s’agir de très petites choses ou de plus grandes actions : j’ai réussi mon permis de conduire, j’ai fait un beau gâteau, j’ai réussi à dire non à cette situation, j’ai pu pleurer et ça m’a soulagé etc.

La reconnaissance de ces actions devrait passer par au moins une petite action matérielle, histoire de vraiment marquer le coup. Cela peut être très simple tant qu’elle est faite en conscience : allumer une bougie, s’asseoir devant la lune, mettre ses pieds nus dans l’herbe, bref s’offrir quelques minutes de quelque chose qui nous fait très envie et qu’on ne prend pas forcément le temps de faire dans le quotidien (ou du moins pas avec la conscience que l’on s’offre quelque chose).

 

Chacune de ces petites pierres ramassées sur votre route vous permettra à la fois de faire la paix avec votre histoire et d’engranger de la confiance en vous.

 

Dans la 2è étape de notre épopée, j’aborderai le thème : se mettre à l’écoute de son corps.

 

 

La pulsion sexuelle masculine

8053096918_e9daa17ac8_qIl m’a été donné la chance d’entendre des hommes confier la façon dont ils vivent avec leurs pulsions sexuelles. Ce fut une découverte gigantesque et très touchante pour moi de mesurer à quel point les pulsions sont une souffrance, vécue qui plus est dans la solitude. Je découvrais alors un aspect de la vie des hommes que je ne soupçonnais pas, dont je n’avais jamais entendu parler de façon si directe et si poignante.

 

Quand l’énergie de vie s’exprime, sa puissance est considérable et incontrôlable. Si le corps est libre, fluide, que les émotions circulent, et que le mental est à sa juste place, alors l’énergie de vie apporte un flux continu se manifestant par de la vitalité et de la joie.

En revanche si l’énergie de vie est contrainte par des tensions physiques, émotionnelles ou mentales, cette puissance naturelle qui doit malgré tout circuler se manifestera sous la forme de pulsions. Un élan de vie incontrôlable, qui doit sortir, quoi qu’il advienne.

 

La pulsion sexuelle est de cet ordre : quand l’énergie sexuelle de vie ne peut pas circuler librement, elle se manifeste par des envies subites, inopinées et irrépressibles de sexe, que l’homme peut avoir beaucoup de mal à gérer. Les seuls moyens dont l’homme dispose alors pour faire face à cela sont simples :

  • faire l’amour,
  • se masturber,
  • ou réprimer l’envie en se coupant de ses sensations (par exemple en faisant beaucoup de sport, ou en travaillant beaucoup)

 

17907447215_e2af91a1ae_qJ’ai été particulièrement marquée par le désarroi de ces hommes face à ce fait qu’ils vivaient comme une fatalité et qui était source de souffrance, leur vie étant quelque part « organisée » en fonction de ces pulsions. Une fatalité telle, qu’il semblait même inutile d’en parler car en parlant de cette souffrance, l’homme se met dans une grande vulnérabilité, avec en plus la sensation d’être dans une impasse.

 

Un besoin de sexe créé par la pulsion est autre chose qu’une envie de faire l’amour, et cela était aussi quelque chose de délicat et douloureux pour l’homme dans son rapport à la femme.

Quand l’homme s’ouvre à d’autres façons de faire l’amour, il peut commencer à sentir que cette approche dictée par le besoin ne l’aide pas à rencontrer sa compagne dans les meilleures conditions. Elle le souhaite disponible à expérimenter quelque chose, prêt à vivre une rencontre où peut-être même il n’y aura pas de pénétration. Et lui souffre de cette pulsion qui le conduit à avoir l’envie fixe de se soulager.

 

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Accueillir que quand l’énergie de vie n’est pas contrainte, la pulsion n’a plus lieu d’être. Si la tête, le cœur et le corps sont alignés, la circulation est libre

En pratique comment s’aligner ?

De façon ponctuelle, en lien avec sa respiration, se poser les questions :

« c’est comment maintenant dans mon corps ? »

puis « quelle image me vient spontanément ? »,

puis « ça me fait quoi d’observer ça ? »

Respirer.

 

Apprendre à faire de la place pour une nouvelle forme de sexualité, qui n’est plus dictée par les pulsions

En pratique : se donner des rdv pour expérimenter d’autres formes de sexualité, où les intentions sont clairement posées au début des rencontres. Peut-être que le souhait sera qu’il n’y ait pas de pénétration, ou que l’échange n’aille pas vers l’excitation, ou que les partenaires partagent au fur et à mesure leurs ressentis…

 

Oser créer sa vie et savourer l’auto-plaisir

Créer sa vie c’est oser se lancer dans l’inconnu, accueillir que l’on ne sait pas complètement qui l’on est, et que l’on ne connaît pas vraiment son environnement. En osant aller vers de nouvelles rencontres, de nouvelles activités, de nouveaux lieux et en le vivant positivement, on ouvre les cadres qui limitent habituellement dans la capacité à avoir du plaisir dans tous les instants de la vie. Il n’y a pas à ressentir la vie d’une certaine manière mais à la vivre à sa manière.

En ouvrant ces espaces d’incertitude et de joie ce sont aussi des tensions et des freins qui se lèvent, et l’énergie de vie trouve la place de circuler plus librement.

 

L’appel de la nouveauté est pulsion de vie. Quand ce sentiment fait défaut – prison, maladie, habitude, stupidité – on voudrait mourir.

Cesare Pavese, Le métier de vivre (1952)

 

 

3 étapes pour s’ouvrir à une nouvelle sexualité

Alors que l’on fait face à nos doutes et que l’on se met en quête de réponses lorsqu’il s’agit de sexualité, la confrontation à de nouvelles réalités et façons de voir les choses peut être déroutante. Les fonctionnements considérés comme acquis et indiscutables jusqu’à présent deviennent soudain des sables mouvants alors que les perspectives qui s’ouvrent peuvent inspirer un vide immense.

Comment faire pour rester serein dans cette ouverture à de nouvelles approches ? Comment rester souple dans ces explorations ?

 

Voici 3 étapes pour y aller en se respectant:

 

4754067458_f145f01c7e_q1. Rester ouvert

Se remettre en question est un phénomène naturel et sain dans la mesure ou il nous permet de réviser nos comportements et d’affirmer ou de modifier nos choix. La remise en question est donc ici une simple mise en pratique de notre capacité à être ouvert d’esprit. S’intéresser à d’autres approches de la sexualité, remplir son « réservoir à idées », laisser des petites graines de nouveauté se planter en nous… autant de façon de nourrir sa curiosité.

On restera vigilent ici à éviter de catégoriser les choses en « blanc » et « noir », mais à laisser rentrer l’information quelle qu’elle soit dans une ouverture de cœur, et à ressentir si oui ou non il y a une attirance pour cette expérimentation ou non.

Rester ouvert, c’est aussi admettre que ce qui n’est pas perçu comme significatif maintenant pourra le devenir demain.

 

2. S’approprier les choses

Explorer, sentir comment c’est pour nous à ce moment de la vie, laisser de côté, mûrir, revenir sur ses pas, goûter et savourer…

Autant de façon de laisser l’information se diffuser à l’intérieur de nous pour qu’elle fasse finalement corps avec ce que nous sommes en tant qu’individu mais aussi en tant que couple.

La sexualité est une affaire qui se joue à 2 et qui nécessite d’abord de s’approprier les choses soit même, puis un « accordage » des instruments que sont les corps. Il est essentiel de laisser les corps se parler et s’ajuster ensemble aux nouvelles possibilités qui s’offrent. Cette proposition de Jacques Ferber intervenant au sein du Sommet de la sexualité hier m’a beaucoup touché : l’homme s’installe confortablement, dans sa puissance, la femme se love contre lui et se laisse aller. Ils ne font rien, ils sont, ils laissent leurs corps s’ajuster, communiquer et s’ouvrir progressivement de cœur à cœur. Quel meilleur moyen de commencer un échange plus intime ?

 

3. Rester souple dans l’expérimentation

 3044675446_0cbb28a901_qNous avons l’habitude d’évoluer dans un monde où les règles et les structures régentent nos comportements. Sous son aspect rassurant, cette réalité amène aussi ses limitations. Par exemple, si j’ai l’habitude que faire l’amour se déroule selon un processus, c’est rassurant, et limitant à la fois, car la place pour la créativité de l’instant est restreinte.

Ainsi rester souple veut dire rester dans une fluidité et un accueil de ce qui est là. Même si je m’ouvre à de nouvelles approches de la sexualité, il se peut que ce jour là je ne le sente pas, ou que ce jour là ce qui est là est très différent de ce que j’ai imaginé, et c’est aussi ok. Il est essentiel de se laisser vivre tout en s’ouvrant. Cela pourrait grossièrement revenir à ne pas se « castrer » pour un homme, et à ne pas essayer de tout contrôler pour une femme.

 

 

L’ouverture d’esprit permet délicatement de s’imprégner de nouvelles visions et pratiques, que l’on pourra peu à peu s’approprier, pour finalement expérimenter tout en souplesse, sans se renier mais en allant avec cette nouvelle saveur.

 

Vos préjugés sont vos fenêtres sur le monde, nettoyez-les de temps en temps ou la lumière n’entrera pas.

Isaac Asimov

 

Crédits photos: y.caradec, Koshyk, justmakeit

Libre dans sa sexualité : 3 clés pour en faire une réalité

La culpabilité et la honte sont deux émotions fréquemment ressenties dans le cadre de la sexualité. Honte de son corps, honte de parler de sexe, honte de se masturber, honte d’éprouver du désir en dehors d’une relation conventionnelle homme-femme… toutes ces hontes sont souterraines, souvent vécues dans l’ombre, derrière un pseudo sur un forum, ou tout juste partagées du bout des lèvres avec le partenaire ou les ami(e)s intimes.

 

Comment vivre pleinement libre et serein dans sa sexualité ? Comment intégrer que la sexualité est naturelle? Voici 3 clés pour aller vers plus de liberté.

 

  • S’habituer à parler de ce que l’on ressent pendant l’acte sexuel

Nous avons souvent tendance à penser que certaines choses ne peuvent pas être dites car elles risquent de froisser ou d’être gênantes pour l’autre… en réalité nous aimons savoir où l’autre en est lors d’un rapport sexuel. Nous préférons souvent que l’autre soit vraiment présent plutôt que perdu dans ses pensées et agissant en mode « pilote automatique », il est donc préférable pour cela que chacun soit à l’écoute de ses propres besoins et soit capable d’en faire part à l’autre. Se parler ce n’est pas seulement se dire « j’aime ça », c’est aussi donner des détails « quand tu me touches ici ça me donne une sensation de chaleur dans le ventre ». Ce n’est pas rassurer l’autre pour lui montrer que tout va bien et qu’il est performant, c’est surtout partager ce qui se joue pour nous à ce moment-là. Oser dire « quand on est dans cette position, je ne ressens rien », c’est aussi permettre au partenaire de s’ajuster, et au couple d’évoluer dans sa sexualité.

 

  • S’habituer à laisser son corps au naturel

NuAu naturel cela signifie nu, sans artifice ni maquillage, simplement. S’habituer à voir et à regarder son corps tel qu’il est et non tel que nous l’imaginons ou tel que nous le rêvons est un moyen de renouer avec soi.

Prendre le temps de caresser ce corps des pieds à la tête pour en sentir les contours, pour se remercier d’être dans la vie, c’est commencer à s’apprendre et à s’accueillir tel que nous sommes.

Laisser de côté les attentes que nous avons envers notre propre corps, ressentir de la compassion et de l’amour pour lui, c’est aussi ouvrir son cœur à cette image de nous-même. C’est aussi un moyen tout doux d’apprendre à vivre naturellement et en fusion avec lui, que ce soit au quotidien comme dans la sexualité.

 

  • S’habituer à parler de sexualité pour faire tomber les barrières

La question de savoir si l’on est « normal » lorsqu’on vit une situation moins agréable ou inhabituelle de sa vie sexuelle revient fréquemment. Oser ouvrir la discussion et échanger sur le sujet qui nous interroge permet souvent de faire tomber les barrières qui nous isolent. Cela permet aussi bien souvent de s’apercevoir que c’est une situation classique, que d’autres sont passés par là et ont trouvé des solutions, et que les partages d’expériences bénéficient à tous. Parler de sexualité peut sembler très difficile au début, mais en se forçant les premières fois, et parce que ce sujet nous passionne tous, les langues se délient vite et le sujet devient bientôt une thématique naturelle.

 

« Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. »

Périclès

 

Et vous, comment faites-vous pour vous sentir libre dans votre sexualité?

 

3 étapes pour lâcher-prise grâce à nos sens

On entend régulièrement que pour ressentir du plaisir ou atteindre l’orgasme, il faut lâcher-prise, se laisser aller, se détendre complètement et se sentir en confiance… Oui mais, comment ?! Suffit-il de se dire « maintenant je vais me détendre » pour se détendre ? Malheureusement non, à moins d’être entraîné ! Comme beaucoup de nos compétences, celle-ci devra être travaillée et entretenue pour devenir efficiente.

C’est donc un tour de piste d’entraînement que je vous propose ici 😉

 

A l’opposé du lâcher-prise se trouve le contrôle et la retenue qui sont régis par notre mental. Nous avons la chance d’avoir un gros cerveau, incroyable machinerie tellement complexe que nous ne connaissons encore qu’une infime partie de son fonctionnement. Malheureusement cet intellect développé nous dessert lorsque nous sommes confrontés à des situations où nous avons besoin en très grande partie de notre intuition et de nos ressentis, dont la sexualité fait partie.

Quand nous sommes occupés à penser à la journée qui vient de passer, aux soucis ou à ce que notre partenaire ne fait pas comme il faut… et bien nous ne savourons plus ce qui se passe réellement et nous sommes dans le contrôle.

Si malgré cela et contre vents et marées vous faites l’amour ou vous avez un rendez-vous pour faire l’amour avec votre partenaire (voir article « comment faire l’amour même si la libido est en sommeil »), il est important de trouver une parade pour éviter que vos pensées ne vous bloquent dans un espace-temps qui n’est pas celui dans lequel vous faites l’amour maintenant.

 

Pour cela, la première étape est qu’il faut prendre conscience de nos comportements … et ça n’est pas toujours facile. Nous avons parfois des années d’habitudes à composer avec cette donnée. Bien souvent ce sont des pensées qui nous traversent l’esprit qui nous emmènent ailleurs, jusqu’à ce que quelque chose dans l’acte sexuel nous ramène à ce qui se passe au présent. En résumé c’est un peu comme d’être absent de son corps pendant un instant… Souvent nous l’identifions au moment où nous sortons de notre « rêverie ». Je vous invite donc à observer cela et à essayer « d’attraper » un de ces moments-là, à en devenir conscient.

 

Pause - Crédit photo Martin Kenny
Pause – Crédit photo Martin Kenny

Après avoir observé cette situation « sur le vif », la deuxième étape consiste à partager ce ressenti avec votre partenaire et à lui demander une courte pause (dire simplement par exemple « je n’y suis plus, j’ai besoin d’une minute »), le temps de revenir à vous. Ceci sera certainement plutôt facile à introduire si vous êtes déjà dans une démarche de communication et de respect avec votre partenaire. Pour quelques astuces à ce sujet, voir l’article « Renforcer la complicité dans sa sexualité ».

Sans forcément interrompre l’acte, il peut simplement s’agir d’arrêter de bouger, de rester unis en silence.

On pourrait se dire, « oui mais si je fais ça je vais lui couper son plaisir ! ». Mais posez-vous la question : que ressentiriez-vous si vous aviez la sensation que votre partenaire n’était pas présent à ce qu’il fait pendant que vous faites l’amour ? Que penseriez-vous si vous réalisiez qu’il n’était pas pleinement avec vous au moment où vous êtes précisément le/la plus vulnérable ? Ne serait-ce pas une sensation de solitude, de manque de respect, voir d’humiliation ? Ne pensez-vous pas que votre partenaire préfère faire une courte pause pour repartir vraiment avec vous, plutôt que de continuer avec la sensation d’être seul(e) ?

 

3è étape lors de cette courte pause, se recentrer et revenir au moment présent : fermez les yeux et concentrez-vous sur ce que vous ressentez, à savoir ce qui se joue au niveau d’un ou de plusieurs de vos 5 sens à cet instant précis. Il s’agit vraiment ici d’accueillir ce qui est là sans jugement, sans interprétation, sans chercher à ce que ce soit différent. Simplement, ce qui est là tout de suite maintenant.

Les sens à favoriser sont le toucher, l’ouïe et l’odorat. (Il me semble que le goût est moins significatif dans ce contexte mais il pourra probablement parler à certains. La vue quant à elle nous amène une telle quantité d’informations en permanence qu’elle a vite tendance à nous faire remonter dans le mental.)

Cette approche a le mérite d’être très efficace, très rapidement. Habituellement elle permet de revenir à l’instant présent en quelques secondes quand on en prend l’habitude.

 

Une fois que vous avez réussi à revenir au centre de vous mêmes, ré-ouvrez doucement les yeux et faites un petit signe à votre partenaire pour l’informer de votre « retour ». Peut-être un regard, peut-être un mot, un léger hochement de tête… quelque chose de simple et de léger, pour que la rencontre puisse se poursuivre tout naturellement.

 

Douceur - Crédit photo Rachel
Douceur – Crédit photo Rachel

 

Dans cet entraînement vers plus de lâcher-prise, je vous propose d’expérimenter ces différentes étapes avec beaucoup de compassion envers vous-mêmes. Si vous vous auto-jugez ou si vous culpabilisez du fait d’avoir beaucoup de pensées qui vous parasitent,

  • vous ne faites finalement qu’alimenter votre mental qui se fera un plaisir de nourrir les pensées encore et encore,
  • vous vous faites mal alors même que vous êtes en train d’apprendre à vous faire du bien, ça s’appelle être paradoxal(e) 😉

 

Mon conseil est donc le suivant : restez simple et naturel(le) au travers de cette découverte, soyez doux envers vous-mêmes et c’est comme ça que vous apprendrez peu à peu à lâcher-prise et à canaliser facilement vos pensées.

 

“Lâcher prise ne signifie pas ne plus jamais se soucier de personne. C’est réaliser plutôt que la seule personne sur laquelle vous avez vraiment contrôle, n’est autre que vous.”

Deborah Reber

 

Comment entendre ce « oui » que dit mon vagin

Nous l’avions évoqué dans un article précédent, la notion d’abus sexuel est vaste et peut aussi bien comprendre un viol qu’une situation où l’un des partenaire ne se respecte pas dans ce « non je ne veux pas, non je ne suis pas prêt(e)» que lui indique son corps.

 

Etre prête pour une femme veut dire non seulement qu’elle est disponible pour faire l’amour, mais aussi que son vagin est disponible pour la pénétration. Visiblement et contre tout attente, ces deux éléments ne sont pas nécessairement alignés.

 

Etre prêt à faire l’amour : comment le mental s’en mêle

Alors que le corps commence à montrer clairement les premiers signes de la puberté, que la société pointe en permanence que « faire l’amour » est un passage obligatoire vers la vie d’adulte, l’adolescent peut se sentir quelque peu sous pression de passer à l’acte.

Certains parviennent à se donner le temps de trouver le partenaire avec qui ils ont vraiment envie de partager cette première fois pour qu’elle soit vécue dans l’amour et le respect. D’autres en revanche se trouvent confrontés à un partenaire pressant ou à une telle volonté de le faire absolument pour rentrer dans la norme, qu’ils ne s’écoutent plus du tout. Et alors que le corps n’est finalement pas complètement prêt, l’individu se dépêche, il se met à faire des choix pour satisfaire la volonté de son mental.

Le mouvement naturel du corps qui se réveille à son rythme lorsqu’il est animé par le désir n’est pas écouté ni même exploré. Cette urgence d’agir peut tout aussi bien se retrouver à l’âge adulte, où nous nous empressons de « faire », plutôt que « d’être » vraiment et pleinement à l’écoute de nous-mêmes.

 

Passer en force, conséquences

Le passage à l’acte dans ces circonstances a de grandes chances de faire des dégâts. La pénétration est alors souvent « passée en force », sans véritable écoute de ce que le vagin est prêt à ouvrir ou non.

Le sexe de la femme est un lieu d’expression des émotions de la femme. La joie, la peur, le désir sont tous exprimés par ce sexe, encore faut-il apprendre à l’écouter. Comme dans le reste du corps, les émotions pleinement accueillies circulent, celles qui sont réprimées restent bloquées.

Quand on fait l’amour, doucement le sexe exprime son désir en s’ouvrant, jusqu’à ce que le vagin montre à sa façon qu’il est prêt pour la pénétration. Il ne s’agit pas seulement que le vagin soit lubrifié, et que la pénétration soit agréable. Il s’agit pour les deux sexes de rentrer progressivement en contact, et de peu à peu s’accueillir l’un l’autre. Nous pourrions imaginer que les sexes se parlent, jusqu’à ce que le vagin dise « oui ça y est, tu peux venir »… Lorsque la femme apprend à entendre ce « oui » de son vagin, lorsqu’elle partage ce ressenti avec son compagnon et que ce dernier reste dans une écoute attentive, alors l’acte d’amour se base sur un respect profond. Il s’agit ici du respect mutuel qu’ont les partenaires l’un pour l’autre, mais aussi et surtout du respect que chacun manifeste envers lui-même.

 

Même s’il n’est pas écouté, le corps ne se décourage jamais, il continuera de montrer les signes de sa non disponibilité à faire l’amour ou à être pénétré. Chaque acte d’amour passé en force, tout comme chaque émotion réfrénée laissera sa trace, comme une blessure qui s’inscrit à l’échelle de quelques cellules dans le corps. Ces blessures formeront peu à peu des couches de résistances sur les zones qui ne sont pas respectées, ces couches vont peu à peu s’installer pour finalement rigidifier les parties touchées, à savoir le plus souvent chez la femme le vagin et le périnée.

Le réactivité naturelle du vagin aux frottements et à la vitesse de la pénétration étant naturellement faible (le vagin est au contraire sensible à la pression et à la lenteur), le fait que ces zones soient plus rigides les rend d’autant plus insensible et difficile à atteindre en terme de sensation de plaisir.

 

Et si je veux me respecter, quelles solutions?

Avant même d’en arriver à cette extrémité, il existe des solutions pour prendre soin de ces blessures qui se sont accumulées au fil des années.

Le premier moyen à notre disposition est la pénétration lente avec pression statique du pénis sur les zones tendues. C’est souvent la femme au début qui guidera l’homme pour lui indiquer les zones de tension, au cours même de la pénétration. Cela peut lui prendre du temps à elle, d’identifier ces zones, pour la raison simple qu’elles sont souvent en partie insensibilisées. Bien souvent il faudra beaucoup de lenteur lors de la pénétration pour mettre à jour les tensions, et beaucoup d’écoute et de patience de la femme pour les ressentir. En s’habituant à la lenteur et à la détente dans l’acte sexuel (voir article ici), il deviendra plus facile de prendre conscience des zones qui semblent plus dures, en résistance, sources de sensation de pression. Lorsqu’il est sur la zone, l’homme pourra alors rester en position statique, permettant à la femme de respirer intensément jusqu’à ce que la tension relâche. Le sexe de l’homme pratique alors une forme de massage interne, source de grand soulagement pour la femme même si la pression en elle-même est dans un premier temps peu agréable.

 

Le deuxième moyen pour la femme peut consister à utiliser un œuf de Yoni, c’est une pierre semi-précieuse en forme d’oeuf qu’elle pourra placer sur sa vulve ou dans son vagin et qui agira exactement de la même façon que le pénis de l’homme. L’œuf de Yoni permet de trouver de l’autonomie dans ce processus de guérison, tout en apprenant à explorer son corps d’un regard nouveau, empreint de respect et de lenteur. Je développerai cette approche plus en détail prochainement.

 

En libérant les charges émotionnelles qui se stockent dans son vagin, la femme s’offre la possibilité de s’alléger du poids des mémoires qui la ralentissent dans ses avancées. Partager ce processus en couple et trouver de l’autonomie avec l’œuf de Yoni peuvent être deux voies complémentaires venant accompagner la femme vers plus de conscience et de présence à elle même, et l’homme vers plus de compréhension et de respect pour sa partenaire.

 

La mémoire de la plupart des hommes est un cimetière abandonné, où gisent sans honneurs des morts qu’ils ont cessé de chérir.

Marguerite Yourcenar