Atma Jantzu et énergie sexuelle

Il est des cas où l’on sait pertinemment pourquoi sa sexualité est au point mort, et d’autres où c’est un grand mystère.

 

Le stress, l’accumulation de tensions nous entraîne bien souvent dans cette spirale où l’on se coupe peu à peu du corps. Nous sommes alors absorbés par nos pensées, les milles choses à faire qu’exige notre quotidien et nous oublions complètement de prendre soin de nous y compris de notre vie intime. Notre véhicule, notre corps, est mis de côté au profit de tous les besoins que nous construisons mentalement et qui prennent peu à peu le devant de la scène.

 

Nourrir notre corps, alimenter notre énergie de vie, prendre soin des valeurs qui sont essentielles pour nous devient secondaire et sournoisement nous commençons à agir comme des robots. Le monde dans lequel nous vivons peut vite nous amener à cette forme de « déshumanisation », où l’on finit par perdre le sens de ce que l’on a réellement à faire sur cette planète.

 

Alors comment se reconnecter à sa source de vie, ce flux à l’intérieur de chacun de nous qui sait et qui n’a pas besoin de mentaliser ni d’analyser pour se sentir en harmonie intérieur ? De la même façon, comment se remettre en lien avec son énergie sexuelle de vie, avec son désir, et avec la liberté qui circule en chacun de nous ?

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Certains auront besoin d’aller régulièrement dans la nature, d’autres d’entreprendre un grand voyage pour prendre du recul, d’autres encore de se faire masser régulièrement pour garder le lien avec leur corps et leur essentiel, d’autres encore de faire face à un gros pépin de santé pour mieux mesurer ce qui est vraiment important pour eux…

 

Je souhaite aujourd’hui vous présenter une nouvelle approche que je trouve pleine de sens dans le cadre de cette recherche de fluidité de la circulation d’énergie : il s’agit du Atma Jantzu.

 

Le Atma Jantzu se présente comme « un art de transformation et de méditation aquatique », « un voyage de relaxation profonde en eau chaude ». Cette approche consiste à se laisser porter par l’accompagnant, et à complètement lâcher prise en se laissant aller aux mouvements qu’il impulse sur le corps flottant dans l’eau, amenant à la fois présence et état méditatif. Le contact avec l’eau chaude permet de se reconnecter avec la période prénatale où toutes les conditions étaient réunies pour notre bien-être. Le Atma Jantzu nous aligne ainsi avec notre essence profonde, nous libère des conditionnements, des blocages émotionnels, des traumatismes et du stress. Dans l’eau tout s’ouvre, tout devient fluide, l’essentiel voit le jour.

 

En quoi le Atma Jantzu peut avoir un effet sur l’énergie sexuelle ?

Par le contact avec l’eau et l’intention du thérapeute d’être pleinement dans le mouvement juste et spontané que le corps qu’il guide appelle, l’Atma Jantzu est une approche pleine de vie. Elle ne consiste pas à reproduire une série de mouvements codifiés, mais surtout à laisser être ce qui doit se libérer, ce qui doit bouger. L’eau appelle la vie, les mouvements spontanés également. Ce mélange unique amène une plus grande liberté et fluidité intérieure, englobant le corps dans son ensemble, y compris dans le bassin et le sexe qui sont souvent largement comprimés et figés par le stress et les tensions.

En ramenant de la circulation et du drainage dans le bassin, on favorise une meilleure circulation sanguine, lymphatique et énergétique dans le corps dans son ensemble, ainsi qu’une plus grande cohésion entre le haut et le bas du corps.

 

Pour aller plus loin, je vous invite à regarder ces vidéos qui en disent plus long que de beaux discours : http://keepcoolman.wix.com/atma-janzu#!blank-6/cdst

 

A très bientôt, peut-être pour un cours de Atma?!

Comment éveiller son corps

Une femme me témoignait l’autre jour qu’elle s’était réveillée un matin avec soudain une sensation de plaisir dans tout le corps, partant de l’épicentre de son sexe. Elle était un peu encombrée par cette sensation : d’un côté c’était plaisant, de l’autre elle trouvait cela étrange et gênant que cette sensation ait pu naître d’elle-même, sans même de stimulation par un partenaire.

Je lui partageais alors ma vision de ce phénomène qui est parfois spontané, et qui parfois naît à la suite d’un temps de relaxation intense du corps.

J’observe que les massages notamment peuvent mener à des sensations qui pourraient s’apparenter au plaisir à la naissance du désir sexuel. Il est important pour moi aujourd’hui de préciser que justement, là où il pourrait y avoir un pont vers la sexualité, il n’y a pas non plus de nécessité à cela, il est possible d’explorer ces sensations sans avoir à plonger dans un état d’excitation. La tentation est parfois très grande, mais pourquoi ne pas essayer d’ouvrir son champ de possible et d’aller vers l’inconnu ?

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Le massage, de mon point de vue, est un moyen puissant de se mettre en lien avec son énergie de vie que l’on peut aussi appeler énergie sexuelle de vie, ce fluide qui nous traverse et qui nous invite à aller de l’avant et à créer. Le massage dénoue les tensions et les nœuds émotionnels qui encombrent le corps, il permet la mise en mouvement de l’énergie de vie qui était avant cloisonnée et enfreinte dans sa circulation.

Quand l’énergie de vie se réveille, c’est tout le corps qui réagit, y compris le sexe. Nous n’avons que peu l’habitude de ressentir de l’énergie dans notre sexe sans sauter sur l’occasion pour aller vers l’excitation.

Mais qu’en est-il par exemple si on laisse la respiration diffuser cette sensation dans tout le corps ?

Que se passe-t-il si l’on peut simplement savourer la douceur de l’éveil du corps, comme une longue ondulation qui nous traverse des pieds à la tête?

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Pour moi, c’est comme si cela permettait d’éveiller l’ensemble de son corps à la notion de plaisir, plutôt que de la cantonner aux habituelles zones érotiques, et en particulier à la zone génitale.

C’est par conséquent un moyen de sentir l’ensemble de son corps « nourri » par ce fluide vital qui énergise, c’est aussi un moyen de sentir toutes les parties de son corps reliées les unes aux autres, là où l’on peut avoir la sensation d’avoir une coupure au niveau de la taille, ou encore le tronc qui n’est pas vraiment solidaire avec les jambes.

Enfin c’est une sensation qui à coup sûr est nourrissante, là où la course vers l’excitation et l’orgasme peuvent parfois laisser un goût d’amertume, de « pas assez bien », ou encore de vide.

Cette pratique est simple à expérimenter, même si elle n’est pas facile car elle nous met face à des habitudes et aux pulsions sexuelles qui nous mènent droit vers l’excitation. Je vous invite simplement, quand vous sentirez la prochaine fois ce flux d’énergie -qui ressemble à l’excitation sexuelle- vous parcourir, à mettre votre attention sur votre respiration : sentez que votre souffle peut vous permettre de faire voyager la sensation dans l’ensemble de votre corps. Vous pouvez sentir qu’elle peut se diffuser jusqu’au bout de vos doigts et au bout de vos orteils, peut-être cela pourra vous aider de placer votre attention sur ces extrémités. Savourez cet état et laissez le perdurer le plus longtemps possible.

 

« Le bonheur n’est pas une destination à atteindre, mais une façon de voyager »

 

Crédit photos: Ajay Narayanan, Parg, Samuel Raj

Stress vs Etincelle de joie & sexualité

Joie 3 La joie, cette petite étincelle qui se niche au fond du ventre, dans le coeur ou dans tout le corps et qui nous donne du plaisir. Cette émotion qui nous amène une ouverture et une capacité à vivre la vie en la croquant pleinement. Cette capacité à regarder la vie avec des yeux d’enfant et à jouir de ce qui est, au présent.

Quand avez-vous ressenti une étincelle de joie la dernière fois? Pensez-vous qu’il faille de grandes choses pour atteindre cet état? J’expérimente au contraire que cet état est présent et disponible en nous à tout instant.

 

Essayez seulement:

Installez vous confortablement, assis de préférence, le dos bien droit, les pieds bien à plat au sol. Commencez par imaginer des racines qui partent depuis sous vos pieds et votre sacrum et qui s’enfoncent dans la Terre. Elles traversent les croûtes terrestres, s’enfoncent dans les profondeurs, vont s’accrocher autour du noyau de la Terre. Sentez l’énergie de la Terre qui remonte par vos racines, puis vos jambes et votre colonne pour envahir votre corps. Puis imaginez un fil qui tire le sommet de votre crâne vers le ciel. Vous êtes entre ces deux pôles: les racines et le fil, la colonne bien droite. Maintenant remettez-vous en lien avec un souvenir magnifique, un moment parfait pour vous, un espace-temps irréprochable, laissez ce souvenir s’installer, revenir à vous sous tous ses aspects: les sons, les odeurs, les présences, les contacts, les images. Prenez le temps de savourer cela, et maintenant prenez conscience de comment c’est dans votre corps à cet instant: que se passe-t-il? comment vous sentez-vous? Pensez-vous que cela puisse s’appeler de la joie…?!

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Je vois aujourd’hui la sexualité comme un espace joyeux, de partage et de plaisir mais ce ne fut pas toujours le cas. Comment se sentir en éveil et en désir, autrement dit dans un état d’ouverture et de disponibilité, si la joie est une sensation que nous ne savons pas atteindre en autonomie? C’est un constat qui fut difficile pour moi, de mesurer à quel point j’étais éteinte à l’intérieur, uniquement centré sur ce qui se jouait dans mon mental et incapable de voir et de ressentir la joie dans mon corps. Alors je recherchais dans la sexualité des sensations fortes, et elles seules me ramenaient à mon corps et au pétillant, qui, je le découvrais à posterori, est en fait là en permanence.

Quand le corps est remis sous la lumière de notre attention, on s’aperçoit qu’il nous envoie des centaines de signaux à chaque instant. Le stress, la tension permanente, des modes de vie à 100 à l’heure, nous coupent de tout cela. Nous sommes amenés à fonctionner sur un mode d’action en permanence, il faut faire ceci et cela. En revanche s’accorder de la détente, du temps pour soi, prendre soin de soi et de son féminin ne sont pas mis à l’honneur. On y attribue plutôt le jugement de valeurs « ne rien faire ». On a alors le choix entre faire, et être reconnu pour cela, ou ne rien faire. Et si on pouvait plutôt s’accorder d’osciller entre faire et être? Entre l’action et le ressenti?

Le stress n’est pas forcément négatif, c’est un moteur et un moyen d’avancer dans notre vie en sortant de notre zone de confort. Il a simplement besoin d’être soulagé de manière équivalente par à un état de détente et de relâche.

Etre capable de vivre dans cette oscillation entre des moments de grande intensité où l’action et la réflexion sont au coeur de nos préoccupations, et des fenêtres où l’on se recentre à l’intérieur de soi, voilà un moyen de trouver de l’harmonie dans sa vie tout comme dans sa sexualité.

JoieAujourd’hui j’invite les personnes que j’accompagne au travers de mes soins à se remettre en lien avec leur corps et avec les sensations qui s’y jouent. Et bien souvent la joie et le pétillement sont à portée de main, juste derrière le filtre du  mental qui nous mobilise ailleurs que là où le joie se manifeste. C’est ensuite un chemin de ré-éducation, où l’on entraîne le fait de remettre les priorités là où elles nous sont bénéfiques. On s’habitue à écouter et à faire de la place pour ce qui est agréable dans notre corps, plutôt qu’à se laisser envahir inconsciemment par les tensions et le stress.

 

De la joie pure jaillit toute création. Par la joie elle est soutenue, vers la joie elle se dirige et à la joie elle retourne. »

Proverbe sanskrit.

 

Et vous, quels sont vos chemins pour cultiver la joie dans votre quotidien?

 

 

 

Comment réveiller ses sensations 2/3

Si la notion d’insensibilité, de gêne, de douleur ou de mal-être au niveau des organes génitaux dans le cadre notamment de la sexualité vous parle, cet article, faisant partie d’une suite de 3 publications, est l’occasion de trouver des réponses concrètes à vos problèmes. Dans cette 2è étape, j’aborderai une thématique que j’intitule « Ecouter son corps ».

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Je dis souvent dans le cadre de mes cours de massage : le stress n’est pas négatif, c’est grâce à lui que nous pouvons solliciter nos muscles. Le stress nous permet donc littéralement d’avancer. En revanche, sans relaxation, son exact opposé, le stress devient toxique et nocif, il peut alors notamment créer de l’insensibilité.

 

Quand le corps s’endort, que les sensations s’engourdissent voir disparaissent, la première étape est déjà de prendre conscience de ce qui est. Ne rien ressentir, c’est ressentir qu’il n’y a rien, et c’est déjà une énorme part du travail qui est fait. Cette réalisation permet d’accueillir ce qui est et d’ouvrir un chemin vers l’avenir. Maintenant que j’ai constaté que je ne sens rien, et que je m’attache à mettre de la paix (voir article précédent proposant une approche pour faire la paix) sur la situation, que puis-je faire ?

 

La prochaine étape consistera donc naturellement à transformer le stress qui s’est accumulé pour permettre au corps de retrouver son mouvement naturel et sa fluidité. L’expression populaire « Le mouvement c’est la vie » nous renvoie au simple fait que bouger nous amène une meilleure circulation, qu’elle soit sanguine, lymphatique ou énergétique. Un blocage quel qu’il soit dans le corps, empêche une bonne circulation et réduit de fait la vitalité et la sensibilité.

 

Quand on ne ressent plus rien au niveau des organes génitaux, le blocage est peut-être à cet endroit précisément, peut-être pas. C’est grâce au mouvement du corps dans son ensemble que l’on pourra commencer à avancer et résoudre la situation. In utero, le mouvement et la perception sensorielle sont intriqués. C’est à partir du mouvement que le cerveau se développe.

 

Partant de ces constats, comment procéder, concrètement ?

 

  • Une première base : s’observer et respirer

6883077908_0d3238bce3_qQuand une tension, un blocage, une gêne, une douleur se présente dans notre corps, la première chose est d’y prêter attention et de ressentir vraiment ce qui est là. Dans le cas d’une tension, il est impressionnant d’observer ce que cela apporte de simplement respirer, en conscience.

En pratique: si la zone dont vous avez besoin de prendre soin se trouve par exemple être votre bas-ventre, essayez de concentrer toute votre attention sur votre bas-ventre et votre souffle. Comme si chaque inspiration que vous faites remplissait votre bas-ventre de lumière et chaque expiration vidait votre bas-ventre de ce qui créé la douleur (tensions physiques, émotions etc). Il est essentiel de rester vraiment dans une attention délicate et douce envers vous-même, et pas dans une attention crispée où il « faut » absolument rester attentif ; vous seriez sinon contre-productif.

 

  • une deuxième base : bouger

Bouger son corps tout en restant à l’écoute de soi-même, voilà tout un challenge. Loin des obligations conventionnelles et des esprits compétitifs qui trouveront toujours le moyen de se pousser à bouger, je vous propose de prendre le temps d’expérimenter le mouvement fluide. J’entends pas là un mouvement qui permet à votre corps de s’exprimer tel qu’il en a besoin à ce moment-là, selon son propre rythme et surtout avec la notion de plaisir en toile de fond.

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En pratique : choisissez une musique qui vous inspire la fluidité à ce moment-là. Choisissez un morceau de tissu, un foulard : quelque chose de fluide. Commencez par faire 3 grandes respirations (attentives et délicates ;-), laissez venir cette sensation de paix qui émerge quand il n’y a plus que le souffle qui compte. Commencez par faire onduler ce voile que vous agitez lentement devant vous puis laissez-vous inspirer par cette fluidité et allez doucement vous-même vers les mouvements qui émergent. Un peu comme si vous laissiez sortir de votre ventre les mouvements de vos bras, de vos jambes et surtout de votre bassin. Votre bassin est au cœur du mouvement que vous produisez. Imaginez que vous êtes une pieuvre majestueuse : des gestes doux et fluides qui partent comme des ondes depuis votre bassin vers l’extérieur. Observez vos pensées sans vous y accrocher en revenant systématiquement à votre respiration, et laissez vous onduler dans la fluidité. Quelque soit le style de musique il est possible d’être dans la fluidité et le calme intérieur.

 

  • une troisième suggestion : explorer

5813985352_ce5a155bb3_qLa sexualité est rarement enseignée sous l’angle du plaisir. Souvent la femme peut avoir la tendance à attendre    que l’homme la satisfasse sans même savoir elle-même ce qu’elle aime et ce qu’elle souhaite. Souvent l’homme aura tendance à agir avec la femme et avec son sexe de la même façon qu’il agirait avec le sien, et ne comprend pas que le résultat ne soit pas à la hauteur de ses attentes. Ces décalages et méconnaissances ajoutés à des difficultés à communiquer créent à force de répétition, des frustrations qui s’accumulent. L’attention n’est alors plus sur la finesse des sensations qui émergent, mais plutôt sur les attentes, les gênes et les non-dits.

Avant de rentrer en relation avec un partenaire, je vous propose une pratique simple, même si elle n’est pas forcément facile, pour retrouver une connexion dans la simplicité avec soi-même, avec son corps et en particulier avec son sexe.

 

En pratique : Installez vous confortablement, couché ou assis, mettez vous en lien avec votre respiration de façon détendue et attentive à la fois. Posez une main sur votre cœur, l’autre sur votre bas ventre, sentez votre souffle aller d’une main à l’autre. La pratique consiste à simplement rester dans l’immobilité, en conscience de la respiration qui circule d’une main à l’autre, et à ressentir ce qu’il se passe dans le corps. Peut-être qu’il n’y a aucune sensation, et c’est ok, osez rester un moment ainsi, avec votre souffle pour accueillir cela. Peut-être que la sensation est localisée sur la zone de contact, là où le toucher se fait. Peut-être que la sensation s’étend ailleurs dans le corps grâce à la respiration.

Le fil rouge de cette pratique est d’une part la respiration, et d’autre part l’observation. Laissez circuler ce qui émerge grâce à votre souffle, n’essayez pas d’attraper les choses elles vous échapperaient…

 

S’observer et respirer, bouger, explorer : 3 pistes pour avancer sur un chemin de redécouverte où les avancées comme les résistances font partie d’un parcours qui mène de toute façon à retrouver son essentiel.

 

Si ces conseils vous touchent mais que vous n’arrivez pas à les mettre en action, si vous sentez que quelque chose cloche dans votre sexualité sans trop savoir quoi, si vous avez l’impression d’avancer dans le brouillard et que la tâche vous semble insurmontable… Si la sexualité vous paraît terne et manquant de vie, que votre désir et votre libido sont quasi inexistants ou alors autre possibilité que vous carburez aux fantasmes pour maintenir votre envie… si vous avez une sensation de vide insatisfaisante…

alors sachez que je vous comprends car je suis allée jusqu’au bord de l’étouffement dans ce fonctionnement. Tout a changé pour moi en partant marcher 1600km à pied sur le chemin de Compostelle, et en me remettant peu à peu, grâce à mes pieds dans la Terre et aux multiples leçons de la vie, à entendre ce que mon corps disait. 70 jours de solitude, avec pour seul souci matériel de subvenir à mes besoins de base m’ont remis les idées en place et de la justesse dans mes priorités. Depuis cette période, je suis en quête de tout ce qui peut me permettre de maintenir et de faire grandir la vie et l’authenticité que j’ai trouvé à l’intérieur de moi, et qui peuvent désormais rayonner dans ma sexualité. Mes lectures, les conférences, les cours que j’ai suivi sont tous des éléments qui viennent faire grandir mes connaissances dans des domaines très variés : la massothérapie, l’anatomie-physiologie, l’acupressure, la médecine chinoise, la tradition ayurvédique, la méditation, le yoga, la sexualité sacrée, le massage abdominal Maya, le Haka… C’est en tirant l’essence de ces enseignements accumulés depuis maintenant 7 ans que j’ai pu en tirer selon moi les éléments déterminants permettant de se remettre en lien avec ses sensations et de trouver de la clarté et de la simplicité dans sa vie sexuelle.

 

Je me propose de vous faire découvrir les outils clés que j’ai identifiés et qui m’ont permis de redécouvrir la sexualité. Ils permettent aujourd’hui aux femmes qui me sollicitent de retrouver la finesse et la délicatesse de leurs ressentis intimes.

 

Je vous présenterai la semaine prochaine le programme Parcours de squaw, la squaw étant pour moi la parfaite représentation d’une femme faisant le lien entre la Terre et le vivant, une femme dans sa justesse et qui s’honore.

 

Vivez ! vivez la merveilleuse vie qui est en vous ! N’en laissez rien perdre ! Cherchez de nouvelles sensations, toujours ! Que rien ne vous effraie….

Le Portrait de Dorian Gray
[ Oscar Wilde ]

 

 

Comment réveiller ses sensations ? 1/3

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Que ressentez-vous lors d’un rapport sexuel ? Vous sentez-vous proche de vos sensations au niveau des organes sexuels ou au contraire avez-vous l’impression d’être comme anesthésié et coupé de ce qu’il s’y passe ? Ressentez-vous une gêne, de la douleur ou un malaise?

 

Les raisons pour lesquelles nos sensations dans les organes sexuels s’endorment ou se figent peuvent être multiples : épisode traumatique, choc émotionnel, conditionnement… Autant de raisons qui font qu’aujourd’hui cette insensibilité peut mener à de grosses difficultés dans la sexualité comme dans la vie de couple.

On peut alors se demander : à qui parler de ce problème ? Comment aborder la chose ? Mon (futur) pa

rtenaire me comprendra-t-il/elle ? et d’ailleurs est-ce vraiment un problème, n’est-ce pas simplement ma réalité ? Peut-être que je peux faire comme si de rien n’était…

 

Et c’est bien là que le bât blesse. Il existe des solutions. A tout âge une femme, un homme, a le droit et sans doute même le devoir de se mettre en route vers ce qu’il/elle est. Son corps est son instrument de base, représentation physique de son essence et de ses particularismes. Si le corps est empêché de s’exprimer par la douleur, la crispation ou tout autre gêne qu’elle soit physiologique ou émotionnelle, alors comment l’essence peut-elle s’exprimer ?

 

Je vous propose une aventure de quelques semaines pour faire le tour de la question, et surtout découvrir des astuces concrètes pour avancer et retrouver le goût de la sensualité et du plaisir dans la sexualité.

J’aborde aujourd’hui pour vous la 1è étape de cette épopée : faire la paix avec son histoire

 

1ère étape : faire la paix avec son histoire

L’histoire est ce qu’elle est, rien ne pourra plus la changer. La renier est une erreur.

Comment construire son identité sans être en lien avec ses racines ? Même si nous ne connaissons pas nos ancêtres, c’est grâce à eux que nous sommes sur Terre et que nous avons la chance de vivre. Les Maoris, peule indigène néo-zélandais, incarnent parfaitement cette idée. Pour eux il est indispensable d’inclure les ancêtres dans tous les gestes de notre quotidien. Il ne s’agit pas d’entretenir une mémoire attachée à de vieux souvenirs,

mais plutôt d’honorer ses origines en montrant de la reconnaissance et de la gratitude pour la vie qui nous a été transmise.

Ojasvin dit « Un arbre pourra pousser très haut s’il a de solides racines, sinon au moindre coup de vent il est par terre ».

En effet, comment construire son histoire de vie sans s’appuyer sur ce qui est derrière nous ? Ouvrir les placards pour laisser les fantômes circuler ne veut pas dire qu’ils vont nous sauter au visage, on peut aussi devenir amis avec eux.

C’est un peu comme avec un enfant, s’il a peur du loup et que vous essayez de le convaincre que le loup n’existe pas, que vous cherchez avec lui pour être sûr que le loup n’est pas sous son lit, vous pouvez être ce

rtain que la vilaine bête reparaîtra tôt ou tard pour le terroriser. En revanche si vous faites en sorte que le loup devienne son copain et que vous le désacralisez, la peur pourra circuler, partir et laisser la place à autre chose.

 

Nos vieux souvenirs sont aussi une raison qui fait que nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui. Nous avons tous à apprendre de nos parcours et il est incontournable de regarder ce qui nous a construit ou du moins de l’accueillir pour pouvoir avancer sereinement.

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Tout ne peut pas être accepté, en revanche tout peut être accueilli. Il est par exemple inacceptable d’avoir été abusé, mais il est possible d’ouvrir son cœur et d’accueillir que oui, c’est bien cela qui s’est passé.

 

Il ne s’agit pas forcément d’identifier exactement tel et tel événement pour comprendre que telle et telle peur ou comportement font désormais partie de notre quotidien. Le pourquoi et le comment importent peu, l’accueil inconditionnel suffit pour permettre à l’émotion de circuler.

 

Etre en paix avec soi-même est l’étape incontournable pour accueillir ce qui est et ce qui a été avec indulgence, et avancer sereinement et légèrement vers l’avenir.

Nous avons trop souvent tendance à pointer ce qui n’est pas assez bien et à dégrader notre propre valeur, alors que c’est en cultivant l’estime de nous-même et un espace d’amour inconditionnel que nous pourrons trouver de la paix intérieure.

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Application concrète :

Si je mesure chaque jour ou chaque semaine quelques actions que j’ai menées à terme et pour lesquelles je reconnais consciemment que je suis satisfaite de moi-même, alors je m’offre une dose d’amour inconditionnel.

Il peut s’agir de très petites choses ou de plus grandes actions : j’ai réussi mon permis de conduire, j’ai fait un beau gâteau, j’ai réussi à dire non à cette situation, j’ai pu pleurer et ça m’a soulagé etc.

La reconnaissance de ces actions devrait passer par au moins une petite action matérielle, histoire de vraiment marquer le coup. Cela peut être très simple tant qu’elle est faite en conscience : allumer une bougie, s’asseoir devant la lune, mettre ses pieds nus dans l’herbe, bref s’offrir quelques minutes de quelque chose qui nous fait très envie et qu’on ne prend pas forcément le temps de faire dans le quotidien (ou du moins pas avec la conscience que l’on s’offre quelque chose).

 

Chacune de ces petites pierres ramassées sur votre route vous permettra à la fois de faire la paix avec votre histoire et d’engranger de la confiance en vous.

 

Dans la 2è étape de notre épopée, j’aborderai le thème : se mettre à l’écoute de son corps.

 

 

3 clefs de base pour ralentir et mieux savourer sa sexualité

5324122690_0f042f961e_q Notre société orientée vers la production et poussée à son extrême nous amène à adopter des comportements parfois dénués d’humanité. Nous avançons coûte que coûte, même si au passage nous perdons des plumes.

Pour produire il « faut » être fort, il « faut » réussir, il « faut » passer par telle et telle voie toute tracée. La sexualité ne manque pas à cette règle : nous sommes persuadés de devoir produire un orgasme, et que pour se faire il faut avoir du désir au bon moment, être performant et cependant à l’écoute de l’autre.

 

Ces croyances nous enferment peu à peu dans un fonctionnement qui se sclérose. Nous construisons peu à peu une sorte de cadre dans lequel il est « normal » d’évoluer et dans lequel nous avons tendance à nous crisper encore plus si quelque chose n’est pas conforme à nos plans.

Mais quelle place reste-t-il pour aller avec ce que la mouvance de la vie nous amène ? Quelle réaction avons-nous face à un imprévu qui s’invite dans un engrenage bien huilé? Quelle disponibilité avons-nous pour assouplir nos fonctionnements et aller avec le vent ?

 

Pourquoi apprenons-nous à rester conformes et constants quand la vie est faite de changements et de particularismes individuels ?

 

Et vous, que se passe-t-il en vous quand votre sexualité n’est pas celle que vous rêveriez qu’elle soit ? Une baisse de libido, du mal à communiquer avec votre partenaire, ou des difficultés à lâcher-prise et à avoir du plaisir pendant que vous faites l’amour… ?

 

Voici 3 clefs de base pour ralentir et mieux savourer sa sexualité…

 

  1. Ralentir et revenir aux sens

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Le slow sex est un mouvement prônant la lenteur dans la sexualité. De la même façon que le slow food est un moyen de nourrir son corps de façon respectueuse, le slow sex sera un moyen de retrouver de l’intensité et du plaisir dans des gestes simples. L’objectif n’est pas d’aller lentement pour le plaisir de s’économiser, mais bien de renouer avec l’ensemble des informations que nous transmettent nos sens.

Quand un bébé arrive sur Terre, et qu’on lui propose un massage, on s’aperçoit qu’il est très vite saturé par la foule d’informations qu’il reçoit quand on le masse. Au bout d’un court moment (10-15minutes) il a besoin qu’on lui laisse le temps d’assimiler ce qu’il découvre. En vieillissant, nous perdons parfois complètement la fraîcheur de cette intensité et il nous en faut toujours plus pour avoir du plaisir ou pour ressentir du désir.

 

Pour revenir à de la simplicité, la première clef consiste à se raccrocher à quelque chose de très concret et facile d’accès : les 5 sens.

Quand on s’entraîne simplement à écouter ce qui se joue au niveau de nos sens, et qu’on développe peu à peu ces capacités, le potentiel se déploie et amène beaucoup de profondeur et de subtilité en quelques gestes simples. (Pour aller plus loin sur ce thème des 5 sens, voir cet article)

 

  1. Respirer

207220245_137f148bc0_qQuand tout s’emballe, que l’on s’embarque dans des difficultés à communiquer, ou que rien ne va plus, nous avons la fâcheuse tendance naturelle à nous mettre en apnée.

Or la respiration est LA clef autour de laquelle tous les maîtres et les grandes traditions spirituelles construisent leurs approches.

Porter une délicate attention à l’air qui rentre et qui sort au niveau de ses narines, en observant simplement les pensées qui se présentent et en revenant toujours à ressentir ce qui se passe au niveau des narines : voilà comment respirer en conscience.

Cette approche est remarquable car elle permet d’instaurer une paix intérieure de façon quasi instantanée.

 

  1. Trouver de la souplesse

16995277029_896c2ddee2_qSe fixer un objectif et tout mettre en œuvre pour y parvenir est une mécanique qui peut permettre de se dépasser. En revanche la limite de ce système est qu’il pousse à aller chercher le résultat coûte que coûte, même si cela passe «  en force ».

Se poser un cap pour définir où l’on souhaite arriver, et rester ouvert à la façon dont cela se fera est une approche qui incite à avoir confiance que la vie amènera ce qu’il faut sur la route pour y arriver. La souplesse est un atout qui se développera alors pour permettre de voir les problèmes ou les difficultés comme des cailloux sur lesquels on peut rebondir pour traverser la rivière.

Comment envisager sa sexualité selon ce prisme ? Et si le seul souhait des partenaires consistait à partager un moment d’intimité à 2, sans autre intention que de connecter leurs corps et leurs cœurs ? Qu’est ce que cela apporterait que la pénétration ne soit même pas nécessaire ? Ou que le cap soit simplement de rester dans la pénétration sans aller vers l’excitation (voir article) ?

Quelle est la première image qui vous vient quand je vous évoque la souplesse ? Pourriez-vous la visualiser maintenant et ressentir ce que cela fait dans votre corps ?

Pour moi si je pense à la souplesse je ressens comme une onde qui part de mon bas ventre et remonte jusque vers ma poitrine. Dans les moments où je sens que je me fige sur des croyances ou des idées toutes faites, cette image de la vague est très précieuse pour me permettre d’aller vers plus de flexibilité et de souplesse. Pour m’aider à y avoir recours, je pourrais m’aider en affichant l’image de cette vague dans ma maison, ou encore sur le fond d’écran de mon ordinateur.

 

 

Ralentir, respirer, rester souple, 3 clefs pleines de simplicité qui ont besoin d’être entraînées et pratiquées dans le quotidien pour mieux savourer sa sexualité et sentir combien cela peut impacter le plaisir.

 

 

« Tout ce qui doit durer est lent à croître »

Louis de Bonald

 

 

Cet article a été écrit sur l’invitation du blog C’éclair et dans le cadre du festival « A la croisée des Blogs » Edition n°82 – Juillet 2015 – Ralentir pour réussir. On doit ce festival au site developpementpersonnel.org qui regroupe des blogueurs et blogueuses francophones.

3 Conseils de printemps pour dépoussiérer sa sexualité

Alors que le printemps nous amène son énergie débordante de vie et l’envie de repartir du bon pied, je propose aujourd’hui de revoir quelques unes des croyances en lien avec la sexualité qui peuvent nous limiter dans nos explorations vers une sexualité qui nous parle.

 

1. L’érection est indispensable pour faire l’amour

4560562097_67841b6980_mL’érection ne résiste pas au stress. Cet état de fait nous vient de l’époque où l’homme des cavernes était en permanence aux aguets pour assurer sa survie. Entre la survie et la reproduction, c’est bien sur la survie qui l’emportait. L’homme devait donc être capable de débander très vite, pour être pleinement capable de survivre.

Aujourd’hui encore le moindre stress, ou une quelconque pression ressentie par l’homme peuvent lui causer des troubles de l’érection. Il est donc essentiel pour l’homme de se rappeler qu’il n’a rien à faire, juste à avoir du désir. En se laissant guider par le désir qui émerge, et en osant aller pleinement dans sa puissance d’homme, il est possible de faire l’amour sans érection et de vivre cela en connexion forte avec la femme. Accueillir sa puissance d’homme est une clef pour l’homme qui veut retrouver son érection.

Selon certaines lectures, l’érection est aussi symboliquement le message « Je suis en vie ». L’absence d’érection peut donc être une invitation pour l’homme à « se mettre en vie » seul, par lui même. Autrement dit à couper le cordon ombilical avec sa mère pour retrouver « l’envie d’avoir envie ».

 

2. Faire l’amour est un besoin pour l’homme plus que pour la femme

L’homme comme la femme ont besoin que leur énergie de vie circule, et ils ont besoin que cette énergie soit régulée. L’homme comme la femme peuvent apprendre à trouver des chemins d’autonomie dans ce processus de régulation, mais souvent la sexualité sera utilisée comme « exutoire ».
Alors que l’énergie de vie est naturelle, elle n’est pas forcément accueillie comme telle dans notre société et/ou au sein de la famille. Un sexe en érection est ainsi naturel dans l’enfance, naturel chez un homme qui se réveille, mais devient tout de suite symbole de désir sexuel en dehors de cela. Pourquoi ?
Ainsi un garçon apprend que son sexe en érection est synonyme de désir de sexualité et que l’on ne doit pas voir son sexe en érection en dehors de ses phases d’excitation sexuelle. Il apprend indirectement à comprimer son énergie de vie pour « rentrer dans le cadre » et ne rien laisser paraître. Cette énergie écrasée, ressortira de toute façon par un moyen ou par un autre, et sa manifestation la plus connue est celle des pulsions sexuelles : une envie immédiate et irrépressible de sexe.

Ces pulsions sont plus visibles chez l’homme chez qui le sexe est considéré dans le Tantra comme son « pôle positif », la zone « d’où tout part ». Chez la femme ce pôle positif se trouve au niveau du cœur. Ainsi une femme dont l’énergie de vie est comprimée se trouvera souvent « le cœur lourd ».

 

Ainsi il n’y a pas de besoin plus fort pour l’homme que pour la femme : il est simplement exprimé différemment. L’homme aura envie de sexe, la femme d’être prise dans les bras et écoutée.

De plus le terme « besoin » n’est pas approprié ici, nous n’avons pas « besoin » de faire l’amour, il n’y a pas de besoin sauf dans la tête. L’énergie de vie peut tout à fait être régulée de façon autonome et nous pouvons ensuite avoir le désir de partager un temps fort avec notre compagne/compagnon.

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3. Quand la libido est en baisse, il faut innover

Je l’évoquais déjà dans un post précédent, il est possible de faire l’amour même si la libido est en sommeil.

En revanche c’est rarement en essayant de performer au-delà de ce que l’on a déjà atteint que l’on trouve son épanouissement sexuel. Au contraire, il y a plutôt un risque de surenchère un peu comme une personne qui va faire du shopping pour compenser sa frustration. Ça permet de se changer les idées et de fuir la réalité un instant, mais dès l’action terminée, le problème revient et laisse cette sensation de vide dans le corps.

 

Innover dans le sens de tester de nouvelles positions, des lieux insolites pour faire l’amour, ou encore d’expérimenter des jeux de rôles donne l’illusion de la nouveauté et peut aiguiser le désir. En revanche il ne s’agit que de solutions de court terme, et elles détournent le regard de ce qui se joue à l’intérieur.

Innover dans le sens de plonger à l’intérieur de soi pour explorer ses sensations en détail sur des actions que l’on pense connaître par cœur permet d’aller chercher l’extraordinaire dans l’ordinaire. C’est un moyen de réaliser que c’est finalement dans l’extrême simplicité que se trouvent les plus grandes choses.

 

« On n’a pas le droit de provoquer la haine des individus, en revanche on a le droit de rire de toutes les croyances. »

Elisabeth Badinter

 

Cet article a été écrit sur l’invitation du blog Forme et bien-être et dans le cadre du festival A la Croisée des Blogs – avril 2015. C’est la 79ème édition de ce festival qui existe depuis octobre 2008 et que l’on doit au site developpementpersonnel.org qui regroupe des blogueurs et blogueuses francophones.

 

Crédits photos : Aftab Uzzaman, Jenny Downing, Walter Van Beirendonck

 

3 étapes pour s’ouvrir à une nouvelle sexualité

Alors que l’on fait face à nos doutes et que l’on se met en quête de réponses lorsqu’il s’agit de sexualité, la confrontation à de nouvelles réalités et façons de voir les choses peut être déroutante. Les fonctionnements considérés comme acquis et indiscutables jusqu’à présent deviennent soudain des sables mouvants alors que les perspectives qui s’ouvrent peuvent inspirer un vide immense.

Comment faire pour rester serein dans cette ouverture à de nouvelles approches ? Comment rester souple dans ces explorations ?

 

Voici 3 étapes pour y aller en se respectant:

 

4754067458_f145f01c7e_q1. Rester ouvert

Se remettre en question est un phénomène naturel et sain dans la mesure ou il nous permet de réviser nos comportements et d’affirmer ou de modifier nos choix. La remise en question est donc ici une simple mise en pratique de notre capacité à être ouvert d’esprit. S’intéresser à d’autres approches de la sexualité, remplir son « réservoir à idées », laisser des petites graines de nouveauté se planter en nous… autant de façon de nourrir sa curiosité.

On restera vigilent ici à éviter de catégoriser les choses en « blanc » et « noir », mais à laisser rentrer l’information quelle qu’elle soit dans une ouverture de cœur, et à ressentir si oui ou non il y a une attirance pour cette expérimentation ou non.

Rester ouvert, c’est aussi admettre que ce qui n’est pas perçu comme significatif maintenant pourra le devenir demain.

 

2. S’approprier les choses

Explorer, sentir comment c’est pour nous à ce moment de la vie, laisser de côté, mûrir, revenir sur ses pas, goûter et savourer…

Autant de façon de laisser l’information se diffuser à l’intérieur de nous pour qu’elle fasse finalement corps avec ce que nous sommes en tant qu’individu mais aussi en tant que couple.

La sexualité est une affaire qui se joue à 2 et qui nécessite d’abord de s’approprier les choses soit même, puis un « accordage » des instruments que sont les corps. Il est essentiel de laisser les corps se parler et s’ajuster ensemble aux nouvelles possibilités qui s’offrent. Cette proposition de Jacques Ferber intervenant au sein du Sommet de la sexualité hier m’a beaucoup touché : l’homme s’installe confortablement, dans sa puissance, la femme se love contre lui et se laisse aller. Ils ne font rien, ils sont, ils laissent leurs corps s’ajuster, communiquer et s’ouvrir progressivement de cœur à cœur. Quel meilleur moyen de commencer un échange plus intime ?

 

3. Rester souple dans l’expérimentation

 3044675446_0cbb28a901_qNous avons l’habitude d’évoluer dans un monde où les règles et les structures régentent nos comportements. Sous son aspect rassurant, cette réalité amène aussi ses limitations. Par exemple, si j’ai l’habitude que faire l’amour se déroule selon un processus, c’est rassurant, et limitant à la fois, car la place pour la créativité de l’instant est restreinte.

Ainsi rester souple veut dire rester dans une fluidité et un accueil de ce qui est là. Même si je m’ouvre à de nouvelles approches de la sexualité, il se peut que ce jour là je ne le sente pas, ou que ce jour là ce qui est là est très différent de ce que j’ai imaginé, et c’est aussi ok. Il est essentiel de se laisser vivre tout en s’ouvrant. Cela pourrait grossièrement revenir à ne pas se « castrer » pour un homme, et à ne pas essayer de tout contrôler pour une femme.

 

 

L’ouverture d’esprit permet délicatement de s’imprégner de nouvelles visions et pratiques, que l’on pourra peu à peu s’approprier, pour finalement expérimenter tout en souplesse, sans se renier mais en allant avec cette nouvelle saveur.

 

Vos préjugés sont vos fenêtres sur le monde, nettoyez-les de temps en temps ou la lumière n’entrera pas.

Isaac Asimov

 

Crédits photos: y.caradec, Koshyk, justmakeit

Comment plaisir ne rime pas forcément avec excitation

Dans un rapport sexuel tel qu’habituellement pratiqué, l’excitation est au rendez-vous. Le jeu de séduction et l’acte sexuel sont même entièrement articulés autour de cette notion. L’attirance est excitation, l’envie de faire l’amour est excitation, les préliminaires sont censés faire encore monter cette excitation pour qu’enfin soit atteint le but ultime de tout cela : l’orgasme. Cet enchaînement est comme un crescendo, une montée en pression qui a finalement besoin de lâcher brutalement quand la tension est trop forte.

 

Alors que l’acte sexuel se déroule, les corps se tendent de plus en plus et ne rêvent que d’atteindre encore plus de plaisir. Toute l’attention est placée sur la zone des organes génitaux qui monopolisent toute l’énergie disponible car c’est de là que proviennent le plaisir et peut-être l’orgasme. Même si l’on joue à faire monter et descendre l’excitation, et que l’on fait durer le jeu, il est finalement rare de garder une qualité d’attention permettant de savourer chaque instant.

L’excitation peut avoir tendance à nous faire focaliser sur le but à atteindre plutôt que sur le plaisir qu’il y a en chemin pour la simple raison que le corps se tendant, les sensations sont dès lors amoindries. On recherche alors quelque chose de fort, et l’orgasme seul apporte un vrai soulagement. Ce soulagement est brutal et pourra amener la sensation d’être vidé(e), la fatigue voir l’endormissement.

 

Faire l’amour avec excitation, c’est donc comme de se mettre sous stress de façon intense, puis de se détendre brutalement grâce à l’orgasme, quand il vient.

 

On peut se demander d’une part ce qu’il advient du stress de celles (et ceux) qui n’atteignent pas l’orgasme après avoir été très excités…

 

Et d’autre part s’il ne serait pas aussi possible que faire l’amour soit un moment de détente absolue…

Et si on essayait de se détendre, de relâcher nos corps pendant l’amour ? Je ne parle pas de faire « l’étoile de mer » qui serait pour moi une attitude passive et absente, mais au contraire d’être le plus possible en présence de la moindre parcelle du corps que l’on arrive à relâcher.

Se concentrer sur sa détente est un moyen de revenir à son corps et de lâcher son mental, c’est aussi un chemin pour réveiller les sensations des cellules endormies par des années de crispation et de stress. Retrouver du plaisir là où l’on pensait que l’on ne sentait rien et où finalement il y avait simplement besoin d’y aller avec de l’écoute pour soi-même et de la détente… Voilà un moyen de se réapprivoiser un corps qui a parfois préféré se fermer et ne plus rien sentir face au manque d’attention qui lui était habituellement porté.

 

Dans la pratique : caler sa détente sur sa respiration.

Tant avant de faire l’amour que pendant, prendre le temps de faire quelques respiration profondes, peut-être même en synchronicité avec son/sa partenaire. Imaginer à chaque expiration que l’on relâche une zone du corps, en scannant le corps dans son ensemble : les pieds, les mollets, les genoux, les cuisses, le bassin, le sexe, le ventre, la poitrine, la gorge, le visage, le crâne, la nuque, le dos…

Recommencer cet exercice à chaque fois que l’on sent que l’excitation/la tension reprend le pas sur la détente.

 

Et si elle ne se laissait aller qu’aux mouvements très doux et lents que son corps exprime ?

Les mouvements volontaires des jambes et du bassin de la femme (c’est à dire issus de la force de notre mental) ne nous aident pas à avoir du plaisir, ils nous en éloignent. C’est même comme s’ils bloquaient la circulation de notre plaisir.

Par opposition à l’excitation qui amène des attentes de plaisir fort et violent, le plaisir dans la détente est fin et subtil, il vient avec la douceur et l’écoute, sans qu’on l’attende il vient nous accompagner pour s’insinuer partout, nous permettre de relâcher et détendre toujours plus.

 

Aller à la rencontre de son plaisir est finalement un chemin de lâcher-prise. Il pourrait s’agir de se détendre toujours plus profondément, de se laisser aller à ce qui vient sans espérer ni attendre autre chose que ce qui est dans la réalité.

Mais aussi d’avoir confiance que le corps connaît le chemin et peut nous guider si nous accueillons de le laisser agir sans tenter de le contrôler.

Ne rien faire, mais être pleinement avec soi-même, dans l’instant…

 

Aimer se situe bien dans l’ordre du lâcher prise, car il suppose que nous nous laissions habiter, envahie par un sentiment sur lequel nous n’avons aucun contrôle, aucune maîtrise. C’est pour cela que chez certains, l’amour s’accompagne d’angoisses. Celles-ni ne concernent pas la fiabilité de l’autre mais la perte de contrôle, l’acceptation de l’abandon et ce questionnement voué à rester sans réponse : jusqu’où cela mènera-t-il ?

Vivre avec les miens – Jacques Salomé

Comment accueillir que mon plaisir m’appartient

« Cet homme est un mauvais amant, il ne m’a pas fait jouir ! Il ne sait pas s’y prendre, je n’ai eu aucun plaisir »

 

Et si nos insatisfactions sexuelles tenaient aussi de nous ?! Et si nous avions nous aussi notre part de responsabilité dans ces orgasmes manqués ?

Est-il tellement évident que l’homme doive donner du plaisir à la femme ? Cette vision patriarcale de « l’homme qui prend la femme » n’est-elle pas surannée ? Est-ce pour autant juste de voir les choses à l’inverse : « la femme satisfait l’homme » ?

 

Se responsabiliser

Quel sentiment un homme peut-il avoir lorsque sa compagne accepte de faire l’amour alors qu’elle n’est pas vraiment présente pendant l’acte car elle n’est finalement là qu’à moitié et l’autre dans ses pensées ?

Et qu’en est-il pour une femme qui n’a pas atteint son plaisir, dont l’homme jouit et la laisse là seule dans leur lit sans lui adresser un mot pour aller se laver immédiatement après avoir fait l’amour ?

Peut-être ne se sentent-ils simplement pas honorés à leur juste valeur.

 

Si la femme qui n’a pas vraiment envie de faire l’amour assume cela et ose dire non,

si l’homme qui sent qu’elle n’est pas vraiment présente ose lui demander ce qu’elle ressent à ce moment là pour lui permettre peut-être de revenir ici et maintenant et accueille de faire une pause si elle en a besoin,

si la femme ose demander à son homme de rester un peu au lit après l’amour pour simplement être regardée dans les yeux car elle a besoin de se sentir reconnue…

 

Alors nous marchons vers plus de responsabilité. Nous assumons que l’autre ne peut pas prendre en charge nos besoins car il n’est tout simplement pas dans notre tête. Il ne sait pas ce que nous pensons ni ce que nous souhaitons à ce moment précis

On pourra me rétorquer « oui mais c’est du bon sens il/elle devrait bien se douter ». Peut-être oui qu’il s’agit de simple bon sens, mais nous ne sommes pas tous dotés de cette capacité, et quand les émotions s’en mêlent alors nous avons souvent beaucoup de peurs qui se mettent en travers de notre route.

 

Nous pourrons par exemple penser « si je lui dit non, il va mal le prendre », « si je lui demande de rester au lit avec moi il va me dire qu’il doit absolument se laver maintenant »…

Cessons d’interpréter et de répondre à la place de l’autre, assumons nos désirs et nos besoins !

 

Assumons que nous sommes des adultes responsables et que la conséquence si nous n’allons pas au bout de ce que nous souhaitons vraiment, c’est que nous nous manquons de respect à nous même, nous nous « laissons tomber », nous reportons notre frustration sur l’autre qui devient notre « responsable_qui_devrait_pourtant_savoir », et bien souvent nous n’avons pas de plaisir à force de cogiter.

 

Clef : si je pose clairement à mon compagnon pourquoi c’est important pour moi qu’il reste à mes côtés après l’amour, il y a fort à parier qu’il le prendra différemment que si je lui dis seulement « reste ! » (et que je pense « il va bien voir que je suis désespérée d’être seule »)

 

Communiquer sur le thème de la sexualité avec son partenaire n’est pas quelque chose de facile car nous pouvons vite arriver dans le jugement. Et pourtant en parler est indispensable si les compagnons ne veulent pas finir frustrés et aigris l’un vis à vis de l’autre à force d’attendre des réponses ou des réactions à des demandes qui n’ont pas été faites.

 

Nous avons tous besoin de nous sentir reconnus pour ce que nous sommes et ce dès notre premier jour de vie, c’est une question de survie au même titre que boire, manger ou dormir. Si nous avons l’impression que notre compagnon le plus proche ne nous donne pas suffisamment de ces signes là, alors nous nous sentons inévitablement en manque, même si ce n’est pas conscient.

 

Ainsi il est indispensable de savoir se dire des choses positives car elles font un bien fou. J’aime cette proposition du blog La voie du couple qui suggère de prendre un temps à 2 pour se dire tout ce que l’on aime chez l’autre, et je vous propose de l’adapter à votre sexualité.

Installez vous confortablement, dans une ambiance qui favorise votre intimité peut-être avec une bougie, de la musique, peut-être nus. La personne qui reçoit peut être allongée sur les genoux de son partenaire, l’autre peut être assise le dos bien soutenu. Vous devez pouvoir vous regarder dans les yeux. Quand vous êtes installés et disponible pour l’autre, décidez de la personne qui va commencer et commencez à vous dire tout ce que vous aimez chez l’autre. Il peut s’agir de faits du quotidien, par exemple « j’aime quand je vois tes yeux pétiller quand tu me parles de ce projet », « j’aime te regarder cuisiner » ou de sexualité, par exemple « j’aime voir tes cheveux caresser tes seins quand nous faisons l’amour ». Quand vous avez terminé, que vous avez vidé votre réservoir de belles choses à dire, échangez les rôles.

Celui qui reçoit n’interrompt jamais l’autre, celui qui donne se concentre sur tout ce qu’il aime sincèrement du fond de son cœur. Ne cherchez pas à plaire ou à faire bien, le jeu serait faussé et perdrait toute sa profondeur. Ce jeu est puissant, car il permet de laisser émerger des actes qui sont peut-être devenus routiniers et qui prennent tout à coup une nouvelle dimension pour celui qui en est à l’origine.

Quelle joie de se sentir reconnus sur des toutes petites choses aussi! Il n’est donc pas nécessaire de décrocher la lune pour être admiré… 

 

La sauvegarde de notre monde humain n’est nulle part ailleurs que dans le cœur humain, la pensée humaine, la responsabilité humaine.

Vaclav Havel