Stress vs Etincelle de joie & sexualité

Joie 3 La joie, cette petite étincelle qui se niche au fond du ventre, dans le coeur ou dans tout le corps et qui nous donne du plaisir. Cette émotion qui nous amène une ouverture et une capacité à vivre la vie en la croquant pleinement. Cette capacité à regarder la vie avec des yeux d’enfant et à jouir de ce qui est, au présent.

Quand avez-vous ressenti une étincelle de joie la dernière fois? Pensez-vous qu’il faille de grandes choses pour atteindre cet état? J’expérimente au contraire que cet état est présent et disponible en nous à tout instant.

 

Essayez seulement:

Installez vous confortablement, assis de préférence, le dos bien droit, les pieds bien à plat au sol. Commencez par imaginer des racines qui partent depuis sous vos pieds et votre sacrum et qui s’enfoncent dans la Terre. Elles traversent les croûtes terrestres, s’enfoncent dans les profondeurs, vont s’accrocher autour du noyau de la Terre. Sentez l’énergie de la Terre qui remonte par vos racines, puis vos jambes et votre colonne pour envahir votre corps. Puis imaginez un fil qui tire le sommet de votre crâne vers le ciel. Vous êtes entre ces deux pôles: les racines et le fil, la colonne bien droite. Maintenant remettez-vous en lien avec un souvenir magnifique, un moment parfait pour vous, un espace-temps irréprochable, laissez ce souvenir s’installer, revenir à vous sous tous ses aspects: les sons, les odeurs, les présences, les contacts, les images. Prenez le temps de savourer cela, et maintenant prenez conscience de comment c’est dans votre corps à cet instant: que se passe-t-il? comment vous sentez-vous? Pensez-vous que cela puisse s’appeler de la joie…?!

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Je vois aujourd’hui la sexualité comme un espace joyeux, de partage et de plaisir mais ce ne fut pas toujours le cas. Comment se sentir en éveil et en désir, autrement dit dans un état d’ouverture et de disponibilité, si la joie est une sensation que nous ne savons pas atteindre en autonomie? C’est un constat qui fut difficile pour moi, de mesurer à quel point j’étais éteinte à l’intérieur, uniquement centré sur ce qui se jouait dans mon mental et incapable de voir et de ressentir la joie dans mon corps. Alors je recherchais dans la sexualité des sensations fortes, et elles seules me ramenaient à mon corps et au pétillant, qui, je le découvrais à posterori, est en fait là en permanence.

Quand le corps est remis sous la lumière de notre attention, on s’aperçoit qu’il nous envoie des centaines de signaux à chaque instant. Le stress, la tension permanente, des modes de vie à 100 à l’heure, nous coupent de tout cela. Nous sommes amenés à fonctionner sur un mode d’action en permanence, il faut faire ceci et cela. En revanche s’accorder de la détente, du temps pour soi, prendre soin de soi et de son féminin ne sont pas mis à l’honneur. On y attribue plutôt le jugement de valeurs « ne rien faire ». On a alors le choix entre faire, et être reconnu pour cela, ou ne rien faire. Et si on pouvait plutôt s’accorder d’osciller entre faire et être? Entre l’action et le ressenti?

Le stress n’est pas forcément négatif, c’est un moteur et un moyen d’avancer dans notre vie en sortant de notre zone de confort. Il a simplement besoin d’être soulagé de manière équivalente par à un état de détente et de relâche.

Etre capable de vivre dans cette oscillation entre des moments de grande intensité où l’action et la réflexion sont au coeur de nos préoccupations, et des fenêtres où l’on se recentre à l’intérieur de soi, voilà un moyen de trouver de l’harmonie dans sa vie tout comme dans sa sexualité.

JoieAujourd’hui j’invite les personnes que j’accompagne au travers de mes soins à se remettre en lien avec leur corps et avec les sensations qui s’y jouent. Et bien souvent la joie et le pétillement sont à portée de main, juste derrière le filtre du  mental qui nous mobilise ailleurs que là où le joie se manifeste. C’est ensuite un chemin de ré-éducation, où l’on entraîne le fait de remettre les priorités là où elles nous sont bénéfiques. On s’habitue à écouter et à faire de la place pour ce qui est agréable dans notre corps, plutôt qu’à se laisser envahir inconsciemment par les tensions et le stress.

 

De la joie pure jaillit toute création. Par la joie elle est soutenue, vers la joie elle se dirige et à la joie elle retourne. »

Proverbe sanskrit.

 

Et vous, quels sont vos chemins pour cultiver la joie dans votre quotidien?

 

 

 

Renouveau et sexualité, la paire indissociable?

 

La sexualité peut-elle être un constant renouvellement ou la routine est-elle inéluctable ?

Est-il utile et/ou indispensable d’en venir au visionnage de films porno, à l’achat de lingerie sexy ou de sex toys, ou encore au libertinage pour que la sexualité du couple continue d’être vivante même après des années de vie commune ?

Et s’il était possible de vivre une sexualité simple, riche et sans apparat, au sein d’un couple fidèle tout en résistant à l’épreuve du temps ?

Et si plutôt que de chercher à maintenir de la vie dans la sexualité par des apports extérieurs, il suffisait de nourrir la flamme à l’intérieur de chacun de nous ? Et si la clef de tout cela était de réussir à animer son enfant intérieur et sa joie de vivre ?

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Une tâche simple peut sembler tout à fait quelconque si l’on n’y est pas du tout présent, très pesante si on la prend à contre-pied, ou enrichissante si on choisit de la vivre pleinement. Ainsi en accueillant d’une situation qu’elle est telle qu’elle est, et que de toute façon nous allons la traverser, on ose sauter dans l’inconnu et vivre l’expérience telle qu’elle se présente. Notre enfant intérieur, avec son émerveillement permanent et son plaisir dans toutes les choses simples, nous guide vers notre capacité à savourer ce qui est.

 

Aller vers cela dans la sexualité c’est peut-être vivre la même chose que celle que l’on a la sensation d’avoir déjà vécu des centaines de fois, et pourtant d’identifier qu’elle est différente : vous êtes une personne en changement perpétuel, votre partenaire également, votre échange l’est donc forcément aussi.

Pour résumer : il n’est pas nécessaire de changer grand chose, ni de devenir un adepte de telle ou telle technique pour vivre une sexualité enrichissante et épanouissante.

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Cependant, pour amorcer un changement là où le couple peut se sentir au pied du mur, ou quand la sensation d’avoir besoin de neuf est très forte, une première étape pour amorcer le changement peut donc consister à se fixer des rendez-vous. Ceux-ci pourront être l’occasion de vous proposez mutuellement d’explorer telle ou telle nouvelle approche en posant clairement vos intentions. Il pourra s’agir d’un massage, d’une pénétration immobile, d’une position particulière, d’une pénétration sans érection, etc. Poser son intention peut vouloir dire pour une femme par exemple qu’elle souhaite que le rendez-vous soit un temps lors duquel il n’y aura pas de pénétration.

 

Mais alors comment faire si justement ce jour-là vous n’aviez pas d’inspiration pour proposer quelque chose de neuf ? Et si le fait d’avoir à proposer quelque chose était même un élément bloquant pour vous ?

 

226697274_09801bd2ed_qAlors pourquoi ne pas essayer d’être le plus possible avec votre enfant intérieur, à savoir le plus présent possible, afin d’explorer ce qui est là ? En allant vers une exploration où c’est l’instant que l’on choisit d’observer, il n’y a rien de neuf à faire, mais simplement de la présence à cultiver pour percevoir réellement ce qui est.

 

Comment faire concrètement :

 

Commencez par vous connecter pleinement à vous-même. Sans reliance préalable de vous à vous, il sera impossible de vous connecter à quoi que ce soit d’autre autour. Pour cela, rien de plus simple : respirez ! inspirez et expirez avec toute votre attention sur vos narines, sentez ce qui est là et c’est tout. Observez quand des pensées viennent et laissez-les partir avec votre souffle, restez simplement présent au souffle.

Entrez en rapport avec votre partenaire en lui offrant toute votre attention. Pour cela, le regard est un moyen direct et efficace : regardez-vous mutuellement ou à tour de rôle avec cet émerveillement de l’enfant qui découvre quelque chose de nouveau. Découvrez-vous tel que vous êtes ce jour-là, osez voir et être vus en toute simplicité. Explorez ce que vous n’aviez jamais vu, sans jugement, simplement dans l’observation.

Poursuivez votre échange amoureux selon ce principe de l’émerveillement. Comme si chaque caresse, chaque regard et chaque sensation était une expérience totalement nouvelle. Vivez ce moment comme si tout était inconnu et que vous sautiez à pieds joints dans cette découverte de l’autre et avec l’autre à chaque instant. Observez le rythme de votre découverte, et identifiez : est-il plus rapide ? plus lent qu’à l’accoutumée ?

 

2417111120_592903f503_qEn savourant ainsi la simple réalité, il n’y a plus besoin de fantasmes ni d’accessoires pour vivre l’instant intensément. Apprendre à apprécier ces instants de réalité dans le quotidien est un moyen de se rapprocher de la richesse de ce que les expériences de la vie peuvent nous apporter. Il n’y a pas besoin de mettre en œuvre de grands processus pour qu’une rencontre amoureuse soit un instant unique, mais simplement à savoir identifier ce qui en fait un instant unique pour l’apprécier à sa juste mesure.

 

«Il y a deux jours dans une année où l’on ne peut rien faire. Ils s’appellent hier et demain. Pour le moment, aujourd’hui est le jour idéal pour aimer, croire, faire et principalement vivre» – Dalaï Lama

 

Comment réveiller ses sensations 2/3

Si la notion d’insensibilité, de gêne, de douleur ou de mal-être au niveau des organes génitaux dans le cadre notamment de la sexualité vous parle, cet article, faisant partie d’une suite de 3 publications, est l’occasion de trouver des réponses concrètes à vos problèmes. Dans cette 2è étape, j’aborderai une thématique que j’intitule « Ecouter son corps ».

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Je dis souvent dans le cadre de mes cours de massage : le stress n’est pas négatif, c’est grâce à lui que nous pouvons solliciter nos muscles. Le stress nous permet donc littéralement d’avancer. En revanche, sans relaxation, son exact opposé, le stress devient toxique et nocif, il peut alors notamment créer de l’insensibilité.

 

Quand le corps s’endort, que les sensations s’engourdissent voir disparaissent, la première étape est déjà de prendre conscience de ce qui est. Ne rien ressentir, c’est ressentir qu’il n’y a rien, et c’est déjà une énorme part du travail qui est fait. Cette réalisation permet d’accueillir ce qui est et d’ouvrir un chemin vers l’avenir. Maintenant que j’ai constaté que je ne sens rien, et que je m’attache à mettre de la paix (voir article précédent proposant une approche pour faire la paix) sur la situation, que puis-je faire ?

 

La prochaine étape consistera donc naturellement à transformer le stress qui s’est accumulé pour permettre au corps de retrouver son mouvement naturel et sa fluidité. L’expression populaire « Le mouvement c’est la vie » nous renvoie au simple fait que bouger nous amène une meilleure circulation, qu’elle soit sanguine, lymphatique ou énergétique. Un blocage quel qu’il soit dans le corps, empêche une bonne circulation et réduit de fait la vitalité et la sensibilité.

 

Quand on ne ressent plus rien au niveau des organes génitaux, le blocage est peut-être à cet endroit précisément, peut-être pas. C’est grâce au mouvement du corps dans son ensemble que l’on pourra commencer à avancer et résoudre la situation. In utero, le mouvement et la perception sensorielle sont intriqués. C’est à partir du mouvement que le cerveau se développe.

 

Partant de ces constats, comment procéder, concrètement ?

 

  • Une première base : s’observer et respirer

6883077908_0d3238bce3_qQuand une tension, un blocage, une gêne, une douleur se présente dans notre corps, la première chose est d’y prêter attention et de ressentir vraiment ce qui est là. Dans le cas d’une tension, il est impressionnant d’observer ce que cela apporte de simplement respirer, en conscience.

En pratique: si la zone dont vous avez besoin de prendre soin se trouve par exemple être votre bas-ventre, essayez de concentrer toute votre attention sur votre bas-ventre et votre souffle. Comme si chaque inspiration que vous faites remplissait votre bas-ventre de lumière et chaque expiration vidait votre bas-ventre de ce qui créé la douleur (tensions physiques, émotions etc). Il est essentiel de rester vraiment dans une attention délicate et douce envers vous-même, et pas dans une attention crispée où il « faut » absolument rester attentif ; vous seriez sinon contre-productif.

 

  • une deuxième base : bouger

Bouger son corps tout en restant à l’écoute de soi-même, voilà tout un challenge. Loin des obligations conventionnelles et des esprits compétitifs qui trouveront toujours le moyen de se pousser à bouger, je vous propose de prendre le temps d’expérimenter le mouvement fluide. J’entends pas là un mouvement qui permet à votre corps de s’exprimer tel qu’il en a besoin à ce moment-là, selon son propre rythme et surtout avec la notion de plaisir en toile de fond.

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En pratique : choisissez une musique qui vous inspire la fluidité à ce moment-là. Choisissez un morceau de tissu, un foulard : quelque chose de fluide. Commencez par faire 3 grandes respirations (attentives et délicates ;-), laissez venir cette sensation de paix qui émerge quand il n’y a plus que le souffle qui compte. Commencez par faire onduler ce voile que vous agitez lentement devant vous puis laissez-vous inspirer par cette fluidité et allez doucement vous-même vers les mouvements qui émergent. Un peu comme si vous laissiez sortir de votre ventre les mouvements de vos bras, de vos jambes et surtout de votre bassin. Votre bassin est au cœur du mouvement que vous produisez. Imaginez que vous êtes une pieuvre majestueuse : des gestes doux et fluides qui partent comme des ondes depuis votre bassin vers l’extérieur. Observez vos pensées sans vous y accrocher en revenant systématiquement à votre respiration, et laissez vous onduler dans la fluidité. Quelque soit le style de musique il est possible d’être dans la fluidité et le calme intérieur.

 

  • une troisième suggestion : explorer

5813985352_ce5a155bb3_qLa sexualité est rarement enseignée sous l’angle du plaisir. Souvent la femme peut avoir la tendance à attendre    que l’homme la satisfasse sans même savoir elle-même ce qu’elle aime et ce qu’elle souhaite. Souvent l’homme aura tendance à agir avec la femme et avec son sexe de la même façon qu’il agirait avec le sien, et ne comprend pas que le résultat ne soit pas à la hauteur de ses attentes. Ces décalages et méconnaissances ajoutés à des difficultés à communiquer créent à force de répétition, des frustrations qui s’accumulent. L’attention n’est alors plus sur la finesse des sensations qui émergent, mais plutôt sur les attentes, les gênes et les non-dits.

Avant de rentrer en relation avec un partenaire, je vous propose une pratique simple, même si elle n’est pas forcément facile, pour retrouver une connexion dans la simplicité avec soi-même, avec son corps et en particulier avec son sexe.

 

En pratique : Installez vous confortablement, couché ou assis, mettez vous en lien avec votre respiration de façon détendue et attentive à la fois. Posez une main sur votre cœur, l’autre sur votre bas ventre, sentez votre souffle aller d’une main à l’autre. La pratique consiste à simplement rester dans l’immobilité, en conscience de la respiration qui circule d’une main à l’autre, et à ressentir ce qu’il se passe dans le corps. Peut-être qu’il n’y a aucune sensation, et c’est ok, osez rester un moment ainsi, avec votre souffle pour accueillir cela. Peut-être que la sensation est localisée sur la zone de contact, là où le toucher se fait. Peut-être que la sensation s’étend ailleurs dans le corps grâce à la respiration.

Le fil rouge de cette pratique est d’une part la respiration, et d’autre part l’observation. Laissez circuler ce qui émerge grâce à votre souffle, n’essayez pas d’attraper les choses elles vous échapperaient…

 

S’observer et respirer, bouger, explorer : 3 pistes pour avancer sur un chemin de redécouverte où les avancées comme les résistances font partie d’un parcours qui mène de toute façon à retrouver son essentiel.

 

Si ces conseils vous touchent mais que vous n’arrivez pas à les mettre en action, si vous sentez que quelque chose cloche dans votre sexualité sans trop savoir quoi, si vous avez l’impression d’avancer dans le brouillard et que la tâche vous semble insurmontable… Si la sexualité vous paraît terne et manquant de vie, que votre désir et votre libido sont quasi inexistants ou alors autre possibilité que vous carburez aux fantasmes pour maintenir votre envie… si vous avez une sensation de vide insatisfaisante…

alors sachez que je vous comprends car je suis allée jusqu’au bord de l’étouffement dans ce fonctionnement. Tout a changé pour moi en partant marcher 1600km à pied sur le chemin de Compostelle, et en me remettant peu à peu, grâce à mes pieds dans la Terre et aux multiples leçons de la vie, à entendre ce que mon corps disait. 70 jours de solitude, avec pour seul souci matériel de subvenir à mes besoins de base m’ont remis les idées en place et de la justesse dans mes priorités. Depuis cette période, je suis en quête de tout ce qui peut me permettre de maintenir et de faire grandir la vie et l’authenticité que j’ai trouvé à l’intérieur de moi, et qui peuvent désormais rayonner dans ma sexualité. Mes lectures, les conférences, les cours que j’ai suivi sont tous des éléments qui viennent faire grandir mes connaissances dans des domaines très variés : la massothérapie, l’anatomie-physiologie, l’acupressure, la médecine chinoise, la tradition ayurvédique, la méditation, le yoga, la sexualité sacrée, le massage abdominal Maya, le Haka… C’est en tirant l’essence de ces enseignements accumulés depuis maintenant 7 ans que j’ai pu en tirer selon moi les éléments déterminants permettant de se remettre en lien avec ses sensations et de trouver de la clarté et de la simplicité dans sa vie sexuelle.

 

Je me propose de vous faire découvrir les outils clés que j’ai identifiés et qui m’ont permis de redécouvrir la sexualité. Ils permettent aujourd’hui aux femmes qui me sollicitent de retrouver la finesse et la délicatesse de leurs ressentis intimes.

 

Je vous présenterai la semaine prochaine le programme Parcours de squaw, la squaw étant pour moi la parfaite représentation d’une femme faisant le lien entre la Terre et le vivant, une femme dans sa justesse et qui s’honore.

 

Vivez ! vivez la merveilleuse vie qui est en vous ! N’en laissez rien perdre ! Cherchez de nouvelles sensations, toujours ! Que rien ne vous effraie….

Le Portrait de Dorian Gray
[ Oscar Wilde ]

 

 

Comment réveiller ses sensations ? 1/3

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Que ressentez-vous lors d’un rapport sexuel ? Vous sentez-vous proche de vos sensations au niveau des organes sexuels ou au contraire avez-vous l’impression d’être comme anesthésié et coupé de ce qu’il s’y passe ? Ressentez-vous une gêne, de la douleur ou un malaise?

 

Les raisons pour lesquelles nos sensations dans les organes sexuels s’endorment ou se figent peuvent être multiples : épisode traumatique, choc émotionnel, conditionnement… Autant de raisons qui font qu’aujourd’hui cette insensibilité peut mener à de grosses difficultés dans la sexualité comme dans la vie de couple.

On peut alors se demander : à qui parler de ce problème ? Comment aborder la chose ? Mon (futur) pa

rtenaire me comprendra-t-il/elle ? et d’ailleurs est-ce vraiment un problème, n’est-ce pas simplement ma réalité ? Peut-être que je peux faire comme si de rien n’était…

 

Et c’est bien là que le bât blesse. Il existe des solutions. A tout âge une femme, un homme, a le droit et sans doute même le devoir de se mettre en route vers ce qu’il/elle est. Son corps est son instrument de base, représentation physique de son essence et de ses particularismes. Si le corps est empêché de s’exprimer par la douleur, la crispation ou tout autre gêne qu’elle soit physiologique ou émotionnelle, alors comment l’essence peut-elle s’exprimer ?

 

Je vous propose une aventure de quelques semaines pour faire le tour de la question, et surtout découvrir des astuces concrètes pour avancer et retrouver le goût de la sensualité et du plaisir dans la sexualité.

J’aborde aujourd’hui pour vous la 1è étape de cette épopée : faire la paix avec son histoire

 

1ère étape : faire la paix avec son histoire

L’histoire est ce qu’elle est, rien ne pourra plus la changer. La renier est une erreur.

Comment construire son identité sans être en lien avec ses racines ? Même si nous ne connaissons pas nos ancêtres, c’est grâce à eux que nous sommes sur Terre et que nous avons la chance de vivre. Les Maoris, peule indigène néo-zélandais, incarnent parfaitement cette idée. Pour eux il est indispensable d’inclure les ancêtres dans tous les gestes de notre quotidien. Il ne s’agit pas d’entretenir une mémoire attachée à de vieux souvenirs,

mais plutôt d’honorer ses origines en montrant de la reconnaissance et de la gratitude pour la vie qui nous a été transmise.

Ojasvin dit « Un arbre pourra pousser très haut s’il a de solides racines, sinon au moindre coup de vent il est par terre ».

En effet, comment construire son histoire de vie sans s’appuyer sur ce qui est derrière nous ? Ouvrir les placards pour laisser les fantômes circuler ne veut pas dire qu’ils vont nous sauter au visage, on peut aussi devenir amis avec eux.

C’est un peu comme avec un enfant, s’il a peur du loup et que vous essayez de le convaincre que le loup n’existe pas, que vous cherchez avec lui pour être sûr que le loup n’est pas sous son lit, vous pouvez être ce

rtain que la vilaine bête reparaîtra tôt ou tard pour le terroriser. En revanche si vous faites en sorte que le loup devienne son copain et que vous le désacralisez, la peur pourra circuler, partir et laisser la place à autre chose.

 

Nos vieux souvenirs sont aussi une raison qui fait que nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui. Nous avons tous à apprendre de nos parcours et il est incontournable de regarder ce qui nous a construit ou du moins de l’accueillir pour pouvoir avancer sereinement.

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Tout ne peut pas être accepté, en revanche tout peut être accueilli. Il est par exemple inacceptable d’avoir été abusé, mais il est possible d’ouvrir son cœur et d’accueillir que oui, c’est bien cela qui s’est passé.

 

Il ne s’agit pas forcément d’identifier exactement tel et tel événement pour comprendre que telle et telle peur ou comportement font désormais partie de notre quotidien. Le pourquoi et le comment importent peu, l’accueil inconditionnel suffit pour permettre à l’émotion de circuler.

 

Etre en paix avec soi-même est l’étape incontournable pour accueillir ce qui est et ce qui a été avec indulgence, et avancer sereinement et légèrement vers l’avenir.

Nous avons trop souvent tendance à pointer ce qui n’est pas assez bien et à dégrader notre propre valeur, alors que c’est en cultivant l’estime de nous-même et un espace d’amour inconditionnel que nous pourrons trouver de la paix intérieure.

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Application concrète :

Si je mesure chaque jour ou chaque semaine quelques actions que j’ai menées à terme et pour lesquelles je reconnais consciemment que je suis satisfaite de moi-même, alors je m’offre une dose d’amour inconditionnel.

Il peut s’agir de très petites choses ou de plus grandes actions : j’ai réussi mon permis de conduire, j’ai fait un beau gâteau, j’ai réussi à dire non à cette situation, j’ai pu pleurer et ça m’a soulagé etc.

La reconnaissance de ces actions devrait passer par au moins une petite action matérielle, histoire de vraiment marquer le coup. Cela peut être très simple tant qu’elle est faite en conscience : allumer une bougie, s’asseoir devant la lune, mettre ses pieds nus dans l’herbe, bref s’offrir quelques minutes de quelque chose qui nous fait très envie et qu’on ne prend pas forcément le temps de faire dans le quotidien (ou du moins pas avec la conscience que l’on s’offre quelque chose).

 

Chacune de ces petites pierres ramassées sur votre route vous permettra à la fois de faire la paix avec votre histoire et d’engranger de la confiance en vous.

 

Dans la 2è étape de notre épopée, j’aborderai le thème : se mettre à l’écoute de son corps.

 

 

La pulsion sexuelle masculine

8053096918_e9daa17ac8_qIl m’a été donné la chance d’entendre des hommes confier la façon dont ils vivent avec leurs pulsions sexuelles. Ce fut une découverte gigantesque et très touchante pour moi de mesurer à quel point les pulsions sont une souffrance, vécue qui plus est dans la solitude. Je découvrais alors un aspect de la vie des hommes que je ne soupçonnais pas, dont je n’avais jamais entendu parler de façon si directe et si poignante.

 

Quand l’énergie de vie s’exprime, sa puissance est considérable et incontrôlable. Si le corps est libre, fluide, que les émotions circulent, et que le mental est à sa juste place, alors l’énergie de vie apporte un flux continu se manifestant par de la vitalité et de la joie.

En revanche si l’énergie de vie est contrainte par des tensions physiques, émotionnelles ou mentales, cette puissance naturelle qui doit malgré tout circuler se manifestera sous la forme de pulsions. Un élan de vie incontrôlable, qui doit sortir, quoi qu’il advienne.

 

La pulsion sexuelle est de cet ordre : quand l’énergie sexuelle de vie ne peut pas circuler librement, elle se manifeste par des envies subites, inopinées et irrépressibles de sexe, que l’homme peut avoir beaucoup de mal à gérer. Les seuls moyens dont l’homme dispose alors pour faire face à cela sont simples :

  • faire l’amour,
  • se masturber,
  • ou réprimer l’envie en se coupant de ses sensations (par exemple en faisant beaucoup de sport, ou en travaillant beaucoup)

 

17907447215_e2af91a1ae_qJ’ai été particulièrement marquée par le désarroi de ces hommes face à ce fait qu’ils vivaient comme une fatalité et qui était source de souffrance, leur vie étant quelque part « organisée » en fonction de ces pulsions. Une fatalité telle, qu’il semblait même inutile d’en parler car en parlant de cette souffrance, l’homme se met dans une grande vulnérabilité, avec en plus la sensation d’être dans une impasse.

 

Un besoin de sexe créé par la pulsion est autre chose qu’une envie de faire l’amour, et cela était aussi quelque chose de délicat et douloureux pour l’homme dans son rapport à la femme.

Quand l’homme s’ouvre à d’autres façons de faire l’amour, il peut commencer à sentir que cette approche dictée par le besoin ne l’aide pas à rencontrer sa compagne dans les meilleures conditions. Elle le souhaite disponible à expérimenter quelque chose, prêt à vivre une rencontre où peut-être même il n’y aura pas de pénétration. Et lui souffre de cette pulsion qui le conduit à avoir l’envie fixe de se soulager.

 

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Accueillir que quand l’énergie de vie n’est pas contrainte, la pulsion n’a plus lieu d’être. Si la tête, le cœur et le corps sont alignés, la circulation est libre

En pratique comment s’aligner ?

De façon ponctuelle, en lien avec sa respiration, se poser les questions :

« c’est comment maintenant dans mon corps ? »

puis « quelle image me vient spontanément ? »,

puis « ça me fait quoi d’observer ça ? »

Respirer.

 

Apprendre à faire de la place pour une nouvelle forme de sexualité, qui n’est plus dictée par les pulsions

En pratique : se donner des rdv pour expérimenter d’autres formes de sexualité, où les intentions sont clairement posées au début des rencontres. Peut-être que le souhait sera qu’il n’y ait pas de pénétration, ou que l’échange n’aille pas vers l’excitation, ou que les partenaires partagent au fur et à mesure leurs ressentis…

 

Oser créer sa vie et savourer l’auto-plaisir

Créer sa vie c’est oser se lancer dans l’inconnu, accueillir que l’on ne sait pas complètement qui l’on est, et que l’on ne connaît pas vraiment son environnement. En osant aller vers de nouvelles rencontres, de nouvelles activités, de nouveaux lieux et en le vivant positivement, on ouvre les cadres qui limitent habituellement dans la capacité à avoir du plaisir dans tous les instants de la vie. Il n’y a pas à ressentir la vie d’une certaine manière mais à la vivre à sa manière.

En ouvrant ces espaces d’incertitude et de joie ce sont aussi des tensions et des freins qui se lèvent, et l’énergie de vie trouve la place de circuler plus librement.

 

L’appel de la nouveauté est pulsion de vie. Quand ce sentiment fait défaut – prison, maladie, habitude, stupidité – on voudrait mourir.

Cesare Pavese, Le métier de vivre (1952)

 

 

Actif ou passif face au désir ?

« Ma sexualité s’est éteinte car je n’ai plus de désir »,

« Je ne ressens plus d’envie »

 

Sur la base de ces affirmations, nous pourrions nous demander si le désir est naturellement là, ou si nous pouvons influer sur sa vivacité ? Comme nous l’évoquions dans l’article « Pourquoi la médecine chinoise, préconise de stimuler le désir sexuel », maintenir ce « feu » du désir vivant à l’intérieur de nous permettrait à l’organisme de rester en bonne santé.

 

Ce feu, aussi qualifié d’énergie de vie est l’essence même qui nous supporte dans toutes nos actions. Qu’il s’agisse de grimper au sommet d’une montagne ou de savourer un lever de soleil, c’est cette énergie vibrante venant de l’intérieur qui nous rappelle que la vie nous porte et que nous n’avons pas d’effort à faire pour y aller, nous pouvons simplement nous laisser porter. Mais pour ressentir cela, il y a un choix à faire.

 

Nous avons toujours le choix

 

La vie est faite de choix, et le plus fondamental qu’il m’ait été 5583561290_8714669389_qdonné à découvrir est celui dont nous disposons pour choisir notre état d’esprit.

Notre état d’esprit n’est pas le fruit du hasard, ni des circonstances de notre journée ni des bonnes ou moins bonnes aventures de notre vie. Il est le résultat d’un choix conscient, nous permettant de teinter chaque événement à sa lueur : nous avons le choix entre la peur et le stress d’un côté, et l’amour et le bien-être de l’autre.

 

La peur et le stress ont cette conséquence physique de nous figer, un peu comme si le corps s’arrêtait de respirer et se recroquevillait dans sa coquille. Bien souvent c’est vraiment ainsi que l’on se retrouve en situation de stress : la respiration courte et des tensions partout. Cette incidence physique va amener une mauvaise circulation tant sanguine que lymphatique et énergétique. Dans l’image, c’est aussi comme si on se figeait face à la vie. On ne laisse plus rien circuler, on s’accroche au cadre que l’on a posé et qui nous rassure, on ne sort pas des sentiers battus, on n’ouvre pas le champ de possibles, on reste sur les acquis…Bref on commence à se nécroser dans un système qui se fige. Ça donne une impression rassurante à ceux qui font ce choix là, et en même temps à l’intérieur ça manque d’air, ça s’empoussière, ça s’ennuie.

 

A tout instant tant que nous sommes en vie, le choix de l’amour et du bien-être est possible. Et même s’il ne porte d’abord que sur un infime morceau de notre vie, il peut très vite amener une bouffée immense d’air frais et de renouveau.

 

Simplement en se posant dans un endroit calme et en se mettant en lien avec un souvenir heureux passé de sa vie, il est possible de trouver la sensation de l’amour pur dans son corps. Je vous invite à essayer…

Cet exercice a le don de nous ramener dans notre corps, là où la tête ne pense, ni n’intervient plus. Il nous rappelle aussi combien cette sensation d’amour et de bien-être est ici à portée de main en permanence. Elle a bien sur souvent besoin d’être « entrainée » pour être maintenue de plus en plus longtemps, mais plus on la pratique, plus elle s’insinue partout !

 

Ainsi face à un problème, que se passe-t-il si nous stressons ? Nous nous figeons et imposons à notre corps de continuer à fonctionner comme si de rien n’était, et parfois même en marche forcée : « il faut vite trouver une solution » !

Et que se passe-t-il si nous nous connectons à l’amour ? Nous maintenons de la circulation dans notre corps, et plutôt que de voir le problème comme une montagne à gravir, nous le vivons comme un petit détour sur le chemin au cours duquel nous allons découvrir quelque chose d’amusant.

 

Etre à l’écoute de son désir c’est choisir l’amour et le bien-être

 

2395845001_8d8ddf577a_qLe choix de l’amour et du bien-être est un beau moyen de prendre conscience que notre corps est toujours prêt à faire l’amour. Si l’on se connecte à cette source à l’intérieur de nous, en lien avec un souvenir heureux par exemple, nous pouvons savourer le bien-être qui s’installe. Le corps est alors en ouverture, toujours disponible.

Les fois où nous avons l’impression que ce n’est pas le moment, que nous sommes fatigués ou que nous inventons toutes sortes d’excuses, c’est en fait que nous avons décroché de cet « état d’amour », pour nous réfugier dans la peur ou le stress qui se manifeste souvent par la sensation de ruminer les problèmes à en avoir mal à la tête.

 

 

En prenant conscience de notre capacité à décider de quoi notre vie est faite, nous retrouvons notre puissance et notre potentiel et nous osons sortir du cadre de nos peurs, certes rassurant, mais aussi limitant.

 

« Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d’oser les tenter »

Bernard Werber

 

La première fois… que j’ose lui dire non

Alors que certaines de mes amies semblaient très déterminées et maître à bord en matière de sexualité dans leur couple, je me laissais très facilement convaincre de faire l’amour, même si je n’en avais pas envie.

Est ce que je le percevais comme un devoir ? une obligation ? Est ce que je pensais qu’il s’agissait d’une nécessité pour lui et que je ne pouvais pas m’y soustraire ? Est ce que je me laissais impressionner par une différence d’âge ou une expérience plus grande que la mienne ? Je crois que tous ces éléments s’imbriquaient dans ma tête pour venir me distraire de mes sensations et m’amener à ne pas respecter ce qu’elles m’indiquaient.

Un manque d’envie, le souhait d’être seule, peut-être simplement l’envie d’être enlacée dans des bras aimants et de pouvoir m’endormir comme ça…

Combien de fois ai-je renié ça ? A quel prix et pourquoi ? Qu’ai je gagné à aller contre moi-même ?

Sur le moment, ces questions n’avaient pas lieu, je les balayais bien vite d’un « c’est pas si grave », ou d’un « de toute façon après je serai tranquille », ou encore « j’aurai finalement ce que je veux quand il aura eu son compte », ou encore « c’est mieux comme ça sinon il ira voir ailleurs »… Quelle tristesse…

En lui disant oui à lui, je me disais non à moi-même. Non ton ressenti n’est pas si important, non ton besoin de tranquillité n’est pas si urgent, non ton envie n’est pas respectable telle quelle.

Ce déni que j’exerçais envers moi-même m’amène à croire aujourd’hui que j’ai ainsi contribué à me couper de mon corps et à endormir mes sensations. Comme si la part de moi qui avait tiré le signal d’alarme tant de fois sans être entendue avait finalement décidé d’hiberner jusqu’au moment où je serai capable de l’entendre de nouveau.

 

Et puis la vie amène son lot d’expériences, de découvertes, de rencontres… Et puis peu à peu ce corps que je pensais maîtriser à coup de sport et qui n’était finalement qu’un moyen de me déplacer et de séduire, redevient vivant et vibrant de ressentis. J’apprends à écouter, à entendre et à réagir à ce qu’il me dit et je découvre que plus je vais avec lui, plus il me parle et plus il reprend sa place dominante et centrale, à l’instar de mon mental. Si je ressens que j’ai besoin de me reposer et que je me repose vraiment, si je ressens que j’ai besoin de calme et que je m’isole, si je ressens que j’ai besoin d’être dans la nature et que j’y vais… alors il m’amène une énergie débordante et la vie ne fait que se multiplier.

 

Il devint alors naturel de ne plus ignorer ces signaux que mon corps m’envoyait. Quand mon partenaire vint à moi pour me proposer de faire l’amour et qu’il était clair pour moi que c’était un non, alors pour la première fois j’ai osé, et j’ai dit non, sans me justifier.

 

Pour y arriver vous aussi, voici ce qui m’a aidé :

 

Ne pas assimiler la demande à la personne.

Si je dis « non je n’ai pas envie de faire l’amour », je dis non au fait de faire l’amour, je ne dis pas « non je n’ai pas envie de passer du temps avec toi » ou « non je ne t’aime pas »

 

Ne pas hésiter à reformuler ce qui a été demandé pour poser vraiment son NON.

Si on me demande « on fait l’amour?» et que je réponds « si je comprends bien tu aimerais qu’on fasse l’amour maintenant ? », c’est aussi un bon moyen pour mon interlocuteur de saisir que ce n’est pas à lui que je m’apprête à dire non, mais bien à sa demande. « Là, maintenant, c’est non. J’ai besoin de temps pour moi »

 

Proposer un autre moment et prendre un RDV.

Si je dis « non » à mon partenaire, il peut se sentir frustré par ce refus, surtout si cela arrive plusieurs fois de façon consécutive. Lui proposer un rdv (cf article « Comment faire l’amour même si la libido est en sommeil ») et l’honorer peut être un excellent moyen de canaliser les émotions et de le rassurer.

 

 

« Etre libre, c’est savoir dire non »

Jean-Paul Sartre

 

 

 

Comment stimuler son désir sexuel selon la médecine chinoise

Suite à mon dernier article dans lequel je détaillais en quoi le désir et l’activité sexuels sont essentiels à une bonne santé selon la médecine chinoise, voici un extrait de livre décrivant un massage permettant de stimuler la fonction sexuelle.

 

Ventre. Crédit photo Manuel
Ventre. Crédit photo Manuel

Extrait du livre « Guérir et soulager par la main » de Jean-Luc Caradeau, Editions Trajectoire.

La vie moderne, avec son lot de stress, n’est en rien favorable à la sexualité. Voici donc quelques moyens de stimuler le fonctionnement sexuel.

Les hommes comme les femmes masseront la ligne qui va de deux largeurs de doigts au-dessous du nombril à l’os du pubis. Autrement dit, avec le bout des doigts, ils iront de Tan Tien (aussi appelé ki aï) à l’os pubien puis de l’os pubien à Tan tien. Ce qui permet de stimuler le « vaisseau de conception » (Jen Mo) et un méridien curieux appelé « mer du sang » (Chong Maï) parce qu’il commande la circulation du sang. Il est connu également sous le nom de « méridien des attaques ». Un massage appliqué avec le bout des doigts sur cette zone (expiration en descendant, inspiration en montant) peut constituer un « traitement de fond » pour le tonus sexuel.

Sur un ou une partenaire sexuelle, la caresse appliquée à main plate sur cet axe du corps qui est le « vaisseau de conception » en acupuncture chinoise (Jen Mo), de l’os du pubis jusqu’à la naissance des seins, et seulement en remontant – et en expirant – peut stimuler immédiatement son potentiel sexuel. Le phénomène n’est cependant pas automatique.

Pour retarder une éjaculation précoce et lui « donner de l’ampleur », il faut au moment où on la sent venir appuyer fermement sur le point situé à égale distance de l’anus et des bourses chez l’homme… De toute façon, en pressant fermement ce point on lutte contre les phénomènes d’impuissance occasionnelle ou chronique. Le même point stimulé chez la femme (à mi-distance de la vulve et de l’anus) lui permet de prendre plus facilement du plaisir.

 

 

Et vous, quelle place pensez-vous que le désir doit tenir dans votre vie pour vous sentir en équilibre ?

« Le désir est le plus éloquent des langages et le mieux compris »

Yvette Naubert

 

 

Pourquoi la médecine chinoise préconise de stimuler le désir sexuel

  1. Histoire de la sexualité en Chine

La sexualité en Chine a une longue histoire dont les premières traces remontent à des traités de sexualité qui auraient été écrits à la même époque que les premiers livres de médecine Chinoise, environ 3000 ans avant JC.

 

D’abord rassemblé pour l’Empereur jaune, ce savoir en sexologie (détaillant les règles et méthodes des rapports sexuels : préliminaires, positions, maladies pouvant être traitées par l’acte sexuel) a d’abord été réservé à la classe aristocratique et religieuse, puis s’est répandu par l’intermédiaire des médecins auprès des classes éduquées et bourgeoises puis enfin auprès des classes moyennes.

 

Dans la tradition taoïste (l’un des grands courants de pensée chinoise – les autres étant le confucianisme et le bouddhisme), les médecins ne devenaient d’ailleurs des professionnels accomplis qu’au moment où ils avaient eux même expérimenté et appris à maîtriser leur sexualité. Par l’expérimentation personnelle, ils étaient alors en mesure de transmettre le savoir en sexologie à leurs patients.

 

A l’époque de la Chine ancienne on observe donc une attitude très positive vis à vis de la sexualité. Sous les dynasties Song, Minq et Qing, la morale devient de plus en plus stricte, puis la révolution culturelle de Mao coupe définitivement ce savoir millénaire. Pendant la majeure partie du 20è siècle, la sexualité est apparentée à la reproduction pendant que le plaisir est l’apanage de la bourgeoisie.

Depuis la fin des années 80, la sexualité est de nouveau perçue de façon positive et assimilée à des notions d’amour, de bonheur ou de plaisir même si le discours officiel reste très prude et les mentalités parfois lentes à changer.

 

Malgré une histoire houleuse, on observe que la sexualité des chinois reste aujourd’hui très influencée par le taoïsme. Selon le Tao, la pratique sexuelle nécessite un entraînement préalable afin de stimuler l’énergie de vie (le Qi). Certains exercices de Qi gong sont effectivement conçus spécifiquement pour préserver ou transmuter l’énergie sexuelle. Il est également recommandé aux hommes de muscler leur plancher pelvien et de pratiquer des respirations et visualisations spécifiques afin de pouvoir retarder voir suspendre l’éjaculation. On considère dans le Tao de l’Amour que l’homme perd son énergie sexuelle dans l’éjaculation, entraînant un processus de vieillissement précoce. Sans éjaculation, certains maîtres taoïstes atteignent des longévités surprenantes.

 

Qi Gong
Qi Gong

 

2. Rôle de la sexualité selon la médecine traditionnelle chinoise

A son origine, la recherche dans le domaine de la sexualité avait pour but de maintenir l’Empereur en bonne santé. En déterminant comment gérer la fonction sexuelle sur les plans de la procréation, du plaisir et de la longévité, on posait les bases de la conduite à tenir pour une vie saine. Ainsi les dimensions biologiques, médicales et spirituelles de la sexualité étaient prises en compte, santé et sexualité étant ainsi étroitement liées. La sexualité en médecine chinoise est considérée comme un des aspects d’une bonne santé.

 

La pulsion sexuelle est considérée comme une énergie très puissante qui a besoin de s’exprimer. Des rapports sexuels à une fréquence propre à la constitution de chaque individu sont donc nécessaires et équilibrants sur les plans physiques et psychologiques. Une mauvaise gestion de la sexualité peut entraîner de nombreux blocages qui se manifestent par des troubles gynécologiques chez la femme et des troubles comportementaux chez les hommes.

 

3. Le désir dans la médecine traditionnelle chinoise

La sexualité fonctionne sur la base d’un mécanisme de désir. Des désirs assouvis et bien vécus sont la première et indispensable étape d’une sexualité équilibrée ouvrant l’accès à une élévation de l’esprit. On considère en effet que la spiritualité est un moyen de s’élever au-dessus des désirs, mais encore faut-il avoir vécu pleinement ses désirs en premier lieu.

 

L’absence ou le manque de désir sexuel selon la médecine chinoise peut être la conséquence des situations suivantes :

– Surmenage, fatigue

– Maladie chronique, diarrhée chronique, alimentation déséquilibrée

– Frustrations émotionnelles

– Activité sexuelle excessive telle que masturbation

 

Les solutions se trouvent dans l’acupuncture, la pharmacopée, la diététique, les massages traditionnels ou encore la pratique des arts martiaux ou du Qi Gong.

 

J’ai également trouvé des instructions pour un automassage des méridiens destiné à stimuler le fonctionnement sexuel que je vous livrerai dans un prochain article.

 

Chine. Photo de Dennis Jarvis
Chine. Photo de Dennis Jarvis

 

« Arrêtez le mal avant qu’il n’existe, calmez le désordre avant qu’il n’éclate »

Lao Tseu

 

 

Comment faire l’amour même si la libido est en sommeil

Le désir et la libido sont seuls maîtres à bord lorsqu’il s’agit de faire l’amour.

Le désir s’étiole avec le temps.

Une relation qui dure est une relation où l’on fait de moins en moins l’amour.

L’avancée dans l’âge de fait qu’accentuer cette dégringolade.

 

Voici quelques idées reçues à partir desquelles je lance une réflexion…

 

Faire l’amour est une passion universelle. Quand nous la découvrons, nous avons tous nous autres humains cet intérêt pour la sexualité. Certains le nient jusqu’à l’étouffer, d’autres l’exploitent jusqu’à lui faire perdre son sens. Entre les 2, pas facile de trouver un positionnement où l’on se sente en paix.

S’agit-il d’être bien avec soi ? De faire plaisir à son partenaire qui en demande plus que ce que nous désirons ? Ou de satisfaire aux codes et normes sociétaux qui suggèrent une fréquence de rapports soutenue?

 

Explorer sa sexualité, dans une société où l’on accède librement au choix de son partenaire, au choix d’avoir des enfants et à la possibilité de se prémunir de maladies sexuellement transmissibles est un chemin d’exploration personnelle.

Notre façon de faire l’amour nous parle de nos peurs, de nos fragilités, de notre capacité à lâcher-prise et à accueillir la vie, de notre regard et du respect que nous avons pour nous-même et aussi de nos facultés à communiquer et à exprimer nos besoins.

 

Faire l’amour peut alors être perçu comme un moyen de régler tous ces problèmes, que ce soit les nôtres ou ceux du couple. Mais pour qu’un échange réellement nourrissant ait lieu, nous avons besoin que les rencontres sexuelles soient aussi de vrais répits et pas seulement des moyens de solutionner les difficultés.

 

Les rencontres doivent avoir lieu dans des moments où nous sommes pleinement disponible à l’autre et en mesure de mettre de côté le quotidien. Avec nos rythmes de vie frénétiques et la course au temps permanente que nous menons, ces espaces pour la sexualité sont peu nombreux et ne se présentent que peu spontanément.

 

Ce qui m’a aidé c’est de mettre en place des rendez-vous avec mon compagnon, c’est à dire des temps dédiés pour faire l’amour. De prime abord ça semble peu spontané et antinomique avec l’idée du désir. Mais en réalité c’est l’inverse qui s’est produit : le désir grandit à l’idée d’un rendez-vous qui approche. C’est comme de savoir longtemps à l’avance qu’on va partir en voyage : on a le temps de savourer nos découvertes à venir déjà avant d’y être. On se prépare et on espère pour finalement être pleinement disponible le moment venu.

Poser des rendez-vous pour faire l’amour dans son agenda c’est s’accorder et s’assurer des moments de partage au travers de la sexualité.

Même quand on a encore mille choses à faire, même si on est fatigué, ces rendez-vous ne devraient jamais être décalés ou interrompus : ils sont trop précieux pour que quoi que ce soit d’autre ne se mette en travers. Certains se réservent toujours la même soirée de la semaine, d’autres préfèrent se retrouver deux fois par semaine plutôt en journée. Le tout est de trouver la fréquence et l’organisation qui conviennent aux deux partenaires.

 

Faire l’amour régulièrement est le moyen privilégié pour rester en lien, unis et forts. C’est un peu comme de calibrer son pas sur son compagnon de marche pour continuer d’avancer à la même cadence. En faisant l’amour, les corps se « mettent à jour » l’un de l’autre. Sans forcément de mots, par les regards, la présence et l’écoute, les peurs peuvent se libérer, déposées au creux d’une intimité procurant sécurité et amour.

 

Ainsi, la fréquence régulière des rendez-vous permet de stimuler la motivation face à la paresse qui s’installe. Ils luttent contre les excuses multiples qu’hommes et femmes sont capable d’inventer, même s’ils s’aiment fort. Ils rassurent les partenaires qui ont du mal à coordonner leur désir et qui savent désormais qu’au moment du rendez-vous, quoi qu’il advienne, la rencontre aura lieu. Les rendez-vous nourrissent le désir et entretiennent la flamme de l’échange.

 

« C’est se tromper que de croire qu’il n’y ait que les violentes passions, comme l’ambition et l’amour, qui puissent triompher des autres. La paresse, toute languissante qu’elle est, ne laisse pas d’en être souvent la maîtresse ; elle usurpe sur tous les desseins et sur toutes les actions de la vie ; elle y détruit et y consume insensiblement les passions et les vertus. »

LA ROCHEFOUCAULD / Maximes / Garnier 1967

 

Je vous invite à tester ce mode de fonctionnement en complément de vos procédés habituels et à me faire part de vos commentaires et retours d’expériences ci-dessous, Merci !