La sexualité au retour de la grossesse

La grossesse et l’arrivée d’un enfant, voilà 2 étapes majeures de la vie d’un couple. Au coeur de cette grande attente que représente la naissance à venir, le couple est parfois mis de côté au profit des préoccupations en lien avec l’enfant. Comment garder le fil de sa sexualité et se retrouver après l’arrivée d’un enfant?

Femme enceinte, vue de l’intérieur

Je fais partie de ces femmes qui adorent être enceinte. Sentir ce petit être au creux de mon ventre se développer, gigoter et m’accompagner à tout instant m’émerveille. Je trouve alors une certaine facilité à entrer en lien avec mon bébé, et c’est avec naturel que je peux partager cela avec mon compagnon.

Pour ce qui est de la sexualité au cours de la grossesse, c’est un peu comme si plus le bébé prend de la place et encombre mes gestes, moins j’ai de disponibilité pour partager des moments intimes. Peu à peu, je n’ai qu’une envie : me coucouner et prendre soin de cette forme de bulle qui se forme en moi et autour de moi. Concrètement j’ai très envie de beaucoup de repos, de contact avec la nature, de lectures, de bains… et de moins en moins envie d’aller vers la sexualité.

Le temps avançant je reviens à une vie très calme et centrée sur mon ventre. Comme pour chaque mère à venir, les dernières semaines sont focalisées sur la préparation du “nid”. C’est comme si tout mon système se mettait en mode “maman”. A cette période, les autres enfants de la fratrie en profitent aussi beaucoup : je suis entièrement disponible pour materner.

Femme enceinte et sexualité

Mon système est intégralement concentré à nourrir un bébé en devenir, cela puise dans mes réserves et physiologiquement je suis fatiguée. Je me sens ultra sensible : mes émotions sont à fleur de peau, je n’ai pas d’énergie pour me protéger de l’extérieur. Je me sens très vulnérable. A ce moment-là de l’histoire, mon homme est comme un pilier indestructible, protecteur et indispensable. Je lui demande d’être comme un pare-feu, un rempart qui peut absorber le superflu et qui me permet de me concentrer sur ce que j’ai à faire.

Sexuellement, la grossesse avançant, je suis de plus en plus au ralenti, surtout parce que je ne me sens pas très à l’aise avec mon corps. Le moindre mouvement devient avec le temps compliqué. Plus mon ventre prend du volume, plus mon corps est sollicité de toutes parts et moins j’ai envie de faire l’amour. La sexualité reste présente, avec des notions de lenteur et de présence qui me permettent de savourer autrement.

L’arrivée d’un bébé

Il y a 1000 façons de vivre une naissance, 1000 façons de vivre les premiers mois d’un enfant. Je constate de ma propre expérience, que dans un cas de figure où tout se passe bien, il faut environ 1 an pour retrouver sa vitalité. Un enfant c’est un concentré d’émotions, de joies, de doutes, de plaisir et aussi de fatigue. Pour une femme c’est un marathon : elle vient de se transformer pendant 9 mois, elle vient d’accoucher, et elle continue maintenant en enchaînant les nuits perturbées, l’éventuel allaitement…

De nos jours les hommes sont très présents et apportent beaucoup de soutien, et les femmes savent de mieux en mieux s’entourer pour éviter l’épuisement. Il n’empêche que les besoins des jeunes enfants sont exigeants et peuvent occasionner de la fatigue.

Pour le couple c’est un émerveillement mais c’est aussi c’est une épreuve : moindre disponibilité, réorganisation du foyer, manque de sommeil. Tous les repères changent et cela demande de la flexibilité.

Le retour à la sexualité

Revenir à soi avant tout

Au milieu de tout ça, la femme a aussi à retrouver les repères de son corps, ce facteur est souvent déstabilisant. Son corps a changé avec la grossesse, et il n’a pas forcément retrouvé sa forme “d’avant”… c’est parfois tout un chemin de se sentir bien dans sa peau, d’autant plus quand la grossesse est passée par là.

Pratique pour se sentir mieux dans sa peau: le rayon violet

Le rayon violet est une pratique de méditation qui permet de transformer nos croyances ou nos émotions. A chaque fois que vous vous sentez mal dans votre peau:

 

  • Fermez les yeux et visualisez votre corps ou la partie de votre corps qui vous irrite
  • Plongez dans la sensation de votre corps à cet endroit-là
  • Laissez émerger une image de cette sensation
  • Imaginez un rayon d’une lumière violette très pure qui inonde votre image, il la transperce et irradie partout
  • Ressentez-ce qu’il se passe dans votre corps

 

Après l’arrivée d’un enfant, la femme se sent mère avant tout. Au moins au cours des 6 premières semaines du bébé, son seul besoin est de se concentrer sur sa récupération et de rencontrer son bébé.

Plus elle arrive à vivre pleinement cette période en fusion avec son bébé, plus elle reviendra naturellement à sa vie de femme et d’amante. Ce processus s’observe chez toutes les femmes, de toutes les cultures, mais il impose de se laisser le temps de vivre ce qu’il y a à vivre sans vouloir brûler les étapes.

Entre les 6 semaines du bébé et ses 1 an environ, la femme regagne peu à peu du terrain sur sa disponibilité à elle-même. Avant les 1 an du petit, c’est comme si une part d’elle reste accaparé par l’enfant. Quand l’enfant marche, c’est comme si symboliquement, il commençait son propre chemin. C’est seulement à ce moment-là que la femme a la possibilité de pleinement se retrouver.

Retrouver son partenaire, savoir se rendre disponible

Quand un enfant arrive, la plupart des femmes ont cet instinct de protection vis à vis de leur enfant qui les pousse à occuper tout le terrain pour contrôler que leur enfant est en sécurité.

Même si elles ont pleinement confiance en leurs hommes, ils ont quand même à prouver en quelque sorte, qu’ils sont des pères capables. L’homme doit parfois s’imposer pour trouver sa place.

La femme a à faire cette place. Pour son enfant, mais aussi pour son couple et pour elle-même. En mettant un peu de distance entre elle et son bébé, la femme laisse aussi de l’espace pour que son couple reprenne sa place et retrouve sa complicité.

Le retour à la sexualité

Le retour à la sexualité après une grossesse est selon moi un moment à soigner et pour lequel les partenaires ont à s’écouter avec attention. Certains femmes ont besoin de beaucoup de temps pour se remettre de l’accouchement, d’autres voudraient aller très vite pour se rassurer que tout fonctionne correctement.

Nous sommes tous différents et nous avons tous à rester attentifs à nos besoins réels plutôt qu’à nos croyances ou aux attentes de notre environnement.

Une piste peut être de distinguer dans un premier temps intimité et sexualité : pour aller plus loin, voici un article qui vous en dit plus

Le véritable amour d’une mère, c’est d’aider l’enfant à couper le cordon ombilical.
Citation de Jean Gastaldi ; Le petit livre de maman, 47 (2003)

A la rencontre de mon orchidée

 

Je souhaite aujourd’hui vous partager une expérience que j’ai vécu, et qui m’a profondément touché : j’ai expérimenté le projet vulve proposé par Nathalie Uhlmann.

J’ai appris de façon assez naturelle par les femmes de ma lignée que mon sexe allait me servir à avoir des enfants. J’ai appris qu’il fallait qu’il soit propre, et qu’il me servait à uriner, j’ai aussi appris que je devais aller le faire contrôler de temps en temps chez un gynécologue.

Ensuite j’ai appris qu’il pouvait me donner du plaisir en découvrant la masturbation. Mais comme je n’ai jamais eu l’information par les personnes qui m’ont guidé dans la vie que mon sexe allait aussi me permettre de ressentir du plaisir, comme ma mère pouvait en ressentir avec mon père, et bien j’ai développé de la honte.

J’ai mesuré une fois adulte qu’il était essentiel que les petites filles apprennent dès leur très jeune âge que leur sexe leur servait à avoir du plaisir, ainsi elles sont en paix avec cette notion dès la base de leur construction (pour aller plus loin : Danièle Flaumenbaum, « Femme désirée, femme désirante »).

 

Mais alors il me manquait encore un pan essentiel a l’existence et à la vie dans mon sexe : celui de la conscience de sa présence un point c’est tout.

Jusqu’à présent je pouvais sentir mon sexe dans le cadre de la sexualité, lors de ma toilette, de façon souvent désagréable chez le gynécologue, je pouvais le sentir en portant et en focalisant mon attention dessus, mais qu’en était-il le reste du temps… ? Une forme de vide… rien… le néant….

Je n’avais pas encore reconnu mon sexe comme un organe à part entière, de la même façon que mes cheveux et mes yeux ont été reconnus. Mon sexe était un espace intime, secret, et certainement un peu taboo que je ne connaissais pas… j’ai donc construit dessus une image qui s’inspirait de ce que j’ai pu glâner au fur et à mesure de mon parcours : des images entraperçues dans un magazine ou un film X, des images déconnectées de la réalité, où le sexe des hommes est parfait s’il est grand et épais, et celui des femmes s’il est petit, lisse et sans poils.

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Le projet Vulve

C’est là que le projet de Nathalie a fait tout son sens pour moi. Sa proposition : se mettre en relation avec son bassin et son sexe par des pratiques de méditation et trouver un chemin à l’intérieur de soi pour se révéler et offrir son sexe à l’objectif d’un appareil photo. L’idée n’est certainement pas de passer en force, de fermer les yeux et d’écarter les cuisses en se coupant de ses sensations comme j’ai souvent pu le faire chez le gynécologue. Bien au contraire, j’ai pu trouver le fil qui me lie à mon sexe de moi à moi, là où se trouve ma plus grande vulnérabilité, et sentir physiquement et avec délicatesse que je peux maintenir ce fil même si je me montre et me révèle.

Par son accompagnement, sa présence rassurante et délicatement encourageante, Nathalie a su me guider pour dépasser mes limites, sortir de ma zone de confort et m’offrir ce beau cadeau.

J’ai trouvé dans cette expérience l’image d’une fleur d’orchidée, pleinement épanouie sur l’espace de mon sexe. Cette fleur me permet d’être en lien avec mon sexe dans toutes les situations de la vie quotidienne. Dès que j’y pense, c’est un lien délicat, une présence légère qui se manifeste. J’ai la sensation que cette expérience m’amène une dimension exploratoire de mon corps et de mon sexe qui englobe tout ce que j’ai pu sentir jusqu’à présent. Désormais, il ne s’agit plus de forcer ou de focaliser l’attention pour sentir le vivant, mais simplement de laisser fleurir ce qui est : entre mes jambes, un univers de délicatesse qui m’inonde de douceur.

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Deuxième étape : le visionnage des photos.

Le projet ne s’arrête pas là. Ces photos sont le résultat précieux de mon cheminement, et marquent cette étape charnière de mon parcours. Mais si je m’arrête là, je me retrouve face aux clichés et j’ai 2 options : soit je trouve les images belles, soit je les trouve laides. N’ayant quasi aucune représentation de ce que mon sexe rend quand il s’ouvre, mon imagination se charge du reste, et compare à ce qui est ma référence à savoir des images tirées des médias et inspirées des croyances collectives.

 

Alors Nathalie m’invite dans un premier temps à visualiser une série de photos d’autres vulves, et pour chacune elle me conte l’histoire de la femme qui est derrière. L’une est ménopausée et n’a jamais fait l’amour, l’autre a eu 4 enfants et se retrouve après s’être totalement oubliée pendant des années, une autre a vécu des abus sexuels… et alors la magie opère : je mesure par l’image combien ces sexes racontent une histoire. Je mesure que je ne les trouve ni laids ni beaux, mais qu’ils attisent simplement une grande curiosité mêlée de beaucoup de respect pour oser se révéler comme ils le font. Désormais quand je découvre une nouvelle photo, je me dis : qu’a-t-elle donc vécu ? Qu’est ce que ce sexe raconte ? Quelle est sa singularité à elle ?

 

Chaque vulve est unique, comme chaque femme est unique, comme chaque humain sur Terre, il apporte une coloration indispensable pour former le grand arc en ciel que nous sommes tous ensemble.

 

En hommage à toutes les vulves de la Terre 😉

 

 

 

Prendre soin de soi pour une sexualité harmonieuse

La vie nous est donnée et notre mission est d’en prendre soin, de prendre soin de nous. Quand nous dérogeons à cette règle nous tombons malade, nous épuisons et perdons le sens et le goût de la vie.

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Prendre soin de soi, c’est aussi se permettre d’être pleinement disponible à l’autre dans la sexualité. Si je ne satisfais pas à mes propres besoins, je vais attendre de l’autre qu’il le fasse à ma place. Alors c’est un peu comme une prise d’otage : j’exige de lui qu’il sache me combler, là ou je suis quelque part déficiente vis à vis de moi-même.

 

Le compagnon pourra alors ressentir de la pression en voulant être ultra-performant ou l’envie de fuir pour ne pas avoir à vivre cela. Cet échange tout en lourdeurs se passe souvent sans échange de mots, sans réelle conscience, mais avec le ressenti profond que quelque chose ne va pas. Souvent la femme ne se sentira pas suffisamment honorée, et l’homme ne sachant pas comment s’y prendre ira très/trop vite ou refusera tout simplement l’acte sexuel.

 

Prendre soin de soi, comment?

Prendre soin de soi ce n’est pas nécessairement s’offrir quelque chose de cher, et qui exige beaucoup de temps. Prendre soin de soi, c’est apprendre à ouvrir les portes de son cœur et à savourer la délicatesse de chaque instant. C’est savoir prendre le temps d’être attentif aux subtilités de ce que la vie nous amène et qui nous touchent.

Pour trouver des pistes pour prendre soin de vous et savoir vers quoi orienter votre attention, ces questions peuvent vous aider :

 

Qu’est ce qui est important pour vous en ce moment ? Qu’est ce qui vous nourrit ? En quoi vous sentez-vous créatif ? Qu’est ce qui peut vous faire oublier le temps et le reste du monde ?

Appuyez vous sur vos 5 sens, il est facile de trouver par leur intermédiaire des actions simples. Par exemple, sentir une fleur ou une épice, goûter à un met délicat, contempler une photo ou un paysage, apprécier le contact d’un tissu sous vos doigts, écouter une musique …

 

Prendre soin de soi 4Quand je suis attentive à provoquer ces instants où je peux savourer quelque chose d’essentiel pour moi, alors je me nourris et je satisfais à mes propres besoins. Voici quelques exemples qui parlent de moi et de mes valeurs : aller marcher dans la nature et m’emplir de toutes les odeurs, contempler un feu, observer mon cycle de femme.

 

Prendre soin de soi, pourquoi ?

Si je n’écoute pas ces besoins que sont les miens d’être par exemple en contact avec la nature, c’est comme si je me coupais d’une part de moi. Je deviens comme une plante qui a soif : je me rabougris, je m’assèche. Je suis alors prête à tout absorber pour apaiser ma soif, mais le problème c’est qu’il n’y a que l’eau de ma propre source qui puisse me contenter. Si j’essaie d’aller vers mon compagnon pour qu’il me donne de l’eau de sa source, et bien elle ne me contentera pas, elle ne me nourrira pas comme j’en ai besoin, je resterai sèche. Je vais continuer de me ratatiner et je vais m’accrocher à lui de plus en plus dans l’espoir qu’il me donne à boire, même s’il ne pourra jamais le faire à ma place !

 

J’ai besoin d’aller boire à ma propre source : aller dans la forêt, observer la lune, faire un feu, marcher pieds nus dans l’herbe… peu importe… Ce qui compte là c’est que je suis ce qui me vient intuitivement et que je suis autonome dans mon processus. Je n’ai pas besoin que l’on m’emmène me promener en forêt, non je sais que j’en ai besoin et je me prends en charge au moment où c’est là.

 

Et dans la sexualité ?

En se retrouvant dans la situation où votre compagnon fuit les échanges intimes ou est insatisfaisant selon vous dans la sexualité, 2 attitudes sont possible :

  • la première consistera à « s’obstiner » en demandant des comptes au partenaire, voir en remettant en question la relation, et à ruminer la tristesse et/ou la frustration,
  • le deuxième consistera à regarder les choses en face et à admettre que le problème trouve son origine en vous, et que votre compagnon n’est en rien responsable de ce qui vous bouleverse. En faisant ce constat, la verbalisation de ce qui se joue en vous sera précieuse pour votre compagnon. Cela lui permettra de sentir que subtilement c’est comme si la pression commençait déjà à se lever de ses épaules : en effet vous vous prenez en charge !

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Cela pourrait donner quelque chose comme :

« je suis frustrée j’ai l’impression que tu n’es pas à l’écoute de moi, comme si tu ne sentais pas ce dont j’ai besoin. Ça va trop vite je ne suis pas prête, ça me fait peur, je suis triste, j’ai envie que ce soit différent. 

Maintenant j’ai besoin de prendre un temps pour moi et je reviendrai vers toi quand ça ira mieux. »

 

Et que faire pendant ce temps pour vous ? Vous nourrir ! Trouver une action qui est faisable dans l’instant et qui vous permettra de prendre soin de vos valeurs, de ce qui est important voir essentiel pour vous !

Il y a fort à parier que vous reviendrez à votre compagnon différente, plus sereine et disponible à l’échange. Il y a aussi de fortes chances pour que vous ayez alors un recul bien plus grand sur la situation qui au préalable vous apparaissait intolérable.

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S’il fallait prendre soin de sa santé comme on prend soin de se divertir alors on ne serait jamais malade. François Gervais

 

 

 

Renouveau et sexualité, la paire indissociable?

 

La sexualité peut-elle être un constant renouvellement ou la routine est-elle inéluctable ?

Est-il utile et/ou indispensable d’en venir au visionnage de films porno, à l’achat de lingerie sexy ou de sex toys, ou encore au libertinage pour que la sexualité du couple continue d’être vivante même après des années de vie commune ?

Et s’il était possible de vivre une sexualité simple, riche et sans apparat, au sein d’un couple fidèle tout en résistant à l’épreuve du temps ?

Et si plutôt que de chercher à maintenir de la vie dans la sexualité par des apports extérieurs, il suffisait de nourrir la flamme à l’intérieur de chacun de nous ? Et si la clef de tout cela était de réussir à animer son enfant intérieur et sa joie de vivre ?

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Une tâche simple peut sembler tout à fait quelconque si l’on n’y est pas du tout présent, très pesante si on la prend à contre-pied, ou enrichissante si on choisit de la vivre pleinement. Ainsi en accueillant d’une situation qu’elle est telle qu’elle est, et que de toute façon nous allons la traverser, on ose sauter dans l’inconnu et vivre l’expérience telle qu’elle se présente. Notre enfant intérieur, avec son émerveillement permanent et son plaisir dans toutes les choses simples, nous guide vers notre capacité à savourer ce qui est.

 

Aller vers cela dans la sexualité c’est peut-être vivre la même chose que celle que l’on a la sensation d’avoir déjà vécu des centaines de fois, et pourtant d’identifier qu’elle est différente : vous êtes une personne en changement perpétuel, votre partenaire également, votre échange l’est donc forcément aussi.

Pour résumer : il n’est pas nécessaire de changer grand chose, ni de devenir un adepte de telle ou telle technique pour vivre une sexualité enrichissante et épanouissante.

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Cependant, pour amorcer un changement là où le couple peut se sentir au pied du mur, ou quand la sensation d’avoir besoin de neuf est très forte, une première étape pour amorcer le changement peut donc consister à se fixer des rendez-vous. Ceux-ci pourront être l’occasion de vous proposez mutuellement d’explorer telle ou telle nouvelle approche en posant clairement vos intentions. Il pourra s’agir d’un massage, d’une pénétration immobile, d’une position particulière, d’une pénétration sans érection, etc. Poser son intention peut vouloir dire pour une femme par exemple qu’elle souhaite que le rendez-vous soit un temps lors duquel il n’y aura pas de pénétration.

 

Mais alors comment faire si justement ce jour-là vous n’aviez pas d’inspiration pour proposer quelque chose de neuf ? Et si le fait d’avoir à proposer quelque chose était même un élément bloquant pour vous ?

 

226697274_09801bd2ed_qAlors pourquoi ne pas essayer d’être le plus possible avec votre enfant intérieur, à savoir le plus présent possible, afin d’explorer ce qui est là ? En allant vers une exploration où c’est l’instant que l’on choisit d’observer, il n’y a rien de neuf à faire, mais simplement de la présence à cultiver pour percevoir réellement ce qui est.

 

Comment faire concrètement :

 

Commencez par vous connecter pleinement à vous-même. Sans reliance préalable de vous à vous, il sera impossible de vous connecter à quoi que ce soit d’autre autour. Pour cela, rien de plus simple : respirez ! inspirez et expirez avec toute votre attention sur vos narines, sentez ce qui est là et c’est tout. Observez quand des pensées viennent et laissez-les partir avec votre souffle, restez simplement présent au souffle.

Entrez en rapport avec votre partenaire en lui offrant toute votre attention. Pour cela, le regard est un moyen direct et efficace : regardez-vous mutuellement ou à tour de rôle avec cet émerveillement de l’enfant qui découvre quelque chose de nouveau. Découvrez-vous tel que vous êtes ce jour-là, osez voir et être vus en toute simplicité. Explorez ce que vous n’aviez jamais vu, sans jugement, simplement dans l’observation.

Poursuivez votre échange amoureux selon ce principe de l’émerveillement. Comme si chaque caresse, chaque regard et chaque sensation était une expérience totalement nouvelle. Vivez ce moment comme si tout était inconnu et que vous sautiez à pieds joints dans cette découverte de l’autre et avec l’autre à chaque instant. Observez le rythme de votre découverte, et identifiez : est-il plus rapide ? plus lent qu’à l’accoutumée ?

 

2417111120_592903f503_qEn savourant ainsi la simple réalité, il n’y a plus besoin de fantasmes ni d’accessoires pour vivre l’instant intensément. Apprendre à apprécier ces instants de réalité dans le quotidien est un moyen de se rapprocher de la richesse de ce que les expériences de la vie peuvent nous apporter. Il n’y a pas besoin de mettre en œuvre de grands processus pour qu’une rencontre amoureuse soit un instant unique, mais simplement à savoir identifier ce qui en fait un instant unique pour l’apprécier à sa juste mesure.

 

«Il y a deux jours dans une année où l’on ne peut rien faire. Ils s’appellent hier et demain. Pour le moment, aujourd’hui est le jour idéal pour aimer, croire, faire et principalement vivre» – Dalaï Lama

 

Comment réveiller ses sensations 2/3

Si la notion d’insensibilité, de gêne, de douleur ou de mal-être au niveau des organes génitaux dans le cadre notamment de la sexualité vous parle, cet article, faisant partie d’une suite de 3 publications, est l’occasion de trouver des réponses concrètes à vos problèmes. Dans cette 2è étape, j’aborderai une thématique que j’intitule « Ecouter son corps ».

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Je dis souvent dans le cadre de mes cours de massage : le stress n’est pas négatif, c’est grâce à lui que nous pouvons solliciter nos muscles. Le stress nous permet donc littéralement d’avancer. En revanche, sans relaxation, son exact opposé, le stress devient toxique et nocif, il peut alors notamment créer de l’insensibilité.

 

Quand le corps s’endort, que les sensations s’engourdissent voir disparaissent, la première étape est déjà de prendre conscience de ce qui est. Ne rien ressentir, c’est ressentir qu’il n’y a rien, et c’est déjà une énorme part du travail qui est fait. Cette réalisation permet d’accueillir ce qui est et d’ouvrir un chemin vers l’avenir. Maintenant que j’ai constaté que je ne sens rien, et que je m’attache à mettre de la paix (voir article précédent proposant une approche pour faire la paix) sur la situation, que puis-je faire ?

 

La prochaine étape consistera donc naturellement à transformer le stress qui s’est accumulé pour permettre au corps de retrouver son mouvement naturel et sa fluidité. L’expression populaire « Le mouvement c’est la vie » nous renvoie au simple fait que bouger nous amène une meilleure circulation, qu’elle soit sanguine, lymphatique ou énergétique. Un blocage quel qu’il soit dans le corps, empêche une bonne circulation et réduit de fait la vitalité et la sensibilité.

 

Quand on ne ressent plus rien au niveau des organes génitaux, le blocage est peut-être à cet endroit précisément, peut-être pas. C’est grâce au mouvement du corps dans son ensemble que l’on pourra commencer à avancer et résoudre la situation. In utero, le mouvement et la perception sensorielle sont intriqués. C’est à partir du mouvement que le cerveau se développe.

 

Partant de ces constats, comment procéder, concrètement ?

 

  • Une première base : s’observer et respirer

6883077908_0d3238bce3_qQuand une tension, un blocage, une gêne, une douleur se présente dans notre corps, la première chose est d’y prêter attention et de ressentir vraiment ce qui est là. Dans le cas d’une tension, il est impressionnant d’observer ce que cela apporte de simplement respirer, en conscience.

En pratique: si la zone dont vous avez besoin de prendre soin se trouve par exemple être votre bas-ventre, essayez de concentrer toute votre attention sur votre bas-ventre et votre souffle. Comme si chaque inspiration que vous faites remplissait votre bas-ventre de lumière et chaque expiration vidait votre bas-ventre de ce qui créé la douleur (tensions physiques, émotions etc). Il est essentiel de rester vraiment dans une attention délicate et douce envers vous-même, et pas dans une attention crispée où il « faut » absolument rester attentif ; vous seriez sinon contre-productif.

 

  • une deuxième base : bouger

Bouger son corps tout en restant à l’écoute de soi-même, voilà tout un challenge. Loin des obligations conventionnelles et des esprits compétitifs qui trouveront toujours le moyen de se pousser à bouger, je vous propose de prendre le temps d’expérimenter le mouvement fluide. J’entends pas là un mouvement qui permet à votre corps de s’exprimer tel qu’il en a besoin à ce moment-là, selon son propre rythme et surtout avec la notion de plaisir en toile de fond.

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En pratique : choisissez une musique qui vous inspire la fluidité à ce moment-là. Choisissez un morceau de tissu, un foulard : quelque chose de fluide. Commencez par faire 3 grandes respirations (attentives et délicates ;-), laissez venir cette sensation de paix qui émerge quand il n’y a plus que le souffle qui compte. Commencez par faire onduler ce voile que vous agitez lentement devant vous puis laissez-vous inspirer par cette fluidité et allez doucement vous-même vers les mouvements qui émergent. Un peu comme si vous laissiez sortir de votre ventre les mouvements de vos bras, de vos jambes et surtout de votre bassin. Votre bassin est au cœur du mouvement que vous produisez. Imaginez que vous êtes une pieuvre majestueuse : des gestes doux et fluides qui partent comme des ondes depuis votre bassin vers l’extérieur. Observez vos pensées sans vous y accrocher en revenant systématiquement à votre respiration, et laissez vous onduler dans la fluidité. Quelque soit le style de musique il est possible d’être dans la fluidité et le calme intérieur.

 

  • une troisième suggestion : explorer

5813985352_ce5a155bb3_qLa sexualité est rarement enseignée sous l’angle du plaisir. Souvent la femme peut avoir la tendance à attendre    que l’homme la satisfasse sans même savoir elle-même ce qu’elle aime et ce qu’elle souhaite. Souvent l’homme aura tendance à agir avec la femme et avec son sexe de la même façon qu’il agirait avec le sien, et ne comprend pas que le résultat ne soit pas à la hauteur de ses attentes. Ces décalages et méconnaissances ajoutés à des difficultés à communiquer créent à force de répétition, des frustrations qui s’accumulent. L’attention n’est alors plus sur la finesse des sensations qui émergent, mais plutôt sur les attentes, les gênes et les non-dits.

Avant de rentrer en relation avec un partenaire, je vous propose une pratique simple, même si elle n’est pas forcément facile, pour retrouver une connexion dans la simplicité avec soi-même, avec son corps et en particulier avec son sexe.

 

En pratique : Installez vous confortablement, couché ou assis, mettez vous en lien avec votre respiration de façon détendue et attentive à la fois. Posez une main sur votre cœur, l’autre sur votre bas ventre, sentez votre souffle aller d’une main à l’autre. La pratique consiste à simplement rester dans l’immobilité, en conscience de la respiration qui circule d’une main à l’autre, et à ressentir ce qu’il se passe dans le corps. Peut-être qu’il n’y a aucune sensation, et c’est ok, osez rester un moment ainsi, avec votre souffle pour accueillir cela. Peut-être que la sensation est localisée sur la zone de contact, là où le toucher se fait. Peut-être que la sensation s’étend ailleurs dans le corps grâce à la respiration.

Le fil rouge de cette pratique est d’une part la respiration, et d’autre part l’observation. Laissez circuler ce qui émerge grâce à votre souffle, n’essayez pas d’attraper les choses elles vous échapperaient…

 

S’observer et respirer, bouger, explorer : 3 pistes pour avancer sur un chemin de redécouverte où les avancées comme les résistances font partie d’un parcours qui mène de toute façon à retrouver son essentiel.

 

Si ces conseils vous touchent mais que vous n’arrivez pas à les mettre en action, si vous sentez que quelque chose cloche dans votre sexualité sans trop savoir quoi, si vous avez l’impression d’avancer dans le brouillard et que la tâche vous semble insurmontable… Si la sexualité vous paraît terne et manquant de vie, que votre désir et votre libido sont quasi inexistants ou alors autre possibilité que vous carburez aux fantasmes pour maintenir votre envie… si vous avez une sensation de vide insatisfaisante…

alors sachez que je vous comprends car je suis allée jusqu’au bord de l’étouffement dans ce fonctionnement. Tout a changé pour moi en partant marcher 1600km à pied sur le chemin de Compostelle, et en me remettant peu à peu, grâce à mes pieds dans la Terre et aux multiples leçons de la vie, à entendre ce que mon corps disait. 70 jours de solitude, avec pour seul souci matériel de subvenir à mes besoins de base m’ont remis les idées en place et de la justesse dans mes priorités. Depuis cette période, je suis en quête de tout ce qui peut me permettre de maintenir et de faire grandir la vie et l’authenticité que j’ai trouvé à l’intérieur de moi, et qui peuvent désormais rayonner dans ma sexualité. Mes lectures, les conférences, les cours que j’ai suivi sont tous des éléments qui viennent faire grandir mes connaissances dans des domaines très variés : la massothérapie, l’anatomie-physiologie, l’acupressure, la médecine chinoise, la tradition ayurvédique, la méditation, le yoga, la sexualité sacrée, le massage abdominal Maya, le Haka… C’est en tirant l’essence de ces enseignements accumulés depuis maintenant 7 ans que j’ai pu en tirer selon moi les éléments déterminants permettant de se remettre en lien avec ses sensations et de trouver de la clarté et de la simplicité dans sa vie sexuelle.

 

Je me propose de vous faire découvrir les outils clés que j’ai identifiés et qui m’ont permis de redécouvrir la sexualité. Ils permettent aujourd’hui aux femmes qui me sollicitent de retrouver la finesse et la délicatesse de leurs ressentis intimes.

 

Je vous présenterai la semaine prochaine le programme Parcours de squaw, la squaw étant pour moi la parfaite représentation d’une femme faisant le lien entre la Terre et le vivant, une femme dans sa justesse et qui s’honore.

 

Vivez ! vivez la merveilleuse vie qui est en vous ! N’en laissez rien perdre ! Cherchez de nouvelles sensations, toujours ! Que rien ne vous effraie….

Le Portrait de Dorian Gray
[ Oscar Wilde ]

 

 

3 clefs de base pour ralentir et mieux savourer sa sexualité

5324122690_0f042f961e_q Notre société orientée vers la production et poussée à son extrême nous amène à adopter des comportements parfois dénués d’humanité. Nous avançons coûte que coûte, même si au passage nous perdons des plumes.

Pour produire il « faut » être fort, il « faut » réussir, il « faut » passer par telle et telle voie toute tracée. La sexualité ne manque pas à cette règle : nous sommes persuadés de devoir produire un orgasme, et que pour se faire il faut avoir du désir au bon moment, être performant et cependant à l’écoute de l’autre.

 

Ces croyances nous enferment peu à peu dans un fonctionnement qui se sclérose. Nous construisons peu à peu une sorte de cadre dans lequel il est « normal » d’évoluer et dans lequel nous avons tendance à nous crisper encore plus si quelque chose n’est pas conforme à nos plans.

Mais quelle place reste-t-il pour aller avec ce que la mouvance de la vie nous amène ? Quelle réaction avons-nous face à un imprévu qui s’invite dans un engrenage bien huilé? Quelle disponibilité avons-nous pour assouplir nos fonctionnements et aller avec le vent ?

 

Pourquoi apprenons-nous à rester conformes et constants quand la vie est faite de changements et de particularismes individuels ?

 

Et vous, que se passe-t-il en vous quand votre sexualité n’est pas celle que vous rêveriez qu’elle soit ? Une baisse de libido, du mal à communiquer avec votre partenaire, ou des difficultés à lâcher-prise et à avoir du plaisir pendant que vous faites l’amour… ?

 

Voici 3 clefs de base pour ralentir et mieux savourer sa sexualité…

 

  1. Ralentir et revenir aux sens

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Le slow sex est un mouvement prônant la lenteur dans la sexualité. De la même façon que le slow food est un moyen de nourrir son corps de façon respectueuse, le slow sex sera un moyen de retrouver de l’intensité et du plaisir dans des gestes simples. L’objectif n’est pas d’aller lentement pour le plaisir de s’économiser, mais bien de renouer avec l’ensemble des informations que nous transmettent nos sens.

Quand un bébé arrive sur Terre, et qu’on lui propose un massage, on s’aperçoit qu’il est très vite saturé par la foule d’informations qu’il reçoit quand on le masse. Au bout d’un court moment (10-15minutes) il a besoin qu’on lui laisse le temps d’assimiler ce qu’il découvre. En vieillissant, nous perdons parfois complètement la fraîcheur de cette intensité et il nous en faut toujours plus pour avoir du plaisir ou pour ressentir du désir.

 

Pour revenir à de la simplicité, la première clef consiste à se raccrocher à quelque chose de très concret et facile d’accès : les 5 sens.

Quand on s’entraîne simplement à écouter ce qui se joue au niveau de nos sens, et qu’on développe peu à peu ces capacités, le potentiel se déploie et amène beaucoup de profondeur et de subtilité en quelques gestes simples. (Pour aller plus loin sur ce thème des 5 sens, voir cet article)

 

  1. Respirer

207220245_137f148bc0_qQuand tout s’emballe, que l’on s’embarque dans des difficultés à communiquer, ou que rien ne va plus, nous avons la fâcheuse tendance naturelle à nous mettre en apnée.

Or la respiration est LA clef autour de laquelle tous les maîtres et les grandes traditions spirituelles construisent leurs approches.

Porter une délicate attention à l’air qui rentre et qui sort au niveau de ses narines, en observant simplement les pensées qui se présentent et en revenant toujours à ressentir ce qui se passe au niveau des narines : voilà comment respirer en conscience.

Cette approche est remarquable car elle permet d’instaurer une paix intérieure de façon quasi instantanée.

 

  1. Trouver de la souplesse

16995277029_896c2ddee2_qSe fixer un objectif et tout mettre en œuvre pour y parvenir est une mécanique qui peut permettre de se dépasser. En revanche la limite de ce système est qu’il pousse à aller chercher le résultat coûte que coûte, même si cela passe «  en force ».

Se poser un cap pour définir où l’on souhaite arriver, et rester ouvert à la façon dont cela se fera est une approche qui incite à avoir confiance que la vie amènera ce qu’il faut sur la route pour y arriver. La souplesse est un atout qui se développera alors pour permettre de voir les problèmes ou les difficultés comme des cailloux sur lesquels on peut rebondir pour traverser la rivière.

Comment envisager sa sexualité selon ce prisme ? Et si le seul souhait des partenaires consistait à partager un moment d’intimité à 2, sans autre intention que de connecter leurs corps et leurs cœurs ? Qu’est ce que cela apporterait que la pénétration ne soit même pas nécessaire ? Ou que le cap soit simplement de rester dans la pénétration sans aller vers l’excitation (voir article) ?

Quelle est la première image qui vous vient quand je vous évoque la souplesse ? Pourriez-vous la visualiser maintenant et ressentir ce que cela fait dans votre corps ?

Pour moi si je pense à la souplesse je ressens comme une onde qui part de mon bas ventre et remonte jusque vers ma poitrine. Dans les moments où je sens que je me fige sur des croyances ou des idées toutes faites, cette image de la vague est très précieuse pour me permettre d’aller vers plus de flexibilité et de souplesse. Pour m’aider à y avoir recours, je pourrais m’aider en affichant l’image de cette vague dans ma maison, ou encore sur le fond d’écran de mon ordinateur.

 

 

Ralentir, respirer, rester souple, 3 clefs pleines de simplicité qui ont besoin d’être entraînées et pratiquées dans le quotidien pour mieux savourer sa sexualité et sentir combien cela peut impacter le plaisir.

 

 

« Tout ce qui doit durer est lent à croître »

Louis de Bonald

 

 

Cet article a été écrit sur l’invitation du blog C’éclair et dans le cadre du festival « A la croisée des Blogs » Edition n°82 – Juillet 2015 – Ralentir pour réussir. On doit ce festival au site developpementpersonnel.org qui regroupe des blogueurs et blogueuses francophones.

Comment renouer avec la sexualité après une naissance ?

Les 1ères semaines suivant l’arrivée d’un enfant ont un rôle prédominant dans la constitution du lien d’attachement entre le bébé, son père et sa mère.14535123650_418a35f307_q

Cette période de fusion avec le bébé est généralement beaucoup plus intense pour la femme qui a en plus vécu l’accouchement, d’autant plus si c’est son premier enfant. Dans le meilleur des cas tout semble cotonneux et le temps s’arrête pour laisser place à la magie de l’instant présent. Quand la femme s’autorise à la vivre pleinement, cette phase de fusion s’estompe peu à peu au moment où elle retrouve naturellement le besoin et l’envie d’aller vers le monde.

 

En parallèle son compagnon vit lui aussi un grand chamboulement : d’une part par l’arrivée du bébé, mais aussi par la transformation qui continue de s’opérer chez sa femme. Elle est désormais beaucoup moins disponible à elle-même, et donc encore moins à lui. Cependant, la femme qui a l’habitude dans nos sociétés de toujours paraître très forte, peut avoir tendance à avoir du mal à lâcher du lest, et à continuer de vouloir contrôler la situation, alors même qu’elle n’en est physiquement plus capable. Elle entre alors en lutte avec elle-même tiraillée entre son besoin d’être près du bébé, et celle de continuer à tenir son rôle habituel.

L’homme peut alors se dire « ok, alors je la laisse faire puisqu’elle y arrive et n’a pas besoin de moi ». Mais souvent la femme a besoin que son homme, sa mère, ses sœurs se posent là et lui disent « maintenant tu arrêtes, tu vis ta maternité, et tu me laisses faire ». Alors qu’il compense en la soutenant du mieux qu’il peut sur tous les fronts où elle ne peut temporairement plus être, l’homme donne souvent beaucoup de sa personne pendant cette phase.

 

Bref, tout cela prend une énergie folle et l’homme comme la femme, compagnons de vie, traversent alors une tempête. Une tempête où les émotions sont à fleur de peau, une tempête où les repères volent en éclat, une tempête où les rôles sont redéfinis mais demeurent flous. Une tempête où ils sont aussi les plus heureux du monde, et du coup pourquoi pas, finissent même par culpabiliser de ne pas savoir savourer simplement ce qu’ils vivent…

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Et qu’en est-il de leur intimité ?

Se laissent-il déborder par la nouveauté et relèguent-ils leurs rencontres amoureuses au dernier plan ?

Ou arrivent-il à maintenir le lien en se communiquant de la tendresse ?

Ou encore reprennent-il leurs activités sexuelles très vite après l’accouchement ?

 

J’utilise à dessein ici le terme intimité plutôt que sexualité car il connote ici une approche pouvant aussi être basée sur la simple tendresse. Alors que le corps de la femme a vécu d’immenses transformations et qu’elle restera peut-être endolorie pendant plusieurs semaines après la naissance du bébé, il est au début souvent impensable pour elle d’imaginer une pénétration. La simple tendresse entre elle est lui peut déjà être un immense baume au cœur et une oasis de paix au milieu de la tempête. Au début la femme peut avoir du mal à laisser son bébé, même dans une autre pièce de l’appartement. Il est essentiel qu’elle s’écoute et qu’elle se respecte dans ce besoin des premières semaines sans quoi elle se ferait violence.

En revanche, même quand la femme fusionne avec son bébé et qu’elle se laisse absorber par la bulle qui se construit entre eux deux, il est essentiel de laisser une place à son homme. Son homme qui prendra ainsi sa place de papa, et son homme qui est, et restera son compagnon et avec qui elle peut se régénérer et retrouver de l’énergie même au milieu de la tempête.

 

L’isolement peut créer beaucoup de dégâts. Il n’est pas sain pour une femme de n’être plus que mère et de tout donner à ses enfants. Elle finira épuisée et vide d’elle-même après quelques années. En ouvrant ses bras aux autres et surtout à son compagnon, la femme se permet de rester femme et de vivre toutes les facettes de sa vie de femme, même en tant que jeune maman.

 

Quand la tempête des émotions et de la nouveauté bat son plein, et que les mots ne suffisent plus à se comprendre, partager un moment d’intimité en connectant les corps est le meilleur moyen de remettre les pendules à l’heure. Un peu comme si la chaleur du corps de l’autre venait apporter du réconfort là où c’est nécessaire. La tête et les mots peuvent prendre des vacances et vous laisser souffler, pour redescendre là où vous avez une base sereine et secure : votre corps.

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La tendresse est ici la première étape vers un retour à la sexualité. De simples câlins, des échanges de caresses et de regards peuvent permettre à l’homme et à la femme de nourrir leur couple. Ils apprendront de toute façon à composer avec le fait d’avoir désormais moins de temps à se consacrer, et sauront tirer l’essence de leurs échanges en un minimum de temps.

 

La 1ère relation sexuelle avec pénétration après la naissance de leur bébé pourra être vue par le couple comme une nouvelle « première fois ». Ils y retrouveront le même besoin de délicatesse et d’écoute, et leur maturité pourra les amener à ajouter aussi une bonne dose de présence et de communication.

 

La femme pourra préférer se trouver à califourchon sur son compagnon, pour contrôler elle-même ce qui est convenable pour elle comme rythme et comme profondeur de pénétration. Partager ses ressentis au fur et à mesure permettra à l’homme de mesurer ce qui se passe pour elle. Aller lentement permettra à chacun de retrouver des ressentis qui sont peut-être endormis depuis un moment.

 

Mesdames osez dire non ! osez sentir que votre vagin n’est pas prêt! osez dire que c’est assez pour aujourd’hui, osez affirmer que vous avez besoin d’y aller par étapes…

Quand un couple s’aime, faire l’amour pour faire plaisir à l’autre est rarement une réussite. Tant pour elle qui se fait violence et n’écoute pas le besoin de son corps, que pour lui qui ressent qu’elle ne lâche pas prise, et se sent très seul dans ce qu’il voudrait légitimement être un partage.

 

Un enfant a besoin de sentir que ses parents continuent de partager de l’amour, et que cela s’exprime jusque dans leurs corps. Même s’il ne sait pas de quoi il s’agit et qu’on ne lui dit rien, un enfant ressent quand l’énergie circule ou ne circule pas entre ses parents. C’est aussi grâce à la sexualité que nous régulons cette circulation dans nos corps, et que nous nous maintenons au diapason pour former des couples unis et en évolution.

 

« L’amour triomphe de tout »

Virgile

Lâcher prise pour mieux faire l’amour en 3 étapes

L’importance de lâcher le mental pour savourer l’instant présent et pouvoir ainsi explorer pleinement les sensations du corps dans la sexualité est souvent évoquée sur ce blog. La sexualité étant bien souvent un univers dans lequel les difficultés et les blocages sont présents, il me semble judicieux d’aborder le thème du lâcher prise dans un contexte plus vaste. Comme si pratiquer le lâcher-prise dans le quotidien était un moyen de le rendre ensuite plus facile et naturel dans la sexualité.

Les scientifiques s’accordent à dire que le lâcher-prise n’est pas quelque chose de très naturel pour nous autres humains. Notre néocortex est programmé pour penser « à haut débit » nous amenant ainsi un nombre incalculable de pensées et d’idées chaque minute. Si nous vivons cela sans en être conscient, autrement dit si nous le subissons, nous pouvons nous sentir très fatigué et las de ce dialogue interne permanent qui finit par dominer notre vie. Nous n’agissons alors plus parce que nous avons un feeling ou une sensation d’attraction pour quelque chose, mais parce que nous réfléchissons et pensons que c’est ce qu’il y a de mieux à faire.

Penser et réfléchir sont des ressources précieuses, elles nous permettent d’évaluer, de comparer, de raisonner, de comprendre et aussi de créer. Mais elles peuvent aussi devenir toxiques si elles deviennent incontrôlées, envahissant tous les espaces de notre vie au point parfois de nous empêcher de dormir ou de ne plus avoir envie de faire l’amour.

 

L’idéal serait d’atteindre le stade où le mental est un conseiller que l’on peut consulter à volonté, et où nous pouvons laisser toute sa place à notre intuition et à notre sagesse intérieure pour la prise de décision. Autrement dit un état où l’on peut faire la part des choses entre ce que nous dit notre cœur et ce que nous dicte notre mental.

C’est un véritable entraînement qui pourra permettre de mettre en place cette mécanique et de rompre avec un fonctionnement qui est bien souvent ancré en nous depuis l’enfance.

 

Voici donc les 3 étapes que je vous propose pour « pratiquer » votre lâcher-prise :

 

1ère étape : rester ancré

A l’image de l’arbre dont les racines bien plantées en terre le fournissent en énergie, l’homme a besoin d’ancrage pour pouvoir s’épanouir. Souvent les personnes qui travaillent la terre ou qui sont en contact avec les animaux n’ont pas de problème pour rester à l’écoute de leurs ressentis et faire la part des choses entre ce qu’ils sentent et ce qu’ils pensent. Ils suivent leur instinct et voilà tout.

Etre en contact avec la nature est le meilleur moyen de trouver l’authenticité, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de soi.

 

Pratique : Si possible les pieds nus et si possible dans l’herbe ou sur la terre, restez debout 3 minutes sans bouger en ne pensant qu’au contact de vos pieds par terre. Comme s’il n’y avait plus que ça qui comptait et que vous essayiez de sentir ce qu’il se passe sur chaque millimètre de votre plante de pied.

 

2ème étape : rester émerveillé

Lâcher prise

 

La capacité à s’émerveiller des petits riens de la vie nous rappelle quel trésor nous avons à disposition à chaque instant. N’est ce pas magique d’observer la complexité du corps humain ? N’est ce pas simplement beau une fleur qui s’ouvre et un papillon qui parade ?

 

Pratique : pendant 3 minutes, observez et ressentez quelque chose avec émerveillement. Il peut s’agir de quelque chose que vous regarder, mais aussi que vous touchez, que vous respirez, que vous goûtez ou que vous écoutez. Laissez-vous complètement transporter par l’expérience.

 

3ème étape : rester connecté

Quand le quotidien nous happe, que peu à peu l’enchaînement des tâches perd de sa saveur et que la morosité gagne du terrain, c’est que l’on a perdu la connexion à soi-même. Se faire passer en premier est certes égoïste et cependant vital. Qui pourrez-vous aider si vous n’avez plus rien à donner ?

Rester relié à soi-même c’est s’accorder des espace-temps qui nous sont dédiés, en conscience. Il peut s’agir de s’offrir un massage ou de partir en weekend, mais aussi simplement de savourer pleinement un moment d’émerveillement en se rappelant que c’est un temps qui nous est consacré exclusivement (même si les enfants crient à côté, même si le patron s’impatiente, etc).

Et là quelques minutes suffisent pour déguster une fraise avec délectation, ou pour allumer une bougie et honorer le temps que l’on s’accorde, ou pour rire à gorge déployée devant une scène de film que l’on adore, ou pour admirer une œuvre d’art, ou, ou, ou…

Et maintenant, qu’en serait-il si avant de faire l’amour vous traversiez ces 3 étapes en couple ? Par exemple…

Rester ancré : Face à face, les yeux fermés, vous ressentez vos pieds et seulement vos pieds

Rester émerveillé : vous ouvrez les yeux et vous vous admirez l’un l’autre, comme si c’était la première fois que vous vous voyez. Admirez chaque parcelle de peau, chaque partie du corps. Accueillez ce regard sans jugement de l’autre, qui s’émerveille tout simplement.

Rester connecté : L’homme s’allonge, la femme trouve sa place allongée sur lui, sans pénétration. Le couple reste ainsi sans bouger, sans parler, simplement ensemble et uni, chacun cherche la plus grande décontraction possible.

 

 

Une des choses les plus importantes qui soient est l’art de vivre.

Y a-t-il une façon de vivre notre vie quotidienne qui soit entièrement différente de celle que nous vivons habituellement et que nous connaissons tous ?
Y a-t-il une façon de vivre sans aucune contrainte, sans aucun conflit, sans la discipline du conformisme ? Comment vais-je le découvrir ? Je ne pourrai le découvrir que si mon esprit tout entier voit exactement ce qui se passe à l’instant présent. En d’autres termes, je ne peux découvrir ce que signifie vivre sans conflit que si je peux observer ce qui se passe en ce moment. Cette observation n’a rien d’intellectuel ou d’émotionnel c’est une perception aigüe, claire et exacte dans laquelle il n’y a pas de dualité. Il n’y a que le réel et rien d’autre.

Question : Qu’entendez-vous par dualité dans ce cas ?

Krishnamurti : Je veux dire qu’il n’y a ni opposition ni contradiction dans ce qui est entrain de se passer. La dualité n’apparaît que lorsque qu’il y a fuite devant ce qui est. Cette fuite suscite l’opposé et alors surgit le conflit. Seul le réel existe, et rien d’autre.

Krishnamurti, Lettre aux écoles N° 23 – Le Courrier du Livre – 1989

 

 

Cet article a été écrit sur l’invitation du blog Speedevelopment dans le cadre du Festival de la Croisée des Blogs – mai 2015. C’est la 80ème édition de ce festival qui existe depuis octobre 2008 et que l’on doit au site developpementpersonnel.org qui regroupe des blogueurs et blogueuses francophones.

Pourquoi et comment parler de sexe ?

Alors que nous sommes tous nés d’un rapport sexuel et que nous sommes tous amenés à l’expérimenter et à l’explorer au cours de notre vie, la sexualité demeure un sujet où les tabous entravent la liberté de s’exprimer avec naturel.

 

2/3 des français, des italiens et des Belges se déclarent satisfaits de leur vie sexuelle. Cependant, 1 personne sur 2 se trouve au moins une fois confrontée au cours de sa vie sexuelle à des difficultés (problème d’absence de désir, difficulté à avoir un orgasme, trouble de l’érection ou trouble de l’éjaculation).

 

Ces difficultés sont partagées à environ 50% avec le partenaire, 15% avec un(e) ami(e), 10% avec un médecin. Environ 25% ne partagent le problème avec personne, soit 1 personne sur 4 ayant des difficultés.

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1. Pourquoi parler de sexe est-il libérateur ?

 

– Un moyen de rompre l’isolement

La sexualité est un univers dans lequel nous sommes extrêmement vulnérables : nous nous mettons à nu, au propre comme au figuré. Un grain de sable dans l’engrenage peut donc vite paraître une montagne si l’on ne trouve pas le moyen de le contourner.

Parler de ses difficultés permet d’accueillir cette part de vulnérabilité que nous avons tous en nous. Et même si ça fait peur pour commencer, on s’aperçoit bien vite que les difficultés sont partagées. N’oubliez pas la statistique : 1 personne sur 2…

 

– Apprendre par le partage d’expériences

La sexualité c’est aussi un espace où l’on se retrouve souvent seul face à ses découvertes, ses ressentis et ses croyances. Qui a bénéficié d’une éducation où la sexualité était un sujet librement discuté ?

Le partage d’expériences, dans le domaine de la sexualité comme ailleurs, nous permet d’apprendre et d’enrichir nos parcours. Sans réel partage, nous ne permettons pas à notre sexualité d’évoluer. Elle reste statique, et comme tout ce qui n’est pas rafraichis et renouvelé, elle devient ennuyante puis finit par s’endormir.

Il existe des forums entiers sur le thème de la sexualité, où tout un chacun vient poser toutes sortes de questions quant à ses difficultés ou expériences sexuelles. Ces échanges sont une chose, mais l’écran, en permettant de maintenir l’anonymat, de « faire écran », évite de se montrer vulnérable et amène à s’enfermer dans un double-jeu : je fais bonne figure dans mon quotidien, et je m’autorise à être vrai devant une machine…

 

Faire tomber les masques, c’est mettre du naturel et de la simplicité dans sa vie et dans ses échanges humains. S’autoriser à se montrer vulnérable, c’est aussi permettre que les difficultés deviennent des cailloux sur lesquels on peut sauter pour traverser la rivière. A l’inverse, maintenir le masque, c’est prendre le risque de se braquer sur le problème et d’en faire un obstacle infranchissable.

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2. Comment parler de sexe

 

– Se jeter à l’eau et oser !

Souvent c’est de franchir le premier pas qui est difficile. S’apercevoir que même si on a osé, la Terre continue de tourner et la plupart du temps l’ouverture que l’on créé est bienvenue, est un soulagement et encourage à recommencer.

 

– Parler vrai et parler de ses ressentis

Se lancer sur le thème de la sexualité peut paraître suffisamment impressionnant pour s’obliger en plus à parler à mots couverts. Parler vrai ne veut pas dire parler cru, mais veut dire parler avec son cœur. Livrer ce que l’on ressent quand c’est facile ou difficile, quand on fait face au désir de son compagnon et que l’on n’en ressent pas soit même ou quand à l’inverse on se retrouve face à un refus après des avances, etc. C’est comment pour moi ? ça me fait quoi ? Et toi as-tu déjà vécu ça ? Comment le traverse-tu ? Qu’est-ce qui t’aide ?

 

– Eviter de rentrer dans les jeux psychologiques

Il est essentiel de se rappeler que l’on est responsable de son propre parcours. Même si l’impression que c’est le partenaire qui est responsable des difficultés sexuelles domine, il est utile de se recentrer et de tirer profit de cette expérience pour pratiquer un petit exercice :

 

En prenant quelques respirations profondes, essayez de mettre toute votre attention sur la zone de votre poitrine/cœur. Quand vous êtes là, laissez émerger la première image qui vous vient, même si elle est saugrenue. Peut-être est-ce un nuage bleu, peut-être un arbre immense, peut-être un petit pois rose… bref, laissez venir.

Quand maintenant une difficulté se présente dans votre sexualité, revenez à cette image et à votre focus sur la zone de la poitine/cœur, restez-là, puis observez ce qui se passe… vous serez souvent étonné de voir que le partenaire ressent ce calme en vous et quelque chose s’apaise dans la situation.

Nota : cet exercice est aussi valable en cas de tensions avec vos enfants 😉

 

¾ des français estiment que les problèmes sexuels ont des conséquences sur leur vie de couple. Qu’en serait-il si on la communication était plus fluide… ?

 

L’amour n’aime pas le déguisement, seules la simplicité et la franchise lui inspirent une douce sécurité.
Mirabeau, Lettre à Sophie Ruffei, le 1er novembre 1777

 

 

 

Source des statistiques : enquête Ifop (Institut français d’opinion publique) de juin 2013 sur la satisfaction sexuelle

Crédits photos: Wiertz Sebastien, Dejan H

 

Comment le massage réveille notre énergie sexuelle de vie

L’énergie sexuelle de vie peut être activée de multiples façons. La danse, certaines formes de méditations, certaines pratiques de yoga ou d’arts martiaux notamment peuvent être des portes d’entrée vers cette énergie vitale. La sexualité en est une autre, tout comme le massage.

 

Comment le massage agit-il ?

Par son action sur les plans physique, émotionnel, mental et spirituel, le massage libère les tensions et permet de revenir au centre de soi même, là où le calme règne et où l’essentiel redevient évident. Les parasites que peuvent être les pensées lorsque le mental est au contrôle reviennent au second plan. L’individu peut retrouver doucement l’espace où son intuition est présente et audible.

 

Pourquoi et comment le massage active l’énergie de vie ?

En se reconnectant à la simplicité de son corps, à l’intensité des sensations lorsque la peau, notre plus grand organe est stimulé, c’est tout le système qui est mobilisé vers quelque chose de très concret. Le massage met en évidence les contours du corps, les limites de notre « enveloppe » et amène à recentrer l’attention sur l’instant présent. Un bon massage devrait être un moment où tant le masseur que le massé sont pleinement dans l’ici et maintenant. Quand le temps se suspend ainsi, c’est souvent l’occasion pour les deux intervenants de faire un voyage « hors du temps », où les limites sont concrètes (par le corps) et infinies à la fois. C’est aussi dans ces espaces de lâcher-prise total que le corps peut vraiment lever les tensions et les voiles qui l’obstruent. L’énergie de vie peut alors retrouver un chemin vers une circulation de plus en plus fluide et continue.

 

Pourquoi se masser en couple ?

MassageSe masser au sein du couple est un moyen de se mettre en lien tout en permettant aux corps de s’harmoniser. Tous les individus sont en évolution : la vie amène en permanence à changer. Il est donc indispensable pour un couple de se « remettre à jour » régulièrement en constatant les changements qui ont lieu chez l’autre. Cet échange se fait d’une part par la communication verbale, mais doit aussi passer par une communication non verbale sans quoi l’information reste forcément incomplète. Le massage est un bon moyen de mettre les corps au diapason.

 

Comment se masser en couple ?

D’abord il est essentiel de se mettre d’accord sur le cadre que l’on veut donner à cette pratique. Peut-être qu’il sera rassurant pour certains de poser que l’échange ne débouchera pas sur une relation sexuelle. Pour d’autres cela peut constituer une forme de préliminaires. Peut-être qu’il sera important de préciser quelles zones du corps peuvent ou ne peuvent pas être massées, chacun devra sentir ce qu’il a besoin de poser pour se sentir pleinement en sécurité.

Le massage est une pratique intime dans le sens où elle nous ouvre la possibilité d’être complètement dans le lâcher-prise. Pour atteindre cela, il est indispensable de se sentir absolument en confiance.

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Une fois le cadre posé, place à l’action. Le masseur comme le massé pourront alors rentrer dans un échange qui n’est pas forcément un mouvement normé qui cherche à soulager en détail un muscle. Essayez plutôt des mouvements d’effleurage ayant pour but d’être le plus possible en contact avec la peau de l’autre. N ‘hésitez pas à utiliser le plus possible votre corps, à être bien présent dans votre contact pour qu’il ne s’agisse pas de caresses trop légères qui peuvent donner une impression de chatouilles. Important également : bien respirer et essayer d’être pleinement présent dans ce que vous faites. C’est en étant vraiment centré et dans le moment que l’autre pourra vraiment se laisser aller.

Pour celui qui est massé, c’est aussi tout un exercice que de simplement accueillir ce qui est là, avec les imperfections éventuelles, mais toujours le cœur ouvert !

 

Si vous le souhaitez, il est possible de partager vos ressentis au fur et à mesure du massage ; il est aussi possible de poser le souhait de rester en silence, simplement à l’écoute des respirations.

 

Et si le corps réagit ?

En mettant en mouvement l’énergie sexuelle de vie, le massage peut créer des manifestations de cette énergie dans le corps : une érection chez l’homme, une ouverture du sexe chez la femme. Laissez circuler cette énergie dans l’ensemble de votre corps, respirez et sentez comme cela peut être naturel et simplement vivant de traverser ces états de montées et redescentes de l’énergie vitale.

 

L’habitude que l’érection ou la lubrification soient obligatoirement le signe du désir sexuel est fréquente, mais pourquoi ne pas essayer de les voir comme de simples signes que nous sommes vivants et que l’énergie circule à l’intérieur ?

Oser regarder ce sexe en érection sans lui coller l’étiquette de l’excitation sexuelle, de l’attente et de l’envie impérieuse de « conclure » est un chemin vers plus de naturel et moins de pression tant pour l’homme que pour la femme.

 

 

Si tu ne sais pas quoi faire de tes mains transformes les en caresses

Jacques Salomé

 

 

Et vous pratiquez-vous le massage en couple et quels bienfaits en tirez-vous ?