3 clefs de base pour ralentir et mieux savourer sa sexualité

5324122690_0f042f961e_q Notre société orientée vers la production et poussée à son extrême nous amène à adopter des comportements parfois dénués d’humanité. Nous avançons coûte que coûte, même si au passage nous perdons des plumes.

Pour produire il « faut » être fort, il « faut » réussir, il « faut » passer par telle et telle voie toute tracée. La sexualité ne manque pas à cette règle : nous sommes persuadés de devoir produire un orgasme, et que pour se faire il faut avoir du désir au bon moment, être performant et cependant à l’écoute de l’autre.

 

Ces croyances nous enferment peu à peu dans un fonctionnement qui se sclérose. Nous construisons peu à peu une sorte de cadre dans lequel il est « normal » d’évoluer et dans lequel nous avons tendance à nous crisper encore plus si quelque chose n’est pas conforme à nos plans.

Mais quelle place reste-t-il pour aller avec ce que la mouvance de la vie nous amène ? Quelle réaction avons-nous face à un imprévu qui s’invite dans un engrenage bien huilé? Quelle disponibilité avons-nous pour assouplir nos fonctionnements et aller avec le vent ?

 

Pourquoi apprenons-nous à rester conformes et constants quand la vie est faite de changements et de particularismes individuels ?

 

Et vous, que se passe-t-il en vous quand votre sexualité n’est pas celle que vous rêveriez qu’elle soit ? Une baisse de libido, du mal à communiquer avec votre partenaire, ou des difficultés à lâcher-prise et à avoir du plaisir pendant que vous faites l’amour… ?

 

Voici 3 clefs de base pour ralentir et mieux savourer sa sexualité…

 

  1. Ralentir et revenir aux sens

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Le slow sex est un mouvement prônant la lenteur dans la sexualité. De la même façon que le slow food est un moyen de nourrir son corps de façon respectueuse, le slow sex sera un moyen de retrouver de l’intensité et du plaisir dans des gestes simples. L’objectif n’est pas d’aller lentement pour le plaisir de s’économiser, mais bien de renouer avec l’ensemble des informations que nous transmettent nos sens.

Quand un bébé arrive sur Terre, et qu’on lui propose un massage, on s’aperçoit qu’il est très vite saturé par la foule d’informations qu’il reçoit quand on le masse. Au bout d’un court moment (10-15minutes) il a besoin qu’on lui laisse le temps d’assimiler ce qu’il découvre. En vieillissant, nous perdons parfois complètement la fraîcheur de cette intensité et il nous en faut toujours plus pour avoir du plaisir ou pour ressentir du désir.

 

Pour revenir à de la simplicité, la première clef consiste à se raccrocher à quelque chose de très concret et facile d’accès : les 5 sens.

Quand on s’entraîne simplement à écouter ce qui se joue au niveau de nos sens, et qu’on développe peu à peu ces capacités, le potentiel se déploie et amène beaucoup de profondeur et de subtilité en quelques gestes simples. (Pour aller plus loin sur ce thème des 5 sens, voir cet article)

 

  1. Respirer

207220245_137f148bc0_qQuand tout s’emballe, que l’on s’embarque dans des difficultés à communiquer, ou que rien ne va plus, nous avons la fâcheuse tendance naturelle à nous mettre en apnée.

Or la respiration est LA clef autour de laquelle tous les maîtres et les grandes traditions spirituelles construisent leurs approches.

Porter une délicate attention à l’air qui rentre et qui sort au niveau de ses narines, en observant simplement les pensées qui se présentent et en revenant toujours à ressentir ce qui se passe au niveau des narines : voilà comment respirer en conscience.

Cette approche est remarquable car elle permet d’instaurer une paix intérieure de façon quasi instantanée.

 

  1. Trouver de la souplesse

16995277029_896c2ddee2_qSe fixer un objectif et tout mettre en œuvre pour y parvenir est une mécanique qui peut permettre de se dépasser. En revanche la limite de ce système est qu’il pousse à aller chercher le résultat coûte que coûte, même si cela passe «  en force ».

Se poser un cap pour définir où l’on souhaite arriver, et rester ouvert à la façon dont cela se fera est une approche qui incite à avoir confiance que la vie amènera ce qu’il faut sur la route pour y arriver. La souplesse est un atout qui se développera alors pour permettre de voir les problèmes ou les difficultés comme des cailloux sur lesquels on peut rebondir pour traverser la rivière.

Comment envisager sa sexualité selon ce prisme ? Et si le seul souhait des partenaires consistait à partager un moment d’intimité à 2, sans autre intention que de connecter leurs corps et leurs cœurs ? Qu’est ce que cela apporterait que la pénétration ne soit même pas nécessaire ? Ou que le cap soit simplement de rester dans la pénétration sans aller vers l’excitation (voir article) ?

Quelle est la première image qui vous vient quand je vous évoque la souplesse ? Pourriez-vous la visualiser maintenant et ressentir ce que cela fait dans votre corps ?

Pour moi si je pense à la souplesse je ressens comme une onde qui part de mon bas ventre et remonte jusque vers ma poitrine. Dans les moments où je sens que je me fige sur des croyances ou des idées toutes faites, cette image de la vague est très précieuse pour me permettre d’aller vers plus de flexibilité et de souplesse. Pour m’aider à y avoir recours, je pourrais m’aider en affichant l’image de cette vague dans ma maison, ou encore sur le fond d’écran de mon ordinateur.

 

 

Ralentir, respirer, rester souple, 3 clefs pleines de simplicité qui ont besoin d’être entraînées et pratiquées dans le quotidien pour mieux savourer sa sexualité et sentir combien cela peut impacter le plaisir.

 

 

« Tout ce qui doit durer est lent à croître »

Louis de Bonald

 

 

Cet article a été écrit sur l’invitation du blog C’éclair et dans le cadre du festival « A la croisée des Blogs » Edition n°82 – Juillet 2015 – Ralentir pour réussir. On doit ce festival au site developpementpersonnel.org qui regroupe des blogueurs et blogueuses francophones.

Lâcher prise pour mieux faire l’amour en 3 étapes

L’importance de lâcher le mental pour savourer l’instant présent et pouvoir ainsi explorer pleinement les sensations du corps dans la sexualité est souvent évoquée sur ce blog. La sexualité étant bien souvent un univers dans lequel les difficultés et les blocages sont présents, il me semble judicieux d’aborder le thème du lâcher prise dans un contexte plus vaste. Comme si pratiquer le lâcher-prise dans le quotidien était un moyen de le rendre ensuite plus facile et naturel dans la sexualité.

Les scientifiques s’accordent à dire que le lâcher-prise n’est pas quelque chose de très naturel pour nous autres humains. Notre néocortex est programmé pour penser « à haut débit » nous amenant ainsi un nombre incalculable de pensées et d’idées chaque minute. Si nous vivons cela sans en être conscient, autrement dit si nous le subissons, nous pouvons nous sentir très fatigué et las de ce dialogue interne permanent qui finit par dominer notre vie. Nous n’agissons alors plus parce que nous avons un feeling ou une sensation d’attraction pour quelque chose, mais parce que nous réfléchissons et pensons que c’est ce qu’il y a de mieux à faire.

Penser et réfléchir sont des ressources précieuses, elles nous permettent d’évaluer, de comparer, de raisonner, de comprendre et aussi de créer. Mais elles peuvent aussi devenir toxiques si elles deviennent incontrôlées, envahissant tous les espaces de notre vie au point parfois de nous empêcher de dormir ou de ne plus avoir envie de faire l’amour.

 

L’idéal serait d’atteindre le stade où le mental est un conseiller que l’on peut consulter à volonté, et où nous pouvons laisser toute sa place à notre intuition et à notre sagesse intérieure pour la prise de décision. Autrement dit un état où l’on peut faire la part des choses entre ce que nous dit notre cœur et ce que nous dicte notre mental.

C’est un véritable entraînement qui pourra permettre de mettre en place cette mécanique et de rompre avec un fonctionnement qui est bien souvent ancré en nous depuis l’enfance.

 

Voici donc les 3 étapes que je vous propose pour « pratiquer » votre lâcher-prise :

 

1ère étape : rester ancré

A l’image de l’arbre dont les racines bien plantées en terre le fournissent en énergie, l’homme a besoin d’ancrage pour pouvoir s’épanouir. Souvent les personnes qui travaillent la terre ou qui sont en contact avec les animaux n’ont pas de problème pour rester à l’écoute de leurs ressentis et faire la part des choses entre ce qu’ils sentent et ce qu’ils pensent. Ils suivent leur instinct et voilà tout.

Etre en contact avec la nature est le meilleur moyen de trouver l’authenticité, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de soi.

 

Pratique : Si possible les pieds nus et si possible dans l’herbe ou sur la terre, restez debout 3 minutes sans bouger en ne pensant qu’au contact de vos pieds par terre. Comme s’il n’y avait plus que ça qui comptait et que vous essayiez de sentir ce qu’il se passe sur chaque millimètre de votre plante de pied.

 

2ème étape : rester émerveillé

Lâcher prise

 

La capacité à s’émerveiller des petits riens de la vie nous rappelle quel trésor nous avons à disposition à chaque instant. N’est ce pas magique d’observer la complexité du corps humain ? N’est ce pas simplement beau une fleur qui s’ouvre et un papillon qui parade ?

 

Pratique : pendant 3 minutes, observez et ressentez quelque chose avec émerveillement. Il peut s’agir de quelque chose que vous regarder, mais aussi que vous touchez, que vous respirez, que vous goûtez ou que vous écoutez. Laissez-vous complètement transporter par l’expérience.

 

3ème étape : rester connecté

Quand le quotidien nous happe, que peu à peu l’enchaînement des tâches perd de sa saveur et que la morosité gagne du terrain, c’est que l’on a perdu la connexion à soi-même. Se faire passer en premier est certes égoïste et cependant vital. Qui pourrez-vous aider si vous n’avez plus rien à donner ?

Rester relié à soi-même c’est s’accorder des espace-temps qui nous sont dédiés, en conscience. Il peut s’agir de s’offrir un massage ou de partir en weekend, mais aussi simplement de savourer pleinement un moment d’émerveillement en se rappelant que c’est un temps qui nous est consacré exclusivement (même si les enfants crient à côté, même si le patron s’impatiente, etc).

Et là quelques minutes suffisent pour déguster une fraise avec délectation, ou pour allumer une bougie et honorer le temps que l’on s’accorde, ou pour rire à gorge déployée devant une scène de film que l’on adore, ou pour admirer une œuvre d’art, ou, ou, ou…

Et maintenant, qu’en serait-il si avant de faire l’amour vous traversiez ces 3 étapes en couple ? Par exemple…

Rester ancré : Face à face, les yeux fermés, vous ressentez vos pieds et seulement vos pieds

Rester émerveillé : vous ouvrez les yeux et vous vous admirez l’un l’autre, comme si c’était la première fois que vous vous voyez. Admirez chaque parcelle de peau, chaque partie du corps. Accueillez ce regard sans jugement de l’autre, qui s’émerveille tout simplement.

Rester connecté : L’homme s’allonge, la femme trouve sa place allongée sur lui, sans pénétration. Le couple reste ainsi sans bouger, sans parler, simplement ensemble et uni, chacun cherche la plus grande décontraction possible.

 

 

Une des choses les plus importantes qui soient est l’art de vivre.

Y a-t-il une façon de vivre notre vie quotidienne qui soit entièrement différente de celle que nous vivons habituellement et que nous connaissons tous ?
Y a-t-il une façon de vivre sans aucune contrainte, sans aucun conflit, sans la discipline du conformisme ? Comment vais-je le découvrir ? Je ne pourrai le découvrir que si mon esprit tout entier voit exactement ce qui se passe à l’instant présent. En d’autres termes, je ne peux découvrir ce que signifie vivre sans conflit que si je peux observer ce qui se passe en ce moment. Cette observation n’a rien d’intellectuel ou d’émotionnel c’est une perception aigüe, claire et exacte dans laquelle il n’y a pas de dualité. Il n’y a que le réel et rien d’autre.

Question : Qu’entendez-vous par dualité dans ce cas ?

Krishnamurti : Je veux dire qu’il n’y a ni opposition ni contradiction dans ce qui est entrain de se passer. La dualité n’apparaît que lorsque qu’il y a fuite devant ce qui est. Cette fuite suscite l’opposé et alors surgit le conflit. Seul le réel existe, et rien d’autre.

Krishnamurti, Lettre aux écoles N° 23 – Le Courrier du Livre – 1989

 

 

Cet article a été écrit sur l’invitation du blog Speedevelopment dans le cadre du Festival de la Croisée des Blogs – mai 2015. C’est la 80ème édition de ce festival qui existe depuis octobre 2008 et que l’on doit au site developpementpersonnel.org qui regroupe des blogueurs et blogueuses francophones.

Libre dans sa sexualité : 3 clés pour en faire une réalité

La culpabilité et la honte sont deux émotions fréquemment ressenties dans le cadre de la sexualité. Honte de son corps, honte de parler de sexe, honte de se masturber, honte d’éprouver du désir en dehors d’une relation conventionnelle homme-femme… toutes ces hontes sont souterraines, souvent vécues dans l’ombre, derrière un pseudo sur un forum, ou tout juste partagées du bout des lèvres avec le partenaire ou les ami(e)s intimes.

 

Comment vivre pleinement libre et serein dans sa sexualité ? Comment intégrer que la sexualité est naturelle? Voici 3 clés pour aller vers plus de liberté.

 

  • S’habituer à parler de ce que l’on ressent pendant l’acte sexuel

Nous avons souvent tendance à penser que certaines choses ne peuvent pas être dites car elles risquent de froisser ou d’être gênantes pour l’autre… en réalité nous aimons savoir où l’autre en est lors d’un rapport sexuel. Nous préférons souvent que l’autre soit vraiment présent plutôt que perdu dans ses pensées et agissant en mode « pilote automatique », il est donc préférable pour cela que chacun soit à l’écoute de ses propres besoins et soit capable d’en faire part à l’autre. Se parler ce n’est pas seulement se dire « j’aime ça », c’est aussi donner des détails « quand tu me touches ici ça me donne une sensation de chaleur dans le ventre ». Ce n’est pas rassurer l’autre pour lui montrer que tout va bien et qu’il est performant, c’est surtout partager ce qui se joue pour nous à ce moment-là. Oser dire « quand on est dans cette position, je ne ressens rien », c’est aussi permettre au partenaire de s’ajuster, et au couple d’évoluer dans sa sexualité.

 

  • S’habituer à laisser son corps au naturel

NuAu naturel cela signifie nu, sans artifice ni maquillage, simplement. S’habituer à voir et à regarder son corps tel qu’il est et non tel que nous l’imaginons ou tel que nous le rêvons est un moyen de renouer avec soi.

Prendre le temps de caresser ce corps des pieds à la tête pour en sentir les contours, pour se remercier d’être dans la vie, c’est commencer à s’apprendre et à s’accueillir tel que nous sommes.

Laisser de côté les attentes que nous avons envers notre propre corps, ressentir de la compassion et de l’amour pour lui, c’est aussi ouvrir son cœur à cette image de nous-même. C’est aussi un moyen tout doux d’apprendre à vivre naturellement et en fusion avec lui, que ce soit au quotidien comme dans la sexualité.

 

  • S’habituer à parler de sexualité pour faire tomber les barrières

La question de savoir si l’on est « normal » lorsqu’on vit une situation moins agréable ou inhabituelle de sa vie sexuelle revient fréquemment. Oser ouvrir la discussion et échanger sur le sujet qui nous interroge permet souvent de faire tomber les barrières qui nous isolent. Cela permet aussi bien souvent de s’apercevoir que c’est une situation classique, que d’autres sont passés par là et ont trouvé des solutions, et que les partages d’expériences bénéficient à tous. Parler de sexualité peut sembler très difficile au début, mais en se forçant les premières fois, et parce que ce sujet nous passionne tous, les langues se délient vite et le sujet devient bientôt une thématique naturelle.

 

« Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. »

Périclès

 

Et vous, comment faites-vous pour vous sentir libre dans votre sexualité?

 

3 étapes pour lâcher-prise grâce à nos sens

On entend régulièrement que pour ressentir du plaisir ou atteindre l’orgasme, il faut lâcher-prise, se laisser aller, se détendre complètement et se sentir en confiance… Oui mais, comment ?! Suffit-il de se dire « maintenant je vais me détendre » pour se détendre ? Malheureusement non, à moins d’être entraîné ! Comme beaucoup de nos compétences, celle-ci devra être travaillée et entretenue pour devenir efficiente.

C’est donc un tour de piste d’entraînement que je vous propose ici 😉

 

A l’opposé du lâcher-prise se trouve le contrôle et la retenue qui sont régis par notre mental. Nous avons la chance d’avoir un gros cerveau, incroyable machinerie tellement complexe que nous ne connaissons encore qu’une infime partie de son fonctionnement. Malheureusement cet intellect développé nous dessert lorsque nous sommes confrontés à des situations où nous avons besoin en très grande partie de notre intuition et de nos ressentis, dont la sexualité fait partie.

Quand nous sommes occupés à penser à la journée qui vient de passer, aux soucis ou à ce que notre partenaire ne fait pas comme il faut… et bien nous ne savourons plus ce qui se passe réellement et nous sommes dans le contrôle.

Si malgré cela et contre vents et marées vous faites l’amour ou vous avez un rendez-vous pour faire l’amour avec votre partenaire (voir article « comment faire l’amour même si la libido est en sommeil »), il est important de trouver une parade pour éviter que vos pensées ne vous bloquent dans un espace-temps qui n’est pas celui dans lequel vous faites l’amour maintenant.

 

Pour cela, la première étape est qu’il faut prendre conscience de nos comportements … et ça n’est pas toujours facile. Nous avons parfois des années d’habitudes à composer avec cette donnée. Bien souvent ce sont des pensées qui nous traversent l’esprit qui nous emmènent ailleurs, jusqu’à ce que quelque chose dans l’acte sexuel nous ramène à ce qui se passe au présent. En résumé c’est un peu comme d’être absent de son corps pendant un instant… Souvent nous l’identifions au moment où nous sortons de notre « rêverie ». Je vous invite donc à observer cela et à essayer « d’attraper » un de ces moments-là, à en devenir conscient.

 

Pause - Crédit photo Martin Kenny
Pause – Crédit photo Martin Kenny

Après avoir observé cette situation « sur le vif », la deuxième étape consiste à partager ce ressenti avec votre partenaire et à lui demander une courte pause (dire simplement par exemple « je n’y suis plus, j’ai besoin d’une minute »), le temps de revenir à vous. Ceci sera certainement plutôt facile à introduire si vous êtes déjà dans une démarche de communication et de respect avec votre partenaire. Pour quelques astuces à ce sujet, voir l’article « Renforcer la complicité dans sa sexualité ».

Sans forcément interrompre l’acte, il peut simplement s’agir d’arrêter de bouger, de rester unis en silence.

On pourrait se dire, « oui mais si je fais ça je vais lui couper son plaisir ! ». Mais posez-vous la question : que ressentiriez-vous si vous aviez la sensation que votre partenaire n’était pas présent à ce qu’il fait pendant que vous faites l’amour ? Que penseriez-vous si vous réalisiez qu’il n’était pas pleinement avec vous au moment où vous êtes précisément le/la plus vulnérable ? Ne serait-ce pas une sensation de solitude, de manque de respect, voir d’humiliation ? Ne pensez-vous pas que votre partenaire préfère faire une courte pause pour repartir vraiment avec vous, plutôt que de continuer avec la sensation d’être seul(e) ?

 

3è étape lors de cette courte pause, se recentrer et revenir au moment présent : fermez les yeux et concentrez-vous sur ce que vous ressentez, à savoir ce qui se joue au niveau d’un ou de plusieurs de vos 5 sens à cet instant précis. Il s’agit vraiment ici d’accueillir ce qui est là sans jugement, sans interprétation, sans chercher à ce que ce soit différent. Simplement, ce qui est là tout de suite maintenant.

Les sens à favoriser sont le toucher, l’ouïe et l’odorat. (Il me semble que le goût est moins significatif dans ce contexte mais il pourra probablement parler à certains. La vue quant à elle nous amène une telle quantité d’informations en permanence qu’elle a vite tendance à nous faire remonter dans le mental.)

Cette approche a le mérite d’être très efficace, très rapidement. Habituellement elle permet de revenir à l’instant présent en quelques secondes quand on en prend l’habitude.

 

Une fois que vous avez réussi à revenir au centre de vous mêmes, ré-ouvrez doucement les yeux et faites un petit signe à votre partenaire pour l’informer de votre « retour ». Peut-être un regard, peut-être un mot, un léger hochement de tête… quelque chose de simple et de léger, pour que la rencontre puisse se poursuivre tout naturellement.

 

Douceur - Crédit photo Rachel
Douceur – Crédit photo Rachel

 

Dans cet entraînement vers plus de lâcher-prise, je vous propose d’expérimenter ces différentes étapes avec beaucoup de compassion envers vous-mêmes. Si vous vous auto-jugez ou si vous culpabilisez du fait d’avoir beaucoup de pensées qui vous parasitent,

  • vous ne faites finalement qu’alimenter votre mental qui se fera un plaisir de nourrir les pensées encore et encore,
  • vous vous faites mal alors même que vous êtes en train d’apprendre à vous faire du bien, ça s’appelle être paradoxal(e) 😉

 

Mon conseil est donc le suivant : restez simple et naturel(le) au travers de cette découverte, soyez doux envers vous-mêmes et c’est comme ça que vous apprendrez peu à peu à lâcher-prise et à canaliser facilement vos pensées.

 

“Lâcher prise ne signifie pas ne plus jamais se soucier de personne. C’est réaliser plutôt que la seule personne sur laquelle vous avez vraiment contrôle, n’est autre que vous.”

Deborah Reber

 

La sexualité est aussi Charlie

Les évènements survenus à la rédaction de Charlie Hebdo ne sont pas sans conséquence et font réagir le Monde entier. Au-delà de la révolte et de ce poids dans ma poitrine, c’est aussi pour moi l’occasion d’identifier combien je compte sur ma liberté d’expression et sur celle de la société dans laquelle j’évolue. Sans elle, pas de critique, pas de remise en question, pas de réflexion ni de débat. Pas de prise de position ni de libre arbitre. Cette valeur que je savais acquise devient plus que jamais une denrée rare, que je veux apprécier à sa juste mesure comme un cadeau infiniment précieux. Cette valeur devient même une revendication, comme si écrire devenait aussi une façon de montrer aux ignorants que chacun a la liberté inscrite dans ses cellules, et que rien sinon la vie elle-même ne peut décider de contrôler cela.

A l’image d’une sexualité où l’on cherche à atteindre quelque chose ou un état particulier, la liberté c’est aussi de dire à son corps : vas-y, profite et remplis toi de tout ce que tu peux attraper. Il n’y a pas de cadre, il n’y a pas de règle, oublie ce que tu sais et ce que tu crois, soit simplement disponible à la vie. Laisse chaque morceau de toi vivre et vibrer pleinement, expérimenter ce qui est là, savourer ce qui est offert. Tu ne sais pas combien de temps cela va durer, ni ce que tu trouveras sur ta route, ni quand cela se reproduira, ni même où cela te mène, mais sache que maintenant, tout est possible. Ouvre toi, lâche toi, délecte toi de ces instants précieux où l’amour est un liant qui te connecte à l’infiniment grand.

Oser offrir la liberté à son corps, c’est comme d’ouvrir les vannes du sentiment de la plénitude et du bonheur. Oser aller pleinement dans ce « Lâche… », c’est s’offrir un espace de répit et un retour à l’essentiel. La frénésie des revendications se tait, l’insolence des frustrations disparaît, la vitesse du quotidien et l’urgence de résultats s’efface

… enfin le silence, la respiration, les sensations… juste un instant la paix à l’intérieur, même si dehors c’est le chaos.

 

Il est plus difficile de bien faire l’amour que de bien faire la guerre.
Citation de Ninon de Lenclos